jeudi 16 août 2018


Irlande, Australie, Etats-Unis, Chili, Grande Bretagne, Belgique, France, la longue liste s’allonge chaque jour et les nombres sidérants d’enfants abusés me laissent abasourdie, en colère, trahie et immensément triste.

Abasourdie devant l’ampleur du carnage.
En colère quand l’ivraie n'est pas séparée du bon grain.
Trahie et il va falloir plus que des excuses et des demandes de pardon. 
La casse est énorme et la réparation sera une opération titanesque si elle est encore possible.
Immensément triste pour mes frères et sœurs qui sont désemparés.

je suis aussi proche de mes amis prêtres et séminaristes qui sont aussi secoués que nous.

Impunité, culte du silence, peur du « qu’en dira-t-on », mélange entre respect et abus de pouvoir, il va falloir que cela cesse très vite. Le pape François semble avoir compris qu’il faut des mesures radicales et rapides comme la démission de l’ensemble des évêques chiliens.


Cela sera-t-il suffisant pour restaurer la confiance perdue ?

lundi 8 janvier 2018

Tout est prêt. Prenons la route.

- « Tout est prêt. Prenons la route.
- Merci Gérard »
Oui, j’ai nommé Gérard le gars qui me guide sur la route via Wase. Il est sympa Gérard, mais impossible de tenir une discussion de plus de deux phrases avec lui, même sur son sujet de prédilection : mes déplacements en voiture.
Il est sympa mais pas très poli car il a une propension agaçante à donner des indications vocales sans tenir compte du fait qu’une conversation est en cours entre passagers du véhicule ce qui m’amène soit à rater la sortie d’autoroute, soit à demander le silence pour saisir son message qu’il ne manque jamais de répéter, interrompant ainsi un débat passionnant comme il y en a souvent dans ma voiture.
Gérard a pris peu à peu sa place dans ma voiture : Il est prioritaire.
Certes, je pourrais éviter de l’activer systématiquement mais il me permet d’éviter plus surement les contraventions dues aux radars de feu et autres pièges.
Alors, je me soumets.
Volontairement.
Mais d’autres personnes m’accompagnent dans mes déplacements lorsque je ne suis pas dans ma voiture
John de la rame de metro « mind the gap »,
Tom du bus « Please move to the back of the bus».
Mais aussi
Jane de la Circle line si enthousiaste qui me répète à chaque station que nous sommes en route « to : Tower Hill ! »
Ou Molly du bus qui m’indique l’arrêt suivant.
Il y a d’ailleurs une étude gender à faire sur le sujet. Pourquoi ce sont des voix féminines qui nous donnent des informations et des voix masculines qui nous donnent des « ordres polis »
Il me semblait que le seul lieu préservé de ces messages vocaux était nos domiciles une fois que l’ascenseur nous ait indiqué : « doors opened »
Mais c’est fini.


Nous sommes allés déjeuner chez des amis, heureux acquéreurs d’une enceinte connectée à commande vocale nommée Alexa.
C’est pratique. 
Il n’est plus nécessaire d’utiliser ses doigts pour commander une pizza, demander une musique, se faire rappeler une tache, remplir la liste des courses.
Grace à Alexa, lecture et écriture ne sont plus utiles pour bon nombre d’actions.
La limite ? Il faut interrompre la conversation en cours pour demander une musique de fond.
« Deux secondes de silence s’il vous plait que je puisse demander une musique de fond.
Alexa,  playlist jazz.
Alexa ?
Alexa,  playlist jazz »
Bref, c’est à mon avis plus rapide de se lever pour le faire soi-même et cela n’impose pas le silence à tout le monde. Mais c’est l’avenir nous dit-on.
Un avenir qui promet d’être drôle si j’en crois l’histoire que l’on m’a raconté :
Un rigolo ayant repéré une Home Google chez son voisin s’amuse tous les soirs à commander l’extinction des lumières en promenant son chien.
Au passage je note qu’Alexa et Google à qui on donne des ordres, ont des voix féminines par défaut. Je note.
Quoiqu’il en soit, à votre avis, combien de temps avant que j’en équipe mon domicile moi aussi parce qu’il ne sera plus possible de commander une pizza autrement ou parce que finalement, je vais y trouver plus d’avantages que de limites ?

Robert, sauvegarde et publie.



Ps : Cela peut aussi réciter le chapelet, lire l’évangile et gérer la liste des trucs à confesser.

Et qui sait demain, donner des points bonus pour activité prière une heure par jour effectuée et enregistrée sur la semaine en prévision de l’absolution après confession sous certificat crypté \°/

Ps2 : Pensez-vous que le fait de donner des noms propres aux voix synthétiques permette de les humaniser parce ce que le langage est le propre de l'homme, zut ?
(Vous avez deux heures).

Ps3: On peut aussi enregistrer une voix sur Wase  et la cela devient beaucoup plus amusant. "Tourne de ton côté, Attachez vos ceintures on décolle, 22 ! "

jeudi 9 février 2017

"Ce ne sont que quelques pâtes"

Pendant la campagne des primaires de la droite et du centre, un candidat s’est déclaré ouvertement chrétien et a inscrit dans son programme les marqueurs à même de séduire la droite conservatrice et chrétienne. 
Cette droite, trop heureuse d’éviter le vote FN (parce qu’à part Marion ce n’est quand même pas très catho le FN) s’est précipitée sur ce candidat "très 1 papa 1 maman les enfants et le château de la Sarthe".
Ce candidat se dit de plus un parangon de vertu, un presque saint version De Gaulle, contrairement à son adversaire catho aussi, mais tendance pécheur repêché.
Plus tard, et désormais candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle, il explique l’œil humide et la main sur le cœur que sa foi doit nous rassurer sur son incapacité à choisir le camp des forts contre les faibles. 
Bref tout est parfait dans le meilleur des mondes de la droite et du centre conservateur et catholique. Et on va voir ce qu’on va voir.

Malheureusement, le chevalier a son blanc manteau crotté par des éclaboussures boueuses. 

Il se dresse alors, droit dans ses bottes, pâle de colère. Il présente ses excuses pour avoir travaillé en famille, tout en réaffirmant la réalité des emplois de ses proches. 
« Ce ne sont que quelques pâtes, Seigneur »   

Puis d’autres boules puantes éclatent et la christianophobie resurgit dans les discussions dans une tentative lamentable de protection de « l’élu ».
Les taches des autres sont mises sous nos nez comme si elles justifiaient ses propres peccadilles dans l’éventail des cinquante nuances de taches.


Pendant ce temps, le chevalier crotté remonte en selle et avance vers la falaise. Les yeux rivés sur le Graal désormais inatteignable, il continue parce qu’il est "l’élu" et que s’il ne l’atteint pas, personne d’autre ne l’aura.

Vous aurez remarqué que je suis en colère. 
Je le suis car en s'identifiant à plusieurs reprises comme catho, il représente dans l'esprit des gens non pas un catholique mais un quasi chef de file des catho de France,
de tous les catholiques français, 
y compris ceux qui n’ont rien demandé.


vendredi 16 décembre 2016

Ils reviendront (Pensées pas drôles )


15 décembre au matin, les premiers convois de civils quittent Alep.
Les bus verts démarrent et s’éloignent lentement d’Alep en direction d’Idlib, une zone contrôlée par les rebelles.
Certes, vu de mon salon, c’est le soulagement qui prévaut. Ces civils ne vont plus être coincés sous les bombes.
Puis d’autres réflexions arrivent.
Ils ont fermé leur porte à clé (pour ceux qui avaient encore une porte) et ont quitté leur maison.
Pourront-ils y revenir un jour ?

La chanson de Fairouz qui a fait vibrer tant de palestiniens exilés me revient en mémoire. 

Puis l’image de la clé.

Celle qui se transmet de génération en génération s’impose aussi.

A nouveau des hommes, des femmes et des enfants  sont contraints à l' évacuation. L'histoire se répète encore et encore.

Ils choisissent l'exil mais ont-ils le choix?
Car soyons en sûr, ils ne voient pas Assad comme un libérateur.

Ces enfants qui partent, emportent la haine dans leurs bagages. 

Cette haine grandira avec eux et ils reviendront un jour chercher vengeance.



La clé que l’on serre dans son poing y imprime sa marque indélébile.





vendredi 18 novembre 2016

Servant(e)

Dans une paroisse très chère à mon cœur, un groupe de « servantes de la liturgie » se met en place...

J’ai l’occasion d’en voir tous les étés dans la paroisse de vacance de mes beaux-parents depuis quelques années.
Elles sont arrivées en même qu’un « camp de Vacances » disparu depuis, dont les prêtres avaient été autorisés à faire des messes en latin, dos au peuple dans la cathédrale. 
Cette année, il n’en restait que deux, avec leurs bandanas blancs et leurs capes blanches.
Il semble qu’il y ait des problèmes de recrutement et dans d’autres paroisses aussi si on en croît cet appel d’une paroisse parisienne.


Il faut dire que l’argumentaire publicitaire est un vrai repoussoir :
 « C’est un vrai "travail" de filles : être attentive aux petits détails, à ce qui rend la liturgie, la prière et la communion des chrétiens plus vraies et plus profondes. Les servantes d’assemblée sont placées au niveau des premiers rangs et interviennent pour différentes tâches qui facilitent le "travail" des servants d’autel, aident les gens à mieux prier ou à se déplacer plus facilement » 
Copié collé à partir du site d’une paroisse que je ne nomme pas par pure charité chrétienne

Depuis quelques années un sexisme inapproprié en Eglise reprend du poil de la bête.
On commence par des réflexions  aux filles servantes d’autel de la part de diacres, d’autres servants d’autel, pour bien leur faire comprendre qu’elles n’ont rien à faire là, même si le curé les trouve à leur place.  Le service de l’autel est une affaire d’hommes.
Puis une fois entériné dans les faits, une fois les servantes d’autel disparues du paysage, on propose aux éventuelles nouvelles postulantes un truc trop bien : Tan daaan … Servante de salle ! Génial !!!
Et il y même la panoplie de Servante qui va avec !  Parce l’aube (symbole du baptisé) c’est réservé aux mecs et que toi ma fille c’est mieux que tu te couvres les épaules et peut être les cheveux non ?
Au passage je fais remarquer que leurs « services » sont effectués sans problème dans les autres paroisses par des laïcs sans cape et sans bandana, mâles et femelles.
Je ne peux résister au plaisir de citer aussi Sr Céline, vierge consacrée responsable des servantes d’assemblée sur deux paroisses : « On peut dire que les filles sont l’image de l’Église, épouse du Christ, et les garçons celle du Christ serviteur, tête du corps de l’Église. »
Trop bien ! Un papa, une maman et les cochons seront bien gardés.  On croit rêver.
Alors pour justifier le truc, on cite Benoit XVI (On cite toujours Benoit ou Jean Paul quand ça arrange et comme ça arrange)
Benoit donc qui s’adressait en 2006 aux servants d’autel (et pas aux servantes hein
On oublie pourtant son discours plus récent en 2010 dans lequel il s’adresse aux servants et aux servantes d'autel (AAaargh)
Oui je sais, ça ne fait pas parti du magistère mais la servante non plus.

Dans une paroisse très chère à mon cœur, un groupe de « servantes de la liturgie » se met en place...
Je pense qu’à Noël cette année, j’irai ailleurs.

Je ne veux pas que ma fille, ancienne servante de cet autel voit ça et claque la porte. 

mercredi 16 novembre 2016

Egalité? Et puis quoi encore !

Quelqu’un disait du christianisme que c’était une secte juive qui avait réussi. 
Je ne suis pas une spécialiste de l’histoire des religions mais il faut bien reconnaître que la conversion de Constantin a grandement favorisé la croissance de l’église.
Il est en effet plus aisé et stratégique de rallier le Christ lorsqu’il est soutenu par l’empereur Constantin que lorsqu’il est mis en croix par le représentant de l’empereur Tibère.
Cette « réussite » a fait de ma religion une source et une caution du pouvoir étatique dans bien des pays.
Bien sûr il y a eu des François d’Assise, des Luther, des abbés Pierre, des hommes et des femmes qui ont vécus leur foi en résistant à la tentation du pouvoir et des ors. Bien sûr ils sont donnés en exemple dans nos églises mais il faut bien reconnaitre que la chrétienté s’est répandu avec le pouvoir en Europe et ailleurs, réglant les rapports sociaux, la vie familiale et même individuelle par la morale.

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Par conséquent, le modèle de l’homme bien dans la conception européenne aux racines judéo-chrétiennes est celui qui répond à l’application (au moins en façade) d’un certain nombre de normes. Il est marié, blanc, avec des enfants, droit dans ses normes, fidèle aux messes et aux quêtes. Il est charitable avec ceux qui sont dans le besoin (mais n’en pense pas moins). Il s’apitoie sur ceux qui sont hors norme (parce qu’il sait en son for intérieur qu’il est exemplaire, un modèle à suivre).  
Si cet homme bien est en voie de disparition, il en reste quelques spécimens mais surtout des scories normatives.
En effet, à l’heure actuelle, la morale chrétienne relève de l’histoire, de la culture. La société s’organise différemment en s’appuyant sur des principes qui pour certains n’auraient pas déplus au Christ (L’égalité de tous y compris les minorités par exemple) mais qui ont le don d’hérisser le poil de notre homme modèle.
Cette égalité est le problème majeur de l’homme en société. Intuitivement on sent bien que tous les hommes sont égaux mais dans les faits, nous recherchons tous à être « plus » que les autres.
L’égalité nous fait peur parce qu’inconsciemment ou pas, nous voulons avoir des pauvres, des marginaux, des arabes qui nous permettre de nous sentir mieux qu’eux.
Si les minorités la ramènent et demandent l’égalité, c’est insupportable parce que non seulement ils ont alors les mêmes droits que nous mais ils nous font tomber de notre piédestal reléguant aux oubliettes notre rôle de modèle exemplaire.
Si les habitants des pays plus pauvres ne se contentent pas de nos miettes charitables distillées en local et viennent s’installer dans nos rues pour prendre leur part du gâteau, C’est insupportable. Il ne manquerait plus qu’ils deviennent diplômés… comme nous !
Alors, la réaction est violente, on s’arque boute, on vote Trump, Brexit ou Le Pen.
C’est ce qui est à l’œuvre en ce moment dans nos sociétés.

Vous me direz mais pourquoi lier le christianisme avec cette réaction? Je ne lie pas le christianisme mais ses dérivés et dérives: Un modèle d’homme fantasmé qui est bien loin de celui qui devrait nous guider : Le Christ.

jeudi 17 décembre 2015

L’acceptabilité sociale ou jusqu’où peut-on pousser trop loin le bouchon ?


L’AFP ce matin a proposé un article repris parplusieurs journaux à propos de la SNCF qui expérimente des nouvelles technologies pour détecter les comportements ou les bagages suspects et d’un projet de loi « sécurité dans les transports »qui  permettrait aux agents de sécurité de la SNCF et de la RATP de procéder à des palpations de sécurité ou de fouiller des bagages avec l'accord des passagers.
"On teste pour savoir si ça n'identifie que les gens qui ont une intention négative, un agresseur, ou un +tripoteur+, mais aussi l'acceptabilité sociale", pour voir si les voyageurs sont prêts à accepter de telles technologies, une fois l'état d'urgence levé.

L’acceptabilité sociale, le mot est dit.

Il faut savoir que ce concept est né au sujet de projets ayant un impact environnemental. Les entreprises cherchant à mesurer le risque d’un rejet par la population d’un projet (extraction de gaz de schiste, mine d’or etc.) ont développé un kit du « comment faire pour que la population accepte un projet ».  Lire à ce sujet : L'acceptabilité sociale, ou l'art de se faire avoir?  


Cette acceptabilité sociale arrive donc chez nous en même temps que la question de la fin de l’état d’urgence. Au risque de caricaturer la question qui se pose est : Jusqu’où peut-on pousser trop loin le bouchon sur les libertés sans avoir à gérer une contestation nuisible au projet de bouchon ?
Peut-on donc vérifier la température corporelle des gens et le volume sonore de leur discussions dans les gares ou les trains si on arrive à faire la différence entre une poussée de chaleur due à la préparation d’un mauvais coup et celle due à l’arrivée de la ménopause ?
La question n’est pas a-t-on le droit de le faire mais comment le faire de façon efficace et sans être enquiquiné par les citoyens empêcheurs de fliquer en rond.
Le glissement est déjà fait.
Quelles informations doivent permettre cette acceptation ? 
Facile ! LES ATTENTATS !!! et la caution servile de SOS racisme érigé en grand défenseur des droits puisque le  défenseur des droits en titre fait part de ses sérieuses réserves.

Mais laissons là la SNCF et regardons maintenant le sujet « état d’urgence ».
Voté pour trois mois à la quasi- unanimité des députés (6 contre) suite au choc des attentats, il doit donc logiquement cesser le 26 février 2016.  Mais, en tirant un peu plus sur la corde « peur des attentats », on pourra peut-être en prolonger les effets pendant 6 mois  et tant qu’on y est, constitutionaliser le bouchon.
Plus de trois cent personnes assignées à résidence pour trois mois, le seront pour 6 mois de plus.
Et après ? On en fait quoi ?
La radicalisation est selon Wikipedia : Un ensemble de gestes qualifiés d'« extrêmes » ou qui découlent d'une interprétation plus littérale des principes d'un système, qu'il soit politique, religieux ou économique. Selon The International Centre For The Study Of Radicalisation And Political Violence (ICSR), la radicalisation mène à « différents types d'activisme extrême, incluant le terrorisme.
J’aimerai bien avoir une définition claire et precise du mot « radicalisé » dans le cadre de ce projet de centres de rétention et avoir des précisions sur la durée de ces retentions, sur le programme des activités dans ces centres, avant que le gouvernement nous embarque dans un projet de Guantamo à la française.


Une bonne acceptabilité sociale est sans doute possible sur ces projets  mais j’espère que nous serons quand même nombreux à exprimer notre désaccord.