mercredi 16 novembre 2016

Egalité? Et puis quoi encore !

Quelqu’un disait du christianisme que c’était une secte juive qui avait réussi. 
Je ne suis pas une spécialiste de l’histoire des religions mais il faut bien reconnaître que la conversion de Constantin a grandement favorisé la croissance de l’église.
Il est en effet plus aisé et stratégique de rallier le Christ lorsqu’il est soutenu par l’empereur Constantin que lorsqu’il est mis en croix par le représentant de l’empereur Tibère.
Cette « réussite » a fait de ma religion une source et une caution du pouvoir étatique dans bien des pays.
Bien sûr il y a eu des François d’Assise, des Luther, des abbés Pierre, des hommes et des femmes qui ont vécus leur foi en résistant à la tentation du pouvoir et des ors. Bien sûr ils sont donnés en exemple dans nos églises mais il faut bien reconnaitre que la chrétienté s’est répandu avec le pouvoir en Europe et ailleurs, réglant les rapports sociaux, la vie familiale et même individuelle par la morale.

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Par conséquent, le modèle de l’homme bien dans la conception européenne aux racines judéo-chrétiennes est celui qui répond à l’application (au moins en façade) d’un certain nombre de normes. Il est marié, blanc, avec des enfants, droit dans ses normes, fidèle aux messes et aux quêtes. Il est charitable avec ceux qui sont dans le besoin (mais n’en pense pas moins). Il s’apitoie sur ceux qui sont hors norme (parce qu’il sait en son for intérieur qu’il est exemplaire, un modèle à suivre).  
Si cet homme bien est en voie de disparition, il en reste quelques spécimens mais surtout des scories normatives.
En effet, à l’heure actuelle, la morale chrétienne relève de l’histoire, de la culture. La société s’organise différemment en s’appuyant sur des principes qui pour certains n’auraient pas déplus au Christ (L’égalité de tous y compris les minorités par exemple) mais qui ont le don d’hérisser le poil de notre homme modèle.
Cette égalité est le problème majeur de l’homme en société. Intuitivement on sent bien que tous les hommes sont égaux mais dans les faits, nous recherchons tous à être « plus » que les autres.
L’égalité nous fait peur parce qu’inconsciemment ou pas, nous voulons avoir des pauvres, des marginaux, des arabes qui nous permettre de nous sentir mieux qu’eux.
Si les minorités la ramènent et demandent l’égalité, c’est insupportable parce que non seulement ils ont alors les mêmes droits que nous mais ils nous font tomber de notre piédestal reléguant aux oubliettes notre rôle de modèle exemplaire.
Si les habitants des pays plus pauvres ne se contentent pas de nos miettes charitables distillées en local et viennent s’installer dans nos rues pour prendre leur part du gâteau, C’est insupportable. Il ne manquerait plus qu’ils deviennent diplômés… comme nous !
Alors, la réaction est violente, on s’arque boute, on vote Trump, Brexit ou Le Pen.
C’est ce qui est à l’œuvre en ce moment dans nos sociétés.

Vous me direz mais pourquoi lier le christianisme avec cette réaction? Je ne lie pas le christianisme mais ses dérivés et dérives: Un modèle d’homme fantasmé qui est bien loin de celui qui devrait nous guider : Le Christ.

3 commentaires:

  1. Je suis pas sûre. Tu décris le bourgeois, pas le chrétien. Il y a des bourgeois athées. Ils sont comme ça aussi. Moi je vois des tas de chrétiens qui donnent de leur temps dans St Vincent de Paul, au secours Catho, en coopération, dans les maraudes, dans des communautés. Et non, ils n'ont aucune peur de l'étranger, aucun besoin des arabes pour se sentir supérieurs, ils sont chez eux dans les camps roms, dans les rues des prostituées, dans les hôpitaux psy, dans les studios dégueulasses de certains mendiants de portes d'églises, chacun selon sa sensibilité. D'autres invitent plutôt un voisin âgé. C'est un terrible cliché de voir les chrétiens comme ça. Si je compte à la messe où je vais, je n'en trouve pas 5%. Et encore, c'est des familles riches indifférentes aux pauvres, mais qui s'ouvrent à la vie pour accueillir 5-6 enfants et s'en occuper correctement, en faisant souvent des sacrifices invisibles (travail de la mère, voiture classe, vacances, tranquillité...)
    Non, vraiment, c'est pas les cathos, qui sont les plus indifférents, c'est plutôt ces couples qui ne veulent qu'un enfant, ou deux maxi, et surtout pas trop tôt, de peur de rater une sortie, quitte à en faire un gosse de vieux triste et gâté...
    Eux, je suis certaine, je les ai jamais vus au secours catholique. Ils se moquent des gens qui y vont. Eux, leurs loisirs, c'est la course à pied et la zumba, dont ils me rabattent les oreilles au boulot, parce que leur but dans la vie, c'est de paraître encore jeunes, minces, dynamiques qu'ils disent. Non, vraiment, l'indifférence, c'est pas mon expérience des chrétiens... L'indifférence à mon égard de la part des bourgeois, ça oui, et combien. Mais c'est pas propre aux chrétiens, c'est propre aux riches.

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  2. Je ne décris pas les cathos en fait :)

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