jeudi 19 novembre 2015

Les méchants c’est pas très gentil


Mais qui sont  ces méchants ?

Ceux qui tuent des passants, à Paris, Beyrouth, Bagdad, au Nigeria et dans tant d’autres lieux qui sont dans la quasi-totalité des cas hors d'Europe.

Mais pourquoi sont méchants ?
Parce qu’ils veulent reprendre le pouvoir en Irak mais comme ils n’y arrivent pas légalement, ils pillent une banque, volent des armes et  tentent le coup.
Alors, ils tentent de recruter et faute de ralliement massif, ils payent l’allégeance en espèces sonnantes.
Alors, ils tentent de nous faire croire et peut être de se convaincre que la religion est leur motivation.
Alors ils font le tri dans les textes de l’Islam pour se justifier.
Alors, ils s’attaquent à plus minoritaires qu’eux pour marquer les esprits sans prendre de risque (Yezidis, Chrétiens)
Alors, ils profitent de la désorganisation du pays voisin en pleine guerre civile pour étendre leur pouvoir et là, leurs chevilles enflent ; Ils vont conquérir le monde pensent-ils.
Alors ils ratissent large (voyous, faibles d’esprit, aventuriers du bac à sable, d’autres mouvements ailleurs qui partagent en local ce désir de pouvoir)
Alors, ils renvoient en Europe quelques lobotomisés qui glissent leur colère et leur mal être personnels dans la boite à penser simple qu’ils leur ont préparé.
Alors ils jubilent quand une poignée de voyous recyclés et quelques nanas qui n’ont pas compris qu’il y a d’autres façons de se faire sauter s‘attaquent à des gens aussi désarmés  que leurs frères et sœurs de Beyrouth, de Badgad ou du Nigeria.

Alors ?

Alors il faut raison garder et, s’il faut faire en sorte de limiter la casse, le risque zéro n’existe pas plus ici qu’ailleurs. Nous aurons beau multiplier les lois, les contrôles synonymes pour nous de moins de liberté, il y aura toujours des espaces dans lesquels ils se glisseront.

Alors il faut prendre du recul et ne pas s’enfermer dans sa propre prison mentale peuplée de peurs et de raccourcis simples.

Alors, il faut éviter de suivre en boucle les commentaires d’experts autoproclamés, de politiciens en campagne dont les réseaux algorithmés et les chaines d’infos en continu nous submergent.

Alors, il faut vivre le plus normalement possible.

Alors il faut  sourire dans la rue aux gens que l’on croise.

Alors il faut ne pas devenir méchant à notre tour.


Parce c’est pas très gentil les méchants,
Parce qu’il y en a peu mais qu’ils sont déjà trop nombreux.


Parce qu’à la fin, ils perdent.

vendredi 13 novembre 2015

De quel droit me direz vous.

Trois minuscules années au Liban. Trois années de joies, de larmes et de « joie quand même » me donnent elles le droit de parler ?
J’ai connu en direct la solidarité lors des attentats de 2005, celle de 2012 depuis mon canapé et à nouveau  l’absurde frappe.

Certes l’alliance active du hezbollah avec  le camp El Assad dans la guerre syrienne explique cette nouvelle tragédie mais des innocents sont morts une fois de plus.
De quel droit le hezb s’est-il permit d’intervenir en Syrie au risque d’amener le chaos au Liban ?
De quel droit le Liban doit être une fois de plus le refuge de tant de déshérités  (Palestiniens puis syriens et les irakiens) au risque de devenir un pays majoritairement peuplé de réfugiés ?
De quel droit un groupe de dignitaires religieux négocie avec des preneurs d’otages à la frontière ?
Et pire, de quel droit, ce pays reste sans présidence depuis la fin de mandat de Sleiman ?
Mes questions feront sans doute rire jaune mes amis libanais car  dans ce pays, on fait fi du droit
Par contre dans ce pays on sait se dresser quand la coupe est pleine
Est-elle pleine comme les poubelles ou faudra-t-il encore des morts pour que de nouveau le cœur prenne le dessus ?
J’espère, mais de quel droit, que les politiciens de tous bords vont cesser les chicayas
J’espère, mais de quel droit, que la solidarité en actes se déploie à Bourj el-Barajneh comme elle a su se déployer à Achrafieh

J’espère, mais de quel droit, que mes amis libanais vont se mobiliser à nouveau pour plus que des poubelles en politique comme dans les ruelles.