jeudi 17 décembre 2015

L’acceptabilité sociale ou jusqu’où peut-on pousser trop loin le bouchon ?


L’AFP ce matin a proposé un article repris parplusieurs journaux à propos de la SNCF qui expérimente des nouvelles technologies pour détecter les comportements ou les bagages suspects et d’un projet de loi « sécurité dans les transports »qui  permettrait aux agents de sécurité de la SNCF et de la RATP de procéder à des palpations de sécurité ou de fouiller des bagages avec l'accord des passagers.
"On teste pour savoir si ça n'identifie que les gens qui ont une intention négative, un agresseur, ou un +tripoteur+, mais aussi l'acceptabilité sociale", pour voir si les voyageurs sont prêts à accepter de telles technologies, une fois l'état d'urgence levé.

L’acceptabilité sociale, le mot est dit.

Il faut savoir que ce concept est né au sujet de projets ayant un impact environnemental. Les entreprises cherchant à mesurer le risque d’un rejet par la population d’un projet (extraction de gaz de schiste, mine d’or etc.) ont développé un kit du « comment faire pour que la population accepte un projet ».  Lire à ce sujet : L'acceptabilité sociale, ou l'art de se faire avoir?  


Cette acceptabilité sociale arrive donc chez nous en même temps que la question de la fin de l’état d’urgence. Au risque de caricaturer la question qui se pose est : Jusqu’où peut-on pousser trop loin le bouchon sur les libertés sans avoir à gérer une contestation nuisible au projet de bouchon ?
Peut-on donc vérifier la température corporelle des gens et le volume sonore de leur discussions dans les gares ou les trains si on arrive à faire la différence entre une poussée de chaleur due à la préparation d’un mauvais coup et celle due à l’arrivée de la ménopause ?
La question n’est pas a-t-on le droit de le faire mais comment le faire de façon efficace et sans être enquiquiné par les citoyens empêcheurs de fliquer en rond.
Le glissement est déjà fait.
Quelles informations doivent permettre cette acceptation ? 
Facile ! LES ATTENTATS !!! et la caution servile de SOS racisme érigé en grand défenseur des droits puisque le  défenseur des droits en titre fait part de ses sérieuses réserves.

Mais laissons là la SNCF et regardons maintenant le sujet « état d’urgence ».
Voté pour trois mois à la quasi- unanimité des députés (6 contre) suite au choc des attentats, il doit donc logiquement cesser le 26 février 2016.  Mais, en tirant un peu plus sur la corde « peur des attentats », on pourra peut-être en prolonger les effets pendant 6 mois  et tant qu’on y est, constitutionaliser le bouchon.
Plus de trois cent personnes assignées à résidence pour trois mois, le seront pour 6 mois de plus.
Et après ? On en fait quoi ?
La radicalisation est selon Wikipedia : Un ensemble de gestes qualifiés d'« extrêmes » ou qui découlent d'une interprétation plus littérale des principes d'un système, qu'il soit politique, religieux ou économique. Selon The International Centre For The Study Of Radicalisation And Political Violence (ICSR), la radicalisation mène à « différents types d'activisme extrême, incluant le terrorisme.
J’aimerai bien avoir une définition claire et precise du mot « radicalisé » dans le cadre de ce projet de centres de rétention et avoir des précisions sur la durée de ces retentions, sur le programme des activités dans ces centres, avant que le gouvernement nous embarque dans un projet de Guantamo à la française.


Une bonne acceptabilité sociale est sans doute possible sur ces projets  mais j’espère que nous serons quand même nombreux à exprimer notre désaccord.

2 commentaires:

  1. C'est vrai il ne peut pas être question d'accepter n'importe quoi

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  2. Celà m'inspire juste la réflexion que des Guantanamo à la française ont existé au cours de l'histoire, et, bien que l'on ne s'y attende pas, ce sont des gouvernements républicains et démocratiques qui les ont instaurés. Un simple exemple: lorsque la France et l'Angleterre ont déclarés la guerre à l'Allemagne nazie, le 3 septembre 1939, suite à l'invasion de la Pologne, le gouvernement du radical-socialiste Edouard Daladier, l'homme de Munich, gouvernant sur la base de la chambre des députés du Front Populaire de 1936 a décrété l'internement administratif dans des camps, comme à Gurs de l'ensemble des hommes civils allemands présent en France, pour lutter contre le risque d'une 5ème colonne. Or la mesure concernait 1) les antifascistes allemands réfugiés politiques avant 1939 2) les juifs allemands ayant fuit les persécutions raciales nazies 3) des Allemands fidèles au régime nazi qui se trouvaient en France pour des raisons d'études et de travail. Après l'attaque allemande du 10 mai 1940 l'internement administratif fut également étendu aux femmes allemandes. Un exemple célèbre fut la philosophe Hannah Arendt, connue après-guerre pour ses reportages sur le procès Eichmann. Arendt eu la chance de pouvoir fuir dans le chaos de la débâcle et de rejoindre les Etats-Unis via le Portugal. D'autre juifs internés par la France démocratique de Daladier furent simplement cueillis comme des fleurs par les Nazis et déportés.
    Bien que ma famille soit catholique elle fut également partiellement concernée par le problème. Ma famille est d'origine sarroise. La Sarre fut détachée de l'Allemagne par le traité de Versailles en 1919. Le Traité avait stipulé qu'un référendum devait en janvier 1935 déterminer du rattachement définitif du territoire, français ou allemand. Comme Hitler avait pris le pouvoir en Allemagne en janvier 1933, la gauche sarroise, dont faisait partie mon grand-père socialiste avait appelé à voter pour un "status-quo" en vue de différer le retour à l'Allemagne au jour du rétablissement des libertés démocratiques.
    La gauche sarroise fut écrasée lors de ces élections 90% des votants optèrent pour le retour à l'Allemagne et ma famille dut se réfugier en France pour raisons politiques.
    Or un membre de ma famille, mon grand-oncle, frère cadet de mon grand-père ne partit pas immédiatement, mais seulement quelques mois plus tard pour rejoindre la famille en France. Mais entretemps il avait perdu la qualité de Sarrois, disparue après janvier 1935 et était devenu citoyen de l'Allemagne Nazie.
    Avec pour résultat qu'il fut interné à Gurs en septembre 1939, bien qu'antifasciste, sa détention fut ensuite maintenue par Vichy, il ne fut libéré qu'après la libération en 1945.
    Entretemps sa santé s'était altérée en raison des conditions sanitaires déplorables de Gurs, il avait contacté la tuberculose et mouru en 1955 des suites de la maladie alors qu'il n'avait pas encore atteint la cinquantaine. Je ne l'ai pas connu étant né en 1961.
    On peut encore rappeler qu'au cours de la guerre d'Algérie, en vertu des pouvoirs spéciaux votés par un autre homme de gauche Guy Mollet, des Algériens furent internés administrativement, alors que sur le papier ils étaient citoyens français depuis 1946.
    Ces exemples historiques pourraient répondre à votre question quant à la définition claire du "radicalisé" en supposant quelques attentats terroristes de plus. Pour le gouvernement Daladier en 1939 il s'agissait de personnes portant un nom allemand et de langue allemande. Pour le gouvernement Mollet en 1956 il s'agissait de civils arabes. En 2015 il pourrait s'agir de toute personne portant un nom maghrébin, de type arabe et de religion musulmane!

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