vendredi 15 août 2014

Cela me rend triste

Comme certains, j'ai les yeux fixés et le coeur branché sur l'Irak, la Syrie, le Liban et je me tiens d'autant plus informée que des amis proches ont leur famille là-bas et que j'ai peur pour eux. 
J'ai aussi des amis sunnites, chiites et je sais qu'ils sont comme moi horrifiés sans avoir à le leur demander. 

Depuis quelques jours, je lis des commentaires qui s'enchainent sur les réseaux sociaux selon une dialectique pernicieuse.

Etape 1: Sommer les musulmans de France de se prononcer contre la barbarie du calife et de sa clique.
Remarquons, que les condamnations sont nombreuses mais que visiblement elles ne sont pas lu par ceux qui les appellent à grands cris.
Etape 2: Puis comme ils l'ont fait et pas qu'eux d'ailleurs de par le monde, mettre en doute leur sincérité car le musulman est duplice pour ne pas dire fourbe.
Etape 3: Faire remarquer aussi que l'islam est divers et que si certains musulmans disent clairement que ce groupe va à l'encontre de l'islam, tous le font pas.
Etape 4: Faire remarquer aussi que le coran dit tout et son contraire.
Etape 5: Vient le moment ou je me demande si derrière ces arguties, ne se cache pas tout simplement un rejet de l'islam bon teint. Il se cache plutôt mal d'ailleurs.


Au final, peut importe ce que les musulmans diront puisque nous ne les écouterons pas, ne leur ferons pas confiance, et profiterons même du sujet pour en remettre une couche sur d'autres sujets comme l'immigration par exemple.

Un jour, nous comprendrons peut être que cette attitude pousse les musulmans dans l’extrémisme plus radicalement que les prônes hargneux d’illuminés sanguinaires.
Ils auront beau faire, nous ne les voulons pas et si dégoûtés ils se tournent vers les haineux, par une galipette double axel piqué nous trouverons là une justification à nos préventions.
Bref, quoiqu'ils fassent, quoiqu'ils disent, nous les marquons du sceau de l'infâme.

Cela me rend triste mais la Vierge nous prend tous sous sa protection, chrétiens comme musulmans alors prions

jeudi 7 août 2014

Vivre et laisser mourir


Cette nuit, j’interpellais  Laurent Fabius, mon député et ma sénatrice sur la situation catastrophique pour les minorités irakiennes.

Ce matin, nous apprenons que Qaraqosh est tombé et que l’exode des milliers de personnes est en cours.

A midi, il fera plus de 40 degrés. Nous serons pour certains sous le soleil aussi, mais dans la version transat, coca rondelle et pour d’autres bien au frais sous la clim du bureau.



Prenons le temps de dire à nos députés, nos sénateurs et notre gouvernement :

que nous sommes derrière eux,
que nous soutenons toutes les initiatives courageuses qu’ils prennent et qu’ils doivent prendre encore face à la situation.


L’ONU doit aller plus loin sinon...

Nous vivrons et nous laisserons mourir.



lundi 4 août 2014

Tous les mêmes

S'il y a une chose qui m’agace, c ‘est lorsque un interlocuteur me balance à la figure, l’inquisition, la pédophilie de certains prêtres (On me parle plutôt de la pédophilie des prêtres parce qu’ils le sont tous non ?) ou encore des ors et des horreurs du Vatican illuminati.
Cela m’agace parce que quelque part on me demande à titre personnel, d’assumer les péchés, les dérives de l’église universelle et même les délires phantasmés du fameux interlocuteur.
L’idée sous-tendue est que si  je suis catholique, si je le  reste malgré tout ça cela c’est que je cautionne. Et mon interlocuteur se drape dans sa libre pensée pour me juger.
Au mieux, je suis une idiote abrutie par les rosaires au pire, je fais partie consciemment de cette lie et je mérite l’opprobre ou pire.

Bref, cela m’agace mais il en faudrait plus pour me mettre en colère d’autant que je trouve que je ne suis pas la plus mal lotie par les temps qui courent :
Etre Juif  et devoir faire son autocritique pour les massacres de Gaza.
Etre musulman et être sommé de se prononcer publiquement contre les djihadistes sous peine d’être accusé dans les deux cas de complicité avec la barbarie.
La conclusion auquel on peut arriver est que toutes les religions sont le mal et certains n’hésitent pas à sauter le pas (presque un pas de gigue joyeuse).
C’est tellement facile de généraliser surtout lorsque cela correspond à nos à prioris (et je me mets dans le même sac)
Lorsque l’on leur fait remarquer le bien que font les croyants dans le monde, ils balayent d’un revers méprisant l’argument parce qu’il n’y a pas besoin d’être croyant pour faire le bien.
C’est vrai, le bien et le mal sont équitablement partagés dans le monde que l’on soit croyant ou pas  et j’aimerai que cela soit un peu plus présent à l’esprit de tous, croyants ou pas.
C’est vrai qu’il est plus facile pour quelqu’un de reprocher à un homme, un peuple ses fautes et sa barbarie en s’appuyant sur le fait que sa religion est une horreur contrairement à la sienne ou en arguant du fait que toutes les religions ont dans leur essence même la violence sans reconnaitre que le mal est aussi en ceux qui n’en ont pas.
C’est aussi plus facile pour des salopards de se planquer derrière la religion pour justifier leurs turpitudes au nom de Dieu.
C‘est moins facile pour nous tous d’admettre que le mal est partout, à commencer en soi  et que le seul chemin n’est pas le rejet de l’autre mais la paix.
Se renvoyer nos fautes, nos erreurs et nos errements, se braquer sur nos vérités ou notre Vérité que nous ne sommes même pas capables d’appliquer  mais que nous assenons aux autres c’est finalement si facile.
Premier pour accuser alors qu’il faudrait être premier pour construire la paix.
Certes pour construire la paix il faut être deux mais il faut surtout un premier, celui qui se lance car il sait qu’il n’y a jamais de vainqueur dans nos querelles et nos guerres.
Le bien dans ce monde, c’est l’ensemble de ces premiers.
Il y en a heureusement dans notre quotidien et dans l’histoire des hommes.

Ils nous disent que nous sommes tous les mêmes, tous dans la même histoire et dans leur bouche c'est un signe d'espoir au lieu d'être un jugement désabusé.