jeudi 27 mars 2014

Domination ou don


Je suis mariée à un sis-hétéro male et blanc de surcroit me dit on.
Si j’en crois les études, je suis donc une femme dominée, asservie par le patriarcat. 
Comme d’autre part, je ne travaille pas, mon cas est plus grave.
Enfin, en disant que je vis très bien cette situation, je démontrerai  que je ne suis même pas consciente (pauvre idiote) de la domination de mon mari.

Je sais bien que des femmes sont ainsi asservies. J’en connais. Leur couple est construit sur les rapports de force et la domination.

Les études de genre expliquent cela très bien mais le problème est de savoir comment faire évoluer notre société et surtout vers quoi.

Si l’objectif est de faire en sorte que les couples vivent dans l’interdépendance et la coopération sans rapports de domination, je vote pour.


Je pense que l’homme et la femme ont les mêmes capacités et habiletés dans les activités professionnelles,  domestiques et même éducatives. Je pense aussi que les rôles sociaux et familiaux sont déterminés par notre culture et notre éducation au sens large. Cette culture a de bons côtés puisqu’elle permet l’organisation sociale mais elle en a aussi de mauvais lorsqu’elle amène la reproduction d’un schéma d’oppression dans certaines familles.

La seule chose qui  différencie naturellement les hommes et les femmes est la capacité à enfanter qui est par nature féminine. Faudrait-il en arriver à faire des enfants hors utérus pour libérer la femme de la domination de l'homme ? Aldous Huxley y a pensé, est-ce souhaitable ?
N’y a-t-il pas une autre solution ?

Sortir des rapports de force et de la domination d’un sexe sur l’autre ne serait pas possible sans en arriver à cette extrémité ?
C’est possible si on cesse d’opposer l’un et l’autre et que l’on se tourne volontairement vers la coopération dans toutes les dimensions du couple, un dialogue de co-construction et l’interdépendance.
J’entends souvent que la femme qui ne travaille pas et élève les enfants est dépendante de son mari. Ce n’est pas faux mais son mari l’est tout autant non ?
La seule seule chose qui peut déséquilibrer leurs rapports est l’argent.
Lorsque l’argent est vu comme une possession personnelle et non comme un moyen à la disposition de la famille, la domination pointe son nez.

Pour éviter cela, dans les couples ou les deux travaillent, chacun à son compte en banque et les charges de la famille sont réparties selon un « consensus ». Tu payes cela et moi cela. Chacun ayant ainsi une liberté sur le surplus éventuel pour ses dépenses personnelles. On pense que l’autonomie financière de chacun est la solution pourtant cela n’a pas amélioré la stabilité des couples. La communauté est réduite aux frais communs pour permettre la liberté de consommer pour soi.
L’argent est vu comme la dimension de l’organisation du couple.

On veut bien vivre ensemble mais pas faire communauté. Le Pacs en est le meilleur exemple, les obligations financières ne portant que sur une aide matérielle et une assistance réciproques (par exemple en cas de maladie, de chômage).
On veut bien vivre ensemble mais on ne veut pas s’engager pour la vie pour permettre à chacun de reprendre ses billes et son indépendance.

Dans tous les cas, l’argent  n’est pas vu comme un bien commun du couple géré par celui-ci. Il est vu comme l’argent d’une ou de deux personnes  qu’elles consentent  à engager pour partie dans le règlement des frais communs.
La destination universelle des biens est bafouée jusque dans la cellule de base de la société.
Nous sommes passés de la domination des hommes sur les femmes à la domination de l’argent sur tous.  Nous avons librement consenti au nom de l’indépendance de chacun à l’organisation de la vie commune sur des bases uniquement financières.
Beau progrès.

Je sais qu’en disant cela je passe pour une hurluberlue qui n’a pas les pieds sur terre et pourtant.
Un couple qui se fonde sur autre chose que l’argent, cela existe, c’est celui qui s’engage dans un don réciproque.
Don réciproque et non pas contrat.
Tous deux, ils ne feront plus qu’un.
C’est une conversion radicale y compris pour les catholiques.

mercredi 26 mars 2014

Plonger dans le grand bain


Le pape nous engage tous dimanche prochain, dimanche de laetare à nous plonger dans la miséricorde de Dieu.
Cela nous renvoie bien sûr à la prière du Notre Père : Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.  Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises à nos débiteurs. Mais aussi au Christ qui nous engage à pardonner 7 fois 77 fois.
Bien souvent, le sacrement de réconciliation rebute et j’ai cherché à comprendre pourquoi.

La première raison qui me vient à l’esprit est que la contrition n’est pas notre fort. 

Reconnaître que j’ai péché, c’est finalement aller fouiller dans ma poubelle quand je  préférerai l’enterrer au fond du jardin.

L’ouvrir et faire du tri entre les épluchures pas bien sales et les trucs « cracra » qui puent.



La deuxième raison est sans doute que je pense ne pas pouvoir obtenir le pardon  parce que moi-même, je sais bien que je ne pardonne pas et que je n’en ai pas envie. Rien que d’y penser, la rancœur remonte.

La troisième, est plutôt la bonne excuse pour passer à travers à bon compte.

Je n’ai pas besoin d’en parler à un prêtre.

Je m’adresse directement  Dieu. 


Et hop !


Bref,  en forçant un peu je vais y aller à reculons, en ronchonnant intérieurement.
Pourtant je sais bien qu’il suffit d’un pas pour qu’il m'ouvre ces bras.




Un petit pas ?




On y va ?




On plonge dans le grand bain de miséricorde ?

mercredi 19 mars 2014

Jeûne de colère


Objectif de carême : ne pas se mettre en colère.  
Une réelle conversion pour moi la râleuse impénitente.
Cela peut paraître un objectif simple à atteindre même pour moi mais j’ai l’impression que ma ligne avec Dieu était sur écoute lorsque j’ai choisi mon objectif et que tout le monde se ligue contre moi pour me faire échouer. Je dois être un peu paranoïaque.


Les chicayas entre cathos à propos d’une conférence en plein carême, le candidat à Paris qui veut s’occuper de la mendicité passive parce bon, ça fait désordre ce SDF assis sur mon trottoir, la découverte soudaine des particules fines par les candidats aux municipales,  la ministre qui dit ça, le candidat qui fait ça.
Pendant ce temps,  les enfants qui meurent en Syrie, les  51 SDF qui sont morts passivement sur nos trottoirs depuis le début de l’année,  la NASA qui nous annonce que notre civilisation va s’éteindre d’ici quelques décennies.

Et moi je regarde sans rien pouvoir faire si ce n’est des micros actions.

Comment ne pas se mettre en colère.

Fermer l’ordi, les réseaux, les journaux, la télé pour ne rien savoir de tout ça. Mais le plan ne rien voir pour ne pas entrer en tentation c’est un peu lâche non ?

Alors lancer un hurlement primaire  et renoncer à ma promesse ?

Heureusement, j’ai  l’antidote.
Commencer ma journée par la prière pour prendre une bonne dose de paix avant tout.
Lire les blogs de carême ici ou ici ou ailleurs encore. Les blogs de ceux qui arrivent à me faire sourire et me sentir bien malgré tout car ils ont une dose d’espérance et de vraie joie  supérieure à la mienne.
Et prévenir avec le sourire tout enquiquineur pourrait se présenter que c’est carême, que je fais un jeune de colère et qu’il peut repasser pour arriver à m’énerver.

Cela marche plutôt bien mais il reste encore une vingtaine de jours de carême et 10 jours avant le résultat des municipales qui j'espère ne va pas me faire grimper aux rideaux.

Alors soyez sympa, votez et votez bien... bien sur :)

mercredi 12 mars 2014

Ecoutes, Ecoutes.


Écoutes, écoutes. 
Cela fait bien du bruit ces dernières semaines.
Buisson écoute ses collègues, la justice écoute Sarkozy. Et nous, nous écoutons les médias.
Nous écoutons du bruit, mais peut-on vraiment écouter du bruit ?
Ecouter, c’est se mettre en disposition, être disponible.
Ecouter c’est d’abord être dans un certain silence qui nous est refusé par le brouhaha médiatique.

Prendre le temps du silence.
Personnellement, je le prends en ce moment.
Et du coup, je rate des épisodes des sagas  « écoutes ».
Vous savez quoi ?
Je le vis très bien et je suis sûre qu’elles iront à leur terme que j’y mette mon grain de sel ou pas.
Je prends le temps du silence pour écouter la nature qui s’éveille, mes enfants qui grandissent, mes parents qui murmurent de plus en plus.
Je fais silence pour écouter ce qui ne fait pas de bruit.
Cela me rappelle un chant très à la mode dans ma paroisse quand j’étais adolescente.


Ecoute , écoute  Surtout, ne fais pas de bruit,
On marche sur la route  On marche dans la nuit.

Ecoute, écoute  Les pas du Seigneur vers toi l
Il marche sur ta route, Il marche  près de toi.

Silence ! J’écoute…

mercredi 5 mars 2014

Un carême avec Bartimée


Une info relevée hier dans la presse.

Jérôme Kerviel qui doit savoir le 19 mars s'il va être incarcéré suite aux pertes de la Société Générale, a rencontré brièvement le pape le 19 février suite à un courrier qu'il lui avait adressé et qui a ému le pape. 
«Je viens vers Vous sans autre espoir que celui d’interroger la justice de Dieu et de solliciter Son représentant sur Terre à se pencher sur mon sort»
Suite à cette rencontre, Jérôme Kerviel a décidé de rentrer de Rome à Paris à pied.

Cet homme qui parle de l'attraction du néant qui grandit en lui, de sa désespérance qui l'amène à songer au suicide, reconnait aussi que son métier de trader l'a égaré et qu'il s'en remet à la justice divine après que celle des hommes l'ai déçu.
Je ne veut pas revenir sur la justice des hommes mais j'avoue être touchée par son cheminement.
Ce baptisé qui reconnait s'être éloigné de la foi, dans son désespoir en appelle à Dieu.
J'espère que sur son chemin, il va retrouver espérance et paix. 
Qu'il va se retrouver avec le Seigneur et goûter son amour inconditionnel.


Sa chute est douloureuse, son avenir est terrible mais comme l'aveugle Bartimée, il crie "Fils de David, aie pitié de moi". 
J'aimerai que la foule de ceux qui suivent Jésus après l'avoir conspué,  lui dise "Aie confiance, il t'appelle" et pour ma part, je vais prier pour lui et pour tous ceux qui s'égarent en adorant l'argent au lieu de Dieu, moi comprise bien sur.
Un chemin de carême s'ouvre pour moi avec Bartimée:  Aie pitié de moi, Aie confiance, Que veux tu que je fasse pour toi, Que je voie,va,.. ta foi t'a sauvé, il suivait Jésus sur la route.
Je vous souhaite à tous un chemin de carême rempli d'espérance.