mercredi 29 janvier 2014

Arrêtons de faire genre




Le sujet du genre devient vraiment  un grand n’importe quoi.
D’un côté, certains croient nécessaire  la  déconstruction des genres parce que ce serait le seul moyen de mettre fin aux discriminations liées à l’identité sexuelle et à la « dictature du male hétéro» sur les femmes et les  LBGT.
D’un autre côté, certains qui s’arc-boutent en réaction et veulent préserver les stéréotypes de genre quitte à sortir des slogans je ne me sens pas capable d’entonner tant ils sont caricaturaux.
Alors quoi ?

Ne peut-on simplement admettre qu’il faut en effet lutter contre les discriminations basées sur le sexe ou la sexualité mais que dans le même temps cette lutte ne doit pas amener à l’identité mais à l’égalité.
Je parlerai bien aussi du concept de complémentarité mais c’est plus compliqué… Bon j’en parle.
Si la complémentarité revient à cantonner madame au foyer parce que la mère est indispensable à l‘éducation des enfants, je comprends qu’elle énerve beaucoup de femmes.
Si par contre elle consiste à un partage des responsabilités et des taches quotidiennes et éducatives ou chacun s’investit selon ses compétences et ses envies acceptées d’un commun accord, c’est une belle idée.
Alors on me dira que dans les faits, c’est encore et toujours la femme qui se coltine les doubles journées, les salaires moins élevés et les carrières ralenties.
C’est vrai et c’est pour ça qu’il faut lutter contre les discriminations liées au sexe et cela dès le plus jeune âge.
Chez moi, le bricolage, le jardinage, les tournées de machines, c’est l’affaire de tous et toutes et franchement personne ne doute de son identité sexuelle pour autant.
Mes garçons et mes filles ont joués indifféremment aux légos, playmobils, poupées, vélos, élevage de bestioles diverses (têtards, phasmes) parce qu’ils jouaient ensembles.
Plus tard, tout le monde s’est retrouvé autour des mêmes jeux sur ordinateur.
En ce qui concerne l’éducation sexuelle, le discours est le même pour tous : « respect de soi et de l’autre, responsabilité de ses actes ».
Pourtant nous n’avons pas élevés nos enfants de  façon identique mais ces différences n’étaient pas dues à leur sexe mais à leur caractère et leur sensibilité propre.
Chez nous les filles ne sont pas infirmières et nos garçons ingénieurs,  il y a le geek, l’artiste, la financière, et deux autres qui n’ont pas encore fait leur choix.
Je pense que mon mari et moi à notre niveau avons lutté contre les stéréotypes de genre.
Alors me direz-vous pourquoi es-tu femme au foyer ? C’est le comble de la soumission au dictat patriarcal non ? Tu es victime des stéréotypes de genre sans même t’en rendre compte non ?
D’abord, je n’ai pas toujours été femme au foyer, j’ai même eu une belle carrière durant laquelle je gagnais plus que mon mari. Horreur :). J’ai par la suite alterné périodes de travail, bénévolat,  recherche et écriture.  Bref j’ai toujours eu une activité qui avait un sens au moment où je la faisais et en parallèle j’ai été mère.
La femme au foyer est aussi un  stéréotype  contre lequel il faut lutter car il  induit que toute femme sans activité professionnelle est une mémère popote soumise au père et même à ses enfants.
De même un père qui arrête de travailler pour élever ses enfants est un faux mec (conneries)
Pour en revenir au débat sur le genre et pour apaiser un peu les esprits.
Quand mes enfants  étaient petits,  ils lisaient à l’école un très beau livre « le premier livre de toutes nos couleurs ». Je pense que ce livre, mais aussi les discussions que nous avons eues à la maison à ce sujet, les ont aidées à réfléchir sur le respect de la différence et sur les discriminations raciales.
Pour autant, nul n’a jamais prétendu que pour régler le problème du racisme, il fallait que nous devenions tous des ni blancs ni noirs ni jaunes etc. et la lecture de ce livre n’a pas transformé mes enfants en blancnoirjaune. Par contre ils ont appris à regarder au-delà des différences de couleurs et à voir en tout être humain un homme. Je dirais même un frère.
Aujourd’hui, « papa porte une robe » et autres supports peuvent permettre à nos enfants de réfléchir sur le sujet des discriminations basées sur le sexe ou la sexualité avec leurs enseignants mais aussi à la maison avec leurs parents et cela ne veut pas dire pour autant qu’ils vont devenir LGB ou T  par contre ils auront la capacité de voir au-delà de ces différences.
La crainte de beaucoup est que cela mettre tous les comportements sexuels à égalité, que la famille traditionnelle soit mise au même niveau que les familles de couples de même sexe par exemple.
Je vous livre un scoop : c’est déjà fait.
Reste à témoigner au quotidien par une vie de famille aimante, unie  et ouverte aux autres que notre choix de vie est une option qui peut être la bonne.
Enfin certains me diront : « Ce n’est pas le rôle de l’école qui est là pour instruire et non pour éduquer et un discours contradictoire entre parents et enseignants est une mauvaise chose ». J’entends, mais personnellement, je ne pense pas qu’un discours contre les discriminations puisse être contraire au mien et je reconnais à l’école aussi la transmission de valeurs communes au-delà des communautés.
 Au pire et je n’y crois pas, un hurluberlu échappé du « complot liibertaire bla bla bla » pourrait expliquer à nos enfants qu’ils sont tous identiques. Franchement, quel enfant le croirait. L’échec des expériences en Norvège démontre que sur le sujet, les hurluberlus se font recadrer par la réalité. 
Continuons à étudier calmement le genre  pour déterminer la part de l'inné et celle de la culture dans nos comportements et n'oublions pas au passage d'étudier aussi la part du consumérisme qui peu à peu remplace la culture et induit une vision dégradante de la femme par la pub, les clips vidéo et la pornographie.
C'est à mon avis bien plus dangereux que le « gender ». 

mardi 21 janvier 2014

Contre oui, mais contre quoi?



Je viens de lire la prose de Francis Kaplan qui fait la différence entre « être vivant » et être « un être vivant ».  Cette nuance permet selon lui d’admettre l’avortement dans la période où le vivant n’est pas suffisamment un être vivant c’est-à-dire qu’il n’a pas encore d’activité cérébrale (premier trimestre).

Mais pour moi cette vie qui n’est pas encore un être vivant est déjà une personne humaine.
J’ai fait une fausse couche au premier trimestre d’une de mes grossesses et c’est bien une personne que j’ai pleuré alors même que je n’avais pas "prévu" cette grossesse.
Je n’ai pas envie de rentrer dans cette querelle de la date à laquelle un avortement c’est tuer parce que pour moi vous l’aurez compris, dès qu’il y a vie la question ne se pose pas.
Je suis bien consciente que mon point de vue est lié à ma foi et au respect que j’ai de la vie, de la naissance à la mort.

C’est une conviction très forte pour moi mais ...

Je me souviens des femmes qui avortaient clandestinement avant la loi Veil et c’est ce qui motive mon approbation de cette loi même si jamais je n’envisagerai l’avortement à titre personnel.
J’entends aussi les femmes qui ayant avorté regrettent de ne pas avoir pu continuer leur grossesse parce qu’elles n’ont pas été soutenues par leurs proches et le père, parce que leur situation économique, sociale et familiale ne leur permettait pas d’envisager une naissance.
Je pense personnellement que le vrai scandale est là et que revenir sur la loi pousserait ces femmes non pas à poursuivre leur grossesse mais à tomber dans les mains de bouchers mafieux.
Je sais bien que certains me diront que des femmes avortent sans raison valable. Peut-être mais personnellement je n’en connais pas et je pense qu’elles sont une minorité.

Reste le sujet des avortements thérapeutiques. A nouveau, je ne le ferais pas mais je suis consciente aussi que tout dans la société pousse vers cette solution. La vie des personnes handicapées et de leur famille est un parcours du combattant pour ne pas dire un calvaire.
Pour conclure, ce bref billet, je dirai que si tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, toute femme pourrait poursuivre sa grossesse à son terme sans problèmes. Mais comme ce n’est pas le cas, je préfère l’avortement légal aux faiseuses d’anges.


La notion de détresse vient d'être rayée de la loi. 

Soit, mais cela ne la rayera pas de la vie des femmes malheureusement.
Etre contre l’avortement pour moi, c’est être contre tout ce qui y mène et surtout cette détresse que l’on veut nier faute de la traiter.

C’est utopique peut être mais au quotidien, auprès des femmes de notre entourage et même plus loin, on peut s’engager pour qu’elles ne se retrouvent pas dans cette situation.


Ps: une ptite pensée pour celles qui voudraient bien avoir un enfant et qui ne peuvent pas. Je sais bien que l'un ne compense pas l'autre mais cette actualité ne doit pas être simple pour elles.

mercredi 15 janvier 2014

Coagulez sans moi.



Jour de colère, Manif pour tous, et pour commencer la marche pour la vie. Tout cela sur un mois à peine.

Jour de colère du  peuple de France qui veut se réapproprier le territoire et l’état pour se gouverner lui-même. Il revendique d’être souverain et ne veut plus d’un personnel politique corrompu qui dénature le droit, le plonge dans l’arbitraire, s’approprie par un impôt injuste les fruits de son travail, détruit la famille et le livre aux pires barbaries. 

Bref, gueuler contre tout, tout jeter, et manifester avec Civitas, le GUD  mais aussi avec les partisans de Dieudonné  puisqu’il a publié cet évènement sur sa page Facebook.
Pas content, Pas content !

La Manif Pour Tous qui après avoir obtenu la disparition de la PMA et de la GPA du programme gouvernemental nous propose de manifester maintenant contre le gender,  la pression fiscale famillophobe, et autres sujets. 
Personnellement, je ne me sens pas super motivée devant cet inventaire à la Prévert. 
D’autant que je ne suis pas convaincue par l’hydre gender  et que manifester contre la pression fiscale sur les familles me parait un peu « corporatiste ». 
Je ne reviens même pas sur les affiches qui frôlent le ridicule même s’il s’agit de second degré.

La marche pour la vie  annonce peu ou prou les mêmes arguments que LMPT avec une insistance particulière sur l’avortement.  Je n’ai jamais participé à cette marche qui a reçu le soutien des évêques depuis quelques années.
Je préfère au quotidien accompagner les jeunes et les moins de mon entourage pour les aider à ne pas en arriver là et dans le pire des cas pour les aider à s’en remettre. 
Un blogueur qui lui a marché 3 ans de suite n’ira pas cette année parce qu’il désapprouve les méthodes des associations qui y sont à nouveau majoritaires.
Je cite : «Commandos dans les hôpitaux, l’utilisation de la prière comme militantisme et non comme intercession auprès de Dieu  ainsi omniprésence d’images gores dans leur communication ».

Donc trois manif, des revendications multiples.
Il paraît qu’il s’agit de coaguler les mécontentements. 
C’est bien mon problème.

J’ai déjà du mal à sortir manifester pour un objectif bien déterminé et avec l’assurance de ne pas me retrouver associée à une frange politique que je réprouve. Alors manifester dans la coagulation c’est non.
D’autant que l’on risque la thrombose et franchement nous n’avons pas besoin de ça.

Voir aussi la prose du barde: ici

mercredi 8 janvier 2014

Un rire foudroyant



L’enfant est surpris, il rit à gorge déployée. 
Il est beau et bon ce rire. 
On rit avec lui, avec une pointe de nostalgie devant cette capacité à rire tout court.


Le plus souvent, en grandissant on ne rit plus tout court mais on rit de.
Rire de l’autre pour le crucifier, pour se donner l’impression facilement en méprisant l’autre que l’on est mieux que lui.
Un rire qui libère de ses peurs et ses angoisses en les renvoyant sur l’autre sans se demander s’il fait mal.
Cela peut même être une arme : on lance une flèche droit au cœur en finissant sa phrase avec un « je rigole ».
Tu rigoles certes mais le mal est fait et l’objectif était bien de faire mal.
Ce rire malsain envahi nos échanges virtuels et réels.
C’est fou ce qu’il est drôle de basher, de faire une vanne.
C’est hilarant de lire la prose lolesque qui s’attaque à ceux qui ne sont pas moi.
Que d’humour, que de reparties.
Le rire comme une aigreur qui nous sort par tous les pores.
Voir les regards plein de morgue dans certaines émissions spécialisées dans l’humour avant les infos du soir, le mépris plein d’humour d’autres qui sévissent le samedi soir tard.
Et l’on rit en voyant tout ça…
Alors certains vont beaucoup plus loin que d’autres et il parait qu’ils ont bien le droit de rire de ce qu’ils veulent.
Heureusement que la loi permet de leur faire ravaler leurs pointes d’humour acérées comme des couteaux au nom du respect d’autrui.
Mais dans les faits, les bornes sont dépassées communément depuis quelques années et on s’habitue, on temporise.
Parce que l’on n’a pas le courage de jouer les rabat-joie qui se verront répondre que « zut quoi, c’est de l’humour ». On rit avec la meute.
Et puis ce n'est pas grave, tout le monde en prend plein la gueule non ? si on fait de l'humour sur tous, cet humour degueuli est justifié. Rions donc.
Rire de l’autre et de sa différence, d’un rire qui foudroie. 
L’humour méchant n’est possible que parce qu’il a des spectateurs qui s’en repaissent.
Nos bas instincts sont flattés et se développent.
Nous ne valons pas mieux que les visiteurs de la tente des monstres à la foire d’antan.
Je repense à ce texte de Hugo :
Gwynplaine était un don fait par la providence à la tristesse des hommes. Par quelle providence? Y a-t-il une providence Démon comme il y a une providence Dieu? Nous posons la question sans la résoudre.
Gwynplaine était saltimbanque. Il se faisait voir en public. Pas d’effet comparable au sien. Il guérissait les hypocondries rien qu’en se montrant. Il était à éviter pour des gens en deuil, confus et forcés, s’ils l’apercevaient, de rire indécemment. Un jour le bourreau vint, et Gwynplaine le fit rire. On voyait Gwynplaine, on se tenait les côtes; il parlait, on se roulait à terre. Il était le pôle opposé du chagrin. Spleen était à un bout, et Gwynplaine à l’autre.
Aussi était-il parvenu rapidement, dans les champs de foire et dans les carrefours, à une fort satisfaisante renommée d’homme horrible.
C’est en riant que Guynplaine faisait rire. Et pourtant il ne riait pas. Sa face riait, sa pensée non. L’espèce de visage inouï que le hasard ou une industrie bizarrement spéciale lui avait façonné, riait tout seul. Gwynplaine ne s’en mêlait pas. Le dehors ne dépendait pas du dedans. Ce rire qu’il n’avait point mis sur son front, sur ses joues, sur ses sourcils, sur sa bouche, il ne pouvait l’en ôter. On lui avait à jamais appliqué le rire sur le visage. C’était un rire automatique, et d’autant plus irrésistible qu’il était pétrifié. Personne ne se dérobait à ce rictus. Deux convulsions de la bouche sont communicatives, le rire et le bâillement. Par la vertu de la mystérieuse opération probablement subie par Gwynplaine enfant, toutes les parties de son visage contribuaient à ce rictus, toute sa physionomie y aboutissait, comme une roue se concentre sur le moyeu; toutes ses émotions, quelles qu’elles fussent, augmentaient cette étrange figure de joie, disons mieux, l’aggravaient. Un étonnement qu’il aurait eu, une souffrance qu’il aurait ressentie, une colère qui lui serait survenue, une pitié qu’il aurait éprouvée, n’eussent fait qu’accroître cette hilarité des muscles; s’il eût pleuré, il eût ri; et, quoi que fit Gwynplaine, quoi qu’il voulût, quoi qu’il pensât, dès qu’il levait la tête, la foule, si la foule était là, avait devant les yeux cette apparition, l’éclat de rire foudroyant.

  
Rions mais d’un rire franc, empathique, bienveillant. Un rire avec.
Si c’est possible !

jeudi 2 janvier 2014

Le Christ juif



Je viens de finir la lecture de ce livre de Daniel Boyarin et je pense qu’il me faudra du temps pour le digérer.
Je pensais en faire une fiche de lecture mais je l’ai trouvée ici http://www.paroisseschanovey.com/medias/files/2013-05-a-propos-de-boyarin-par-soeur-cecile.pdf
Je vais donc juste pointer trois thèmes qui m’ont personnellement bien secoué.
Le fils de l’homme
Ce titre que se donne Jésus à plusieurs reprises m’a toujours posé problème car je n’en comprenais pas la signification ou plutôt les explications que l’on me donnait me paraissaient partielles sans que j’arrive à voir en quoi.
Fils de l’homme : celui qui est pleinement homme et en même temps pleinement Dieu. Ok mais vous avez trouvé cela où ?
Boyarin propose une hypothèse percutante. 
Au tout début, durant la période cananéenne les premiers croyants n’étaient pas monothéistes au sens où on l’entend maintenant (Un seul Dieu) mais il y avait plutôt un "binome"  El / YHWH ou El / Ba’al . Peu à peu, El et YHWH ont fusionnés mais il en reste des traces comme dans Daniel avecle vieillard et le « comme un fils d’homme ».
Le fils de l’homme n’est donc pas un titre que Jésus se donne pour nous dire son humanité, son incarnation mais au contraire pour dire qu’il est Dieu.
Du coup je comprends mieux la colère du grand prêtre lorsque Jésus lui répond « Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. » Marc 14,62
Jésus dans la même phrase se dit messie (oint), roi terrestre, mais surtout il se dit Dieu.
Les contemporains de Jésus comprenaient tout de suite la portée de ce titre contrairement à moi parce la notion de d’homme divin était répandue.
« La seule grande innovation des évangiles : déclarer que le fils de l’homme est déjà là, qu’il marche parmi nous… Toutes les idées sur le Christ sont anciennes : La nouveauté c’est Jésus. Il n’y a rien de nouveau dans la doctrine du Christ, excepté l’affirmation que cet homme- est le Fil de L’homme. » D.Boyarin
 Une affirmation énorme !

Jésus  ni révolutionnaire ni marginal
A lecture de Boyarin qui décode l’évangile de Marc, on comprend que  Jésus se savait Dieu et que l’accomplissement  qu’il dit être venu faire est en fait un élargissement qu’il est en droit de faire en tant que Dieu. Il n’abolit pas, il accomplit en élargissant.  
Il n’est pas un juif révolutionnaire ou marginal mais un juif profondément attaché à la loi qu’il défend contre les interprétations des pharisiens qui sont illégitimes selon lui car elles changent la loi.
On pourrait dire, même si c’est un anachronisme, qu’il est un juif orthodoxe. 

Les canons qui séparent.
L’autre point qui m’a particulièrement intéressé d’autant que je potasse en ce moment les débuts de la chrétienté à Rome est sa thèse sur la séparation tardive entre juifs et chrétiens. Pas avant le concile de Nicée en 308. Habituellement, on situe plutôt cette séparation au 1 er siècle.
D’un côté comme de l’autre, on a cherché alors à définir, à caractériser, a être différent partant du principe que l’on ne peut pas être juif et chrétien en même temps, qu’il fallait choisir son camp. Jusqu’à cette date, il y avait des personnes en nombre non négligeable qui fréquentaient la synagogue et croyaient à Jésus fils du Père. Cela explique sans doute en grande partie l’absence de trace d’édifices cultuels chrétiens avant 300 à part Douras Europa http://fr.wikipedia.org/wiki/Domus_ecclesiae_de_Doura_Europos et le manque de sources sur ces premiers chrétiens qui étaient … des juifs.

Je retiens finalement de ce livre qu’il est bon d’écouter ce que les juifs ont à nous dire sur l’ancien testament mais aussi sur les évangiles qui sont imprégnés de la tradition juive que nous ne maîtrisons pas aussi bien qu’eux.