vendredi 28 novembre 2014

Mission Leonetti-Claeys : Wait and see.


Personnellement je n’aurai pas lancé ce débat mais puisque c’est parti, je vais mettre mon grain de sel.

Le rapport de la mission Leonetti-Claeys rejette l’euthanasie : Un acte médical "consistant à ménager une mort sans souffrance à un malade atteint d'une affection incurable entraînant des douleurs intolérables".
Cela engloble donc potentiellement des personnes qui ne sont pas en phase terminale d’une maladie mortelle comme par exemple des handicapés ou  des malades chroniques ou encore des malades atteints de maladies graves mais qui ne sont pas en phase terminale.

Le rapport de La mission Leonetti-Claeys opte pour la sédation terminale : Endormir un malade incurable en fin de vie (c’est à dire alors que le processus de la mort est  enclenché) pour une durée raisonnable (6 à 12 heures)  afin de faire disparaître la perception d’une situation qu’il juge insupportable après une décision conjointe du soignant et du patient.


Si la loi correspond à cela, personnellement je l’approuve et je ne signerai pas l’appel qui tourne en ce moment.

Et à ceux qui me diront qu’il vaut mieux prévenir que guérir, qu’il faut refuser tout pour éviter la suite, je rappelle au passage le point de vuede Mgr Pierre d’Ornellas : «Il faut sortir du faux dilemme entre les partisans pour ou contre l’euthanasie, qui est un dialogue de sourds ! [...]  Rester dans le pour ou contre, c’est prendre en otages les personnes en fin de vie ».

4 commentaires:

  1. La sédation terminale telle que présentée n'est pas un simple endormissement, il s'accompagne non seulement de l'arrêt des traitements, mais également de l'alimentation et de l'hydratation qui sont considérés par ces politiciens comme des traitements, alors que ce ne sont pas des médicaments, mais le minimum pour vivre, comme respirer. A cette allure, respirer sera bientôt un traitement, et on ne fera plus juste mourir de faim et de soif, mais directement par étouffement.
    Sans aller jusque-là, la sédation terminale ici pose problème car on laisse mourir de faim et de soif un patient en l'endormant: c'est de la non assistance à personne en danger (de mort par faim et soif).
    D'ailleurs, est-ce que ce sera une meilleure mort de mourir de faim et de soif dans son sommeil? Je ne sais pas, mais le terme de processus de mort est flou d'une part, et la volonté délibéré de faire mourir la personne fait de cet acte une condamnation à mort par omission d'apporter le minimum vital: la nourriture et l'eau.
    Il n'est pas question de prendre en otage les personnes en fin de vie, il est question de respecter la dignité de ces personnes, de les accompagner dans ce passage de la vie à la mort, et de leur donner ce qu'ils demandent d'abord: d'être considérés comme des personnes, pas comme des déchets qu'on met dans un coin pour s'en débarasser. Il est d'abord question d'écouter la souffrance de ces personnes, pas de les éliminer pour ne plus les entendre.

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    1. La sedation doit durer 6 à 12 heures et seulement pour une personne agonisante. Pas question de laisser quelqu'un mourir de faim et de soif.

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    2. On verra le 10 Décembre lorsque le rapport sortira, mais le fait que le principe se déplace pour aller vers une aide à mourir, c'est changer de paradigme, et c'et donc dangereux.
      Des sédations en fin de vie, ayant pour but de calmer la douleur de ceux qui agonisent, ça existent déjà. C'est fait dans le but de soulager les personnes, pas d’accélérer leur mort. On met le pied sur un terrain glissant et dangereux qui mène droit au gouffre.
      Au nom de cette aide à mourir, on ira très vite beaucoup plus loin puisque le principe change, donc les actions qui en découleront changeront. Si dans un premier temps on aura l'impression que c'est pareil, la base de réflexion sera différente et on assistera dans la pratique à des formes d'euthanasie pour que le délai de 6-12h avant la mort soit respecté en provoquant celle-ci.
      On ne sait pas à l'avance quand quelqu'un va mourir. L'endormir en vue de cette heure hypothétique dans le but qu'elle meurt pendant ce temps-là? Certains vont être endormis à répétition pendant des semaines s'il faut ajouter de nouveaux délais "raisonnables"!
      La sédation en vue de soulager les souffrances lors des dernières heures existe déjà. Celle en vue de provoquer la mort serait institutionnalisé, avec toutes les dérives qu'elle contient (comme arrêter l'alimentation et l'hydratation pour être sûr que la personne meurt bien pendant son sommeil).
      Les détails seront certainement plus clairs le 10 Décembre. Mais s'ils restent flous, l'aide à mourir s'accompagnera de l'arrêt des "traitements", hydratation et alimentation inclues. Aider à mourir, ce sera interprétable comme provoquer la mort. C'est vers cela qu'on va.

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  2. On ne connaît ni le jour ni l'heure sauf dans les moments qui précédent immédiatement la mort et c'est bien de cela qu'il s'agit dans le rapport pour ce qu'on en connaît actuellement.

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