jeudi 28 novembre 2013

Etre chair.



Ces mots assez connotés kto sont ceux qui me viennent à la porte de l’Avent.
Il s’est fait chair, il nous a rejoint dans notre humanité.
Et si pendant l’Avent je me faisais chair.
Etre chair, s’incarner, se dé-numériser.
Etre chair pour être cher, pour avoir du prix pour l’autre.
Etre chair pour être touché par le visage de chair de l’autre et sortir de l’indifférence.

Hadjaj dit qu’il faut préférer le messager au message,  les visages aux idées.
Levinas nous parle de l’éthique qui nait dans le regard de l’autre.
Le Christ s’est incarné pour nous faire apercevoir l’amour sans limite de Dieu pour l’homme.
Son regard d’incarné nous touche par sa miséricorde immense.

L’homme est un être de chair et c’est beau parce que c’est lorsqu’il se voit et voit l’autre ainsi qu’il est capable d’amour, de partage, de pardon.

Alors quoi faire, couper internet ? Non mais faire l’effort sans cesse recommencé de voir derrière l’avatar le visage et la chair de celui qui tweet.
L’éthique du net et de la TV c’est peut être comme cela qu’elle grandira.
Comment rester indifférent devant des images de violence  si je fais l’effort de voir la chair meurtrie derrière l’image.
Comment tweeter sans respect si je m’astreins à voir l’homme ou la femme de chair que je blesse bien réellement  avec mes mots 2.0
S’incarner c’est être homme parmi les hommes. C’est être frères en humanité.


S’incarner c’est savoir aussi que je suis fragile et fini sur cette terre et non pas surpuissant et immortel. Je ne pourrais pas recommencer la partie ici-bas.
S’incarner c’est prendre le risque de la rencontre de soi, de l’autre et de l’Autre, le risque du sens.

La porte de l’Avent est devant moi, je tends ma main et mon regard vers vous  IRL (Incarnés, réels  et lumineux)



En bonus: ce clip qui incarne dans la vie d'aujourd'hui l'incarnation.

mercredi 27 novembre 2013

Joie !



Le pape nous a écrit, j’ai donc lu .

A la première lecture hier, stabilo en main, j’étais ravie de trouver des points qui rejoignent ma conception de l’église. Ravie aussi de certains passages que j’ai pu interprété comme les critiques à ceux qui ne pensent pas ou n’agissent pas comme moi.
Bref, Joie !

Ce matin j’ai relu la lettre et surtout ce que je n’avais pas « stabiloté »
Curieusement, ces passages je les ai lu mais j’ai glissé dessus rapidement comme si cela ne me concernait pas.
Pourtant c’est là que François me parle à moi, là qu’il m’encourage, là que se trouve ma conversion à faire.

J’en profite pour remarquer que ce n’est pas la première fois que je zappe ainsi.
Pas plus tard que dimanche dernier, notre curé nous a proposé d’échanger entre nous sur l’annonce d’Evangile en nous appuyant sur un support préparé en doyenné.
Bonne idée me dis-je puis très rapidement ce papier m’a encombré. Je me suis même dis qu’il m’embêtait le curé avec son évangélisation.  Je l’ai donc rangé au fond de mon sac et sa rédaction a pris place dans mon agenda dans la case « calendes grecques ». Enfin pas tout à fait parce que je sais bien que je vais le faire, mais zut.

Pour en revenir à la lettre du Pape, j’ai bien failli elle aussi la ranger hier soir en essayant d’oublier les zones non « stabilotées ».
Mais ce matin j’ai fais un tour sur twitter et le #EvangeliiGaudium. Beaucoup de personnes qui twettent le lien mais il y a aussi beaucoup de citations du style Sacré François (la tête de carême sans pâques haha ! ) ou du style et vlan dans les dents (y’en a qui ne vont pas aimer tel numéro )
Bref, chacun a « stabiloté » ce qui lui plaisait dans la bonne humeur, la joie même.

Alors, deuxième lecture  ce matin et La question jaillis
Suis-je missionnaire ? Quel est mon témoignage ?
Immédiatement, les trucs que je pense faire « bien » m’arrivent. PapaMAmanEtCinqEnfantsQuiVontALaMesseEtToutEttout
Trop bien ! Je peux passer à autre chose. Ouf ?

Mes yeux accrochent alors une phrase : Accueillir, pardonner et encourager… Facile je fais ça tout le temps non ?
Au-delà de mon cercle douillet… Aie
Les gens que je croise au-delà voient-ils en moi une personne habitée par le Christ ? Hum
Le 128 pique pas mal lui aussi comme le diraient mes enfants.
Il présente la façon quotidienne de porter l’évangile à nos frères.
Cela parait si simple alors pourquoi je ne le fais pas ?
Peur d’être étiquetée Kto de service ? Peur des moqueries ? Peur de ci et de ça.
Bref peur parce que je finalement, je n’ai pas confiance en moi et sans doute pire en Lui ?
Peur plus simplement parce que je refuse d’être convertie moi-même.

Voilà c’est dit.
Cette conversion me fait peur, ça va trop loin, Laissez-moi ronronner avec mon Dieu tranquille.
Le mécanisme du « stabilotage » de hier, c’était cela.
Surtout ne pas se poser les bonnes questions, celles qui te bousculent et t’amènent à changer.
Honnêtement, cette peur est toujours là mais je sais maintenant ce qui coinçait finalement avec le questionnaire du curé.

Plonger dan le grand bain parce que Tu me tiens la main
Dimanche prochain, commence l’Avent, le temps de l’attente qui nous engage à la confiance et l’espérance.
Je vais faire mienne la prière qui clôt l’exhortation papale pendant ce temps pour y trouver la force de la confiance. 
Je vais faire un pas dehors, un petit pas sur le palier pour voir.
Je vais parler évangélisation avec quelques personnes que je connais pour prendre confiance.


Prendre confiance en moi mais surtout toujours plus en Lui et pouvoir un jour (pas trop lointain j’espère) parler de Dieu hors de mon cercle.

Quitter la pataugeoire et plonger dans le grand bain avec Lui.

Merci François pour tes encouragements, j’en ai bien besoin.

Vierge et Mère Marie,
toi qui, mue par l’Esprit,
as accueilli le Verbe de la vie
dans la profondeur de ta foi humble,
totalement abandonnée à l’Éternel,
aide-nous à dire notre “oui”
dans l’urgence, plus que jamais pressante,
de faire retentir la Bonne Nouvelle de Jésus.

Toi, remplie de la présence du Christ,
tu as porté la joie à Jean-Baptiste,
le faisant exulter dans le sein de sa mère.
Toi, tressaillant de joie,
tu as chanté les merveilles du Seigneur.
Toi, qui es restée ferme près de la Croix
avec une foi inébranlable
et a reçu la joyeuse consolation de la résurrection,
tu as réuni les disciples dans l’attente de l’Esprit
afin que naisse l’Église évangélisatrice.

Obtiens-nous maintenant une nouvelle ardeur de ressuscités
pour porter à tous l’Évangile de la vie
qui triomphe de la mort.
Donne-nous la sainte audace de chercher de nouvelles voies
pour que parvienne à tous
le don de la beauté qui ne se ternit pas.

Toi, Vierge de l’écoute et de la contemplation,
mère du bel amour, épouse des noces éternelles,
intercède pour l’Église, dont tu es l’icône très pure,
afin qu’elle ne s’enferme jamais et jamais se s’arrête
dans sa passion pour instaurer le Royaume.

Étoile de la nouvelle évangélisation,
aide-nous à rayonner par le témoignage de la communion,
du service, de la foi ardente et généreuse,
de la justice et de l’amour pour les pauvres,
pour que la joie de l’Évangile
parvienne jusqu’aux confins de la terre
et qu’aucune périphérie ne soit privée de sa lumière.

Mère de l’Évangile vivant,
source de joie pour les petits,
prie pour nous.
Amen. Alléluia !

lundi 25 novembre 2013

Il ne lâche personne


Pas question pour moi de revenir sur l’année LMPT et mon ressenti, la justification à posteriori de mes choix. Je préfère regarder devant.
Mon point de vue se résume ainsi. 
Il y a eu un temps pour  manifester et je l’ai fait non pas pour interdire aux homosexuels le mariage et l’adoption mais parce que je sentais nécessaire de montrer au gouvernement que j’étais prête à bouger et qu’il fallait commencer au plus tôt pour éviter la suite qui pour moi est grave  (Euthanasie, suicide assisté, PMA et GPA). 
Je reste vigilante mais  je pense tout de même que le message est passé.

Quoiqu’il en soit, la loi a été votée démocratiquement, des gens se sont mariés et se marient légalement.

LMPT ou du MPT veulent abolir ou réformer la loi. Cela me semble complètement à côté de la plaque.
Des gens se sont mariés, il faudrait donc les démarier ?  Ce n’est pas sérieux là.

Imaginons que demain la droite revienne aux manettes, je suis sure qu’elle ne reviendra pas sur cette loi. Il faut arrêter de rêver.
Certains (3000 à 6000 ce weekend) continuent à manifester en clamant leur refus de la loi Taubira. Soit.

LMPT veut faire signer une charte aux candidats aux municipales. Le candidat doit s'engager entre autre à réclamer l'abrogation de la loi Taubira… Ils pourront toujours réclamer, cela ne mange pas de pain.


Parallèlement, je viens de lire le questionnaire envoyé par le Pape aux évêques dans l’optique du synode sur la famille.
Sur les unions de personnes du même sexe (point 5), après la question sur l’état du droit dans les pays, ce qui vient immédiatement c’est un questionnement sur  le comportement de l’église envers l’Etat promoteur, les personnes impliquées dans ce type d’union et l’attention pastorale envers eux et leurs enfants.

Faudra t’il répondre que la volonté  des cathos  est  d’abroger des unions validées par un officier d’état civil ?
Le mot « pastorale » renvoie au terme pasteur, celui qui prend soin de son troupeau, celui qui part à la recherche de la brebis égarée. Qui est cette brebis ? Le catho blessé par un choix législatif et qui ne lâchera rien? Le catho homosexuel marié civilement qui souhaitera  le baptême pour son enfant adoptif ?  Les deux selon moi.

On me dira que demander le baptême pour son enfant c’est s’engager à l’éduquer selon l’évangile et la doctrine morale de l’Eglise et que donc cela pose problème.
Pourtant, combien de cathos ne suivent pas complètement cette doctrine ?
Je ne parle pas là des divorcés remariés mais plus simplement du concubinage « ad experiememtum » ou pas d’ailleurs, de la contraception.

Je ne suis pas évêque et je ne suis pas non plus chef pour tous (il y en a déjà trop et ils s’écharpent de façon pas très catho) Mais personnellement, en tant que catéchiste, je reçois les paroles du pape François.*
« Dieu nous précède toujours ! Quand nous pensons aller loin, dans l’extrême périphérie, et que nous avons un peu peur, en réalité, lui s’y trouve déjà : Jésus nous attend dans le cœur de ce frère, dans sa chair blessée, dans sa vie opprimée, dans son âme sans foi. »
Il m’engage à annoncer l’amour sans limites de Dieu et à m’adapter aux circonstances dans lesquelles je dois annoncer l’évangile.
Aujourd’hui, je vais vers ces parents divorcés, concubins qui veulent que Dieu ait sa place dans leurs familles et demain, je ferai de même avec ses couples du même sexe qui voudront pour leurs enfants  le don de la foi.
Tout le monde est en chemin, chacun est à convertir et moi d’abord.

Alors oui, je m’opposerais à la PMA "non médicale", la GPA et l'euthanasie pour qu’elles ne soient pas adoptées si ces questions viennent sur le tapis législatif (vu le bazar actuel, j’ai des doutes)
C’est  mon devoir citoyen d’exprimer mon opinion dans les urnes et même dans la rue et sur bien des sujets et pas seulement celui-ci.
Aux prochaines élections, je vais certainement regarder les propositions des candidats et leur conformité avec ma vision de la société.

Mais oui aussi, une fois la loi votée, une démarche  jusqu’au-boutiste ne me semble pas cohérente avec ma mission de chrétien dans ce monde et ses périphéries. 
Certains me disent "on ne lâche rien". 
Je leur répond: Il ne lâche personne et j'ai du boulot pour le suivre. 

mardi 19 novembre 2013

Ethos, pathos, chronos ?



L’Avent approche à grands pas et je l’attends avec impatience.

Cette année, cure de web et de télé pour me préparer à la venue de l’enfant.
Il n’est pas question de me couper du monde mais de ne me connecter qu’une fois par jour, pour jeter un œil, prendre des nouvelles mais sans me laisser aspirer par les buzz  et les sirènes hurlantes.

Ces derniers jours, je suis au bord de l’indigestion.
Des pelletés d’émotion, d’empathie, de sidération, de l’indignation sont déversées jusqu’à la nausée.
Les médias pataugent dedans, les politiciens se sentent obligés d’en rajouter une couche par manque d’éthos Trop de pathos devient pathétique.
Les poubelles ne sont pas plutôt vidées que l’actualité relance la machine.
Chronos devient fou et nous avec.


Jean Lassalle qui prend le temps (lui) de parcourir la France et de rencontrer les français dresse un constat alarmant.

Les français rejettent les politiques, les médias et tout ce qui représente l’institution en fait.

Ils en ont assez d’être manipulés par « des gens » qui poursuivent des intérêts  qui ne leur semblent pas être le bien commun.

Et si nous revenions au logos ? 
Un discours rationnel logique et argumenté, vrai et sans pathos.
Je ne sais pas si nos « élites » en sont capables et surtout si elles sont conscientes de ce besoin de logos.



Alors, je fais un break et vous encourage à en faire autant.

Si personne ne les écoutent, ils se tairont peut être ou qui sait, ils changeront de registre.


mardi 12 novembre 2013

Les grenouilles qui demandent un roi



Lorsque Athènes florissait sous de justes lois, la liberté, dans ses excès, bouleversa le gouvernement, et la licence rompit ses vieilles entraves. Alors les partis factieux conspirèrent, et Pisistrate, usurpa le pouvoir et la citadelle. Les Athéniens déploraient leur triste esclavage, non que Pisistrate fût cruel, mais parce qu’un joug auquel on n’est pas accoutumé parait toujours pesant. Comme ils se plaignaient, Ésope leur raconta cette fable :


Les Grenouilles, errant en liberté dans leurs marais, prièrent à grands cris Jupiter de leur envoyer un roi dont l’énergie réprimât leurs mœurs déréglées. 
Le père des dieux se mit à rire, et leur jeta un soliveau qui, en tombant tout à coup et bruyamment dans leur étang, épouvanta tout ce peuple timide. 
Comme il restait longtemps enfoncé dans la vase, une Grenouille lève doucement la tête hors de l’eau, examine le monarque, puis appelle ses compagnes. 
Bientôt elles déposent toute crainte ; et toutes de nager à l’envi, et la troupe peu respectueuse de sauter sur le bois immobile. 
Après l’avoir souillé par tous les outrages, elles députèrent vers Jupin, pour lui demander un autre roi, puisque celui qu’il leur avait donné était inutile. 
Il leur envoya une hydre, qui, d’une dent cruelle, les dévora les unes après les autres. 
C’est en vain qu’elles cherchent à se soustraire à la mort ; elles sont sans force, la frayeur étouffe leurs cris. 
Alors elles chargèrent secrètement Mercure de prier Jupiter d’avoir pitié d’elles ; mais le dieu répondit : « Puisque vous n’avez pas voulu garder votre bon roi, il faut maintenant en souffrir un méchant. »
Et vous aussi, ô mes concitoyens, ajouta Ésope, supportez vos maux, de peur qu’il ne vous en arrive de pires.

Voilà … On peut ne pas être content mais il y a des limites. 
S'en prendre aux biens publics, exacerber les mécontentements légitimes ou pas, c'est trop.

Sachons raison garder.

lundi 4 novembre 2013

Non mais !


Je l’ai photographiée pour vous chanceux. La publicité de l’embouteillage matinal.


Premier coup d’œil : Si ma fille faisait cette tête, je pense qu’elle ne serait pas prête de revoir « ses » dessins animés. Non mais !

Deuxième coup d’œil : la concordance des temps est en option sans doute pour faire plus djeune mais de bon matin, cela m’irrite.

Troisième coup d’œil : Si aller voir mémé est moins important que les dessins animés, je plains la grand-mère.

Quatrième coup d’œil : Mais c’est du chantage !  Avec l’emploi des majuscules c’est même une injonction bleuglante. Tu montes dans la voiture pour aller voir ta grand-mère un point c’est tout.

Cinquième coup d’œil : Infinikids. Voilà tout est dit.




En arrivant à destination, je vais donc voir ce site si alléchant







Il est à la hauteur de ses promesses non ?
Céder ! 
Abonner votre enfant, il ne vous saoulera plus. En prime, il ira chez mémé qui n’aura pas besoin de monter le son de son sonotone parce que le marmot sera scotché sur sa tablette et donc en mode communication Off. Sympa la visite chez mémé.

Bref, collez vos enfants devant un écran dès le plus age parce qu’ils vous saoulent. 
Plutôt que de vous en occuper, aidez les à s'anesthésier parce que vous êtes incapable de leur dire non.

Ce billet est un éloge à l‘ennui, le vrai, celui qui permet de réfléchir et de créer.

Si vous faisiez ce cadeau à vos enfants ?