lundi 22 avril 2013

Cohérence



Spinoza disait de la cohérence pure « c'est du délire, c'est du délire abstrait ».
Il est en effet quasiment impossible de mettre parfaitement en accord, ses idées, ses valeurs, sa foi (pour ceux qui croient) avec ses actions et ses paroles.
Si l’adéquation totale est inatteignable, encore faut-il que sa recherche  soit le moteur de nos vies et que nous soyons assez humbles pour reconnaître nos limites sur ce sujet.
Etre un peu cohérent demande des sacrifices auxquels il faut être prêt et le sommes-nous ?
Bien souvent, il est plus simple d’afficher, d’asséner ses valeurs que de les vivre.

On peut s’indigner contre l’individualisme tout en n’étant engagé dans aucune association à titre bénévole et en critiquant éventuellement ceux qui s’engagent.
On peut s’indigner contre la pauvreté en France, en accuser le gouvernement et passer à côté d’une famille qui dort près de sa porte sans rien faire.
On peut crier au scandale lorsqu’un homme politique gruge les impôts et  ne déclarer pas le bénéfice réalisé à la foire au troc.


On peut être indigné par le travail des enfants et acheter un tee-shirt en provenance d’usines d’enfants au Bangladesh.
On peut partager sur Facebook ou twitter une affiche de l’association machintruc et ne pas lui faire de don comme si on avait fait sa part en cliquant.

Bref, nous sommes plus souvent dans la posture de l’accusateur public que de l’ouvrier consciencieux dans le monde.

Je sais bien que l’on ne peut pas s’engager partout et sur tout, mais on peut toujours être un peu plus en cohérence entre ses idées, ses mots et ses actes et il faut prendre le temps de réfléchir à ses propres actes et paroles  avant de s’indigner de ceux des autres.

Et pour ma part ?
 Je ne suis pas mieux que les autres, pas vraiment en cohérence … mais je me soigne

mercredi 17 avril 2013

Manifester encore ?



Je pense que la loi va passer même si j’ai encore un peu d’espoir avec la saisine du CC. 

Alors pourquoi suis-je allé manifester mardi à Versailles et pourquoi j’irai à nouveau dimanche prochain ?

Parce que tant que la loi n’est pas actée, je considère qu’il est normal d’exprimer mon opposition calme, respectueuse des personnes et des biens, respectueuse de la loi mais ferme. 
Je manifeste sans me laisser embringuer dans des actions qui ne me ressemblent pas.
Je manifeste sans colère et avec lucidité car comme le dit Mrg Vingt-Trois « Nous ne devons plus attendre des lois civiles qu'elles défendent notre vision de l'homme ».

Je retiens de son discours surtout ceci : 
« La pointe du combat que nous avons à mener est une conversion permanente pour que nos pratiques soient conformes à ce que nous disons : plus que de dénoncer, il s'agit de s'impliquer positivement dans les actions qui peuvent changer la situation à long terme. 
Alors, l'écart qui doit apparaître entre notre manière de vivre et les conformismes de la société ne pourra pas être perçu comme un jugement pharisien, mais comme un espace d'appel et comme une espérance. »


Et oui, si la loi passe, et même si d’autres lois passent,  il faudra plus que  jamais vivre dans le monde avec nos différences mais des différences qui vont au-delà de la dénonciation sinon nous serons des pharisiens.

Manifester au quotidien l’espérance dans nos actes, nos attitudes au sein de nos familles, dans notre milieu professionnel, dans nos rapports aux autres.  

Vouloir suivre le Christ.
Tous les chrétiens qui manifestent aujourd’hui  portent une grande responsabilité, être au quotidien exemplaires. 

Et attention au syndrome de décompensation post loi.
Nous ne devons pas être des chrétiens tristes, aigris et renfermés car nous sommes porteurs de l'Espérance.

lundi 15 avril 2013

D'une rive à l'autre


Dans deux semaines, je pars en Terre Sainte.

Ce sera mon deuxième voyage. Je m’y suis rendu il y a plus de trente ans et j’ai passé plusieurs années dans les pays limitrophes.

Ma fréquentation de cette région  fut fondatrice pour ma foi, mes valeurs et ma vision du monde.

Cette fois ci je pars via le réseau Barnabé.

Le réseau Barnabé regroupe les ponts à bâtir ou déjà construits entre les écoles catholiques françaises et les écoles latines de terre Sainte qui enseignent le Français.

Là-bas, la langue française est la langue de la culture porteuse de valeurs et d’idées. Elle est  apprise pour s’ouvrir au monde des idées.  Avec le français, ils pensent avoir plus de mots pour dire plus de choses, pour apprendre la nuance.  Le français c’est aussi une nouvelle langue pour pouvoir s’évader à travers la culture et la littérature.
9500 élèves apprennent le français là-bas et pourtant il n’y a pas d’épreuve de français au bac et ils savent que l’anglais leur sera plus utile en cas d’expatriation.

Grace à Barnabé, des professeurs de français viennent en France  (échanges de pratiques avec des enseignants de langues, immersion en classe de langue dans des établissements scolaires en France) et des établissements catholiques mettent en place des jumelages fondés sur l’amitié, l’échange avec pour finalité la rencontre IRL.

Je pars donc pour une semaine mais j’ai déjà reçu un message de Ramallah. 
Des lycéens de 3eme on écrit une petite histoire en français.

« Il était une fois une fille qui trouve dans un parc, un chien blessé …». 
Je vous rassure, l’histoire finie bien.
Je l’ai lu.  
Les tournures de phrases m’ont replongé dans le monde arabe.
Je l’ai lu et j’ai décidé avec les autres participants à notre voyage de mettre des images sur leurs mots.
Des images d’ici.


Pas des clichés de cartes postales,des images de mes enfants, de mon chien, de mon quartier, de mon voisin. 
Des images de la vie d’ici pour illustrer leurs mots. 
Des images pour faire des ponts.



Dans quinze jours, je vais rencontrer  Assar, Lama, Aya, Laith, Hazar, Michel, Jeries, Darlene, Georgette, Nicole, Narmeen, Raneem, Khaled, Yara, Mirelle, Mohammad, Majd, Tereaza, Katia, Michelle,  Ala’a dans leur quotidien à Ramallah.

Dans quinze jours, les visages remplaceront les mots et les photos  et ce sera bien.

vendredi 12 avril 2013

C'est tout...


Il y a deux endroits dans mon bled ou l’on rencontre la misère du monde.  Non je ne parle pas des restos du cœur ni du secours cat mais plutôt des urgences de l’hôpital et du commissariat de police.
Ces endroits, nous n’y allons pas généralement en position du bénévole qui accompagne les plus faibles. 
Nous sommes nous-même en position de faiblesse au milieu d’autres faibles, meurtris, blessés.
Hier c’était le commissariat pour changer.
Je tiens d’abord à vous signaler le gardien de la paix. 
Cela fait 9 ans qu’il fait ce métier.
 Il est bien fatigué mais il a toujours un regard humain sur les victimes mais aussi sur les délinquants.

Devant les visages de suspects qui défilent sur son ordi,  je vois la misère, la colère, le manque d’amour. Des gosses.
A l’accueil, d’autres misères, celles du divorce, de la haine entre voisins… 
Des gosses là aussi.
Et du coup, ma colère, ma haine naissante fait place à ….
De la tristesse, et tout au fond de l’amour pour tous ces gens qui prennent le chemin de travers.
Je veux croire que malgré les détours ils avancent.
Je veux croire et je crois que tout au fond, il ne faudrait pas grand-chose…
De l’amour vrai, c’est tout et pourtant c’est  TOUT.

mardi 9 avril 2013

Oeil pour oeil ...

Tu m’empêches de débattre, 
je t"empêche de débattre

Tu me réveilles, je te réveille

Tu m'insultes, je t'insulte

Tu montres tes seins, je montre mon torse.


Pourtant il disait bien autre chose... 


mercredi 3 avril 2013

Irréprochable et impardonnable



Première faute grave
Avec un peu de recul sur les évènements, j’en arrive à penser que l’affaire Cahuzac était inévitable. Lorsque l’on prétend mettre en place une république irréprochable,  on nie la nature humaine qui n’est pas parfaite. Cette vision déifiée de l’homme qui n’est pas sans rappeler l’idéal franc-maçon, est  une erreur et l’addition est arrivée.
Non, les hommes politiques ne sont pas des saints laïcs, ils sont des hommes ni plus ni moins humains que nous alors j’aimerai qu’ils arrêtent de tenter nous faire croire le contraire et de se prendre pour des hommes dieux.

Deuxième faute grave
Irréprochable, cela signifie : à qui on ne peut adresser aucun reproche parce qu’il n’y a rien à reprocher ce qui est irréaliste.
En fait irréprochable par un glissement sémantique dans la classe politique et les médias revient à dire : A qui il n’est pas permis de faire de reproche.  Parce qu’il ne faut pas salir la république avec des affaires, il vaut mieux les enterrer, serrer les coudes entre frères  de tous bords.

Troisième erreur
Impardonnable ! De mieux en mieux. Depuis quand une telle faute est-elle impardonnable. Depuis quand un homme qui reconnait sa faute, demande pardon et se dit rongé par le remord n’a pas droit au pardon.
Il sera jugé et c’est normal, il sera sanctionné et c’est normal, mais même la justice reconnait qu’un homme jugé qui a effectué sa peine à droit à la réintégration sociale.
Impardonnable peut être d’avoir confessé son erreur qui révèle son humanité, Il est déchu de l’olympe pyramidale.

Arrêtez de vous prendre pour des dieux  et d’essayer de nous le faire croire. Nous nous porterons tous mieux vous et nous. 

Alors moi qui ne suis pas irréprochable, je pourrai pardonner au lieu de crier à l'hallali avec la meute.

mardi 2 avril 2013

Le vendredi saint, c’est tendance.



Vendredi dernier, sur twitter, le hashtag #VendrediSaint était en tête. Cela veut dire que les tweets contenant ce mot étaient les plus nombreux.
Je suis allée voir ces tweets  un peu à reculons m’attendant aux habituels trollages (occupation favorite des pré- pubères attardés).

En fait, l’immense majorité des tweets provenaient de jeunes gens qui expliquaient qu’ils jeûnaient  #VendrediSaint : "Pas de viande", "Vendredi saint c’est acras de morue". "Filet O fish et c’est tout". "On ne doit pas manger de viande"." J’ai mangé de la viande, c’est péché ?"
Bref, des jeunes qui voulaient dire qu’ils appliquaient la tradition du vendredi saint. (Je remarque d’ailleurs le glissement rituel du jeûne de tous le vendredis à celui du Vendredi Saint).

J’ai tout d’abord été agréablement surprise puis j’ai réalisé que sorti de ce rite, il n’y avait pas grand-chose. Ils communiquaient sur le rite du jeûne mais rien sur la mort du Christ pour nous.
Comme une réponse à leurs amis « moi aussi je jeune ».  
D’ailleurs, pour avoir dialogué avec certains, ils voient le jeûne comme un moyen d’obtenir des bons points dans l’au-delà. Un truc qu’il faut respecter sinon c’est péché.
Bref, ils voient leur religion à travers le prisme de l’islam.


Et du coup, je me suis dit, il y a du boulot et j’ai passé une partie de ma journée à dialoguer avec eux sur le message de l’amour de Dieu en ce jour qui est bien plus important que le rite du jeûne.


J’ai répondu aussi à plusieurs jeunes qui ne savaient tout simplement pas ce qu’est le vendredi saint et qui étaient curieux.


En 140 caractères, c’est sportif mais faisable.



J’ai aussi dialogué avec plusieurs  musulmans qui tweetaient sur le vendredi saint « Dieu est celui qui donne, qui enlève et qui décide de tout... » « Dieu est puissant il observe tout ce que l'on fait et entend tout ce qu'on dit. Faut craindre Dieu. »
En 140, je leur ai expliqué que  Dieu est celui qui se donne par amour et qu'il est toujours prêt à pardonner :) 
Ma réponse était un peu planète mars pour eux comme on dit de nos jours mais chacun a pu dans le respect témoigner de sa vision.

Un vendredi de dialogue, respectueux (Si c’est possible ), une goutte d’eau.

Le Pape nous demande de sortir de nos églises pour témoigner de l’amour de Dieu.
J’ai fait une tentative vendredi sur twitter, mais sortir de nos églises c’est bien plus que tweeter.

Et quel que soit le lieu, il faut leur parler de Dieu dans leur langue.