lundi 29 octobre 2012

Expérience du désert.


Hier matin, KT dimanche. 
A notre arrivée, plus de tables, plus de tableau, plus de chauffage dans la salle.

La paroisse profite des vacances pour faire des travaux de rénovation dans les salles de réunion qui en ont bien besoin.

Le sujet du jour est: 

« le Désert » là où Dieu parle, là où on apprend la confiance, Là on on se prépare à vivre libre, sans esclavage.

Un signe ?



Nous voilà donc avec notre équipe, installés en rond sur des chaises dépliées rapidement dans cette salle qui résonne à cause du vide.
En fin de séance, je propose aux enfants de choisir une page de leur livre. Chacun la sienne. Puis de lire à haute voix tous en même temps.
Expérience  réussie. Personne n’entend l’autre et personne ne comprend ce qu’il lit lui-même.

Alors nous rangeons les chaises, et assis par terre dans cette grande salle vide, yeux fermés nous écoutons la prière de Charles de Foucault dans le silence.

Mon Père,
Je m'abandonne à toi,
fais de moi ce qu'il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout, j'accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon cœur,
parce que je t'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.


Voilà, Il est là parmi nous. 

Nous le sentons et nous nous abandonnons à Lui dans le silence.

Ya des jours comme ça.

jeudi 25 octobre 2012

Quand on cherche, on trouve



Depuis un bon moment, je veux parler des français de culte musulman et j’avoue ne pas trop savoir par quel bout commencer tant l’actualité les place à la une et souvent sous un angle pas très positif.
Et là, je pense avoir trouvé. 
Je sais que tout le monde ne sera pas d’accord avec moi mais j’espère que vous prendrez le temps de me lire, de tenter de comprendre mes arguments et que vous aurez l’obligeance si vous n’êtes pas d’accord de ne pas transformer mon blog en littérature haineuse*

Donc, le Figaro se pose la question suivante : Islam première religion de France ?

Tremblez bourgeois, lecteurs du Figaro, demain vous ne serez plus chez vous.
En lisant l’article, on apprend que la pratique augmente chez les jeunes musulmans et dépasse largement celle des jeunes catholiques.
Ça fait peur !
Dehors donc tous ces jeunes qui veulent avoir une vie spirituelle et qui n’adorent pas le veau d’or avant Dieu.
Dehors ces jeunes qui lâchent leurs ordi, Facebook et autres divertissements pour aller prier une fois par semaine.

Le Figaro du même jour nous indique aussi que l'image de l'islam se dégrade fortement en France.
68 % des sondés pensent que les musulmans refusent de s’intégrer à la société française.

Là je ferai deux réflexions.
Lorsque  43 % des sondés considèrent l'islam comme une «menace», et seulement 18% des sondés sont pour la construction de mosquées, on est en droit de se demander si ceux sont eux qui refusent ou nous.

Lorsque d’autre part, la société que nous leur proposons est celle du Dieu argent, de l’individualisme, du relativisme et du refus du réel, faut-il s’étonner qu’ils la refusent ? Cela me choque bien moi la catho pratiquante.


En fait, plus que le rejet de l’islam, c’est le refus de l’image de nous-même qu’il nous renvoie qui nous hérisse.



Nous hurlons à la négation des droits de la femme par des arriérés qui s’habillent en djellaba, portent la barbe et voilent leurs femmes mais ne sommes-nous pas  aussi choqué aussi par la posture humble qu’ils adoptent quand nous sommes nous dans le paraître et la surenchère vestimentaire.
Nous hurlons lorsqu’ils prient et souhaitent avoir des lieux pour cela mais ne sommes-nous pas là aussi renvoyé à notre propre abandon de la pratique religieuse.

Nous acceptons les musulmans  s’ils ne le sont pas trop, comme nous quoi, un vernis discret mais pas plus. Il faut être moderne, adorer les idoles et laisser Dieu chez soi lorsque l’on sort.

Oui, il y a des terroristes musulmans, oui  le printemps arabe est le printemps de l’islam mais oui aussi nous l’avons bien cherché en offrant à ces gens une société qui marche sur la tête basée sur l’argent, l’individualisme et un progrès qui n’en est pas toujours un.

Quand on cherche, on trouve.

Au lieu d’avoir peur, changeons.



*Je vous préviens tout de suite. Je censurerai tout ce que je considérerai comme un débordement  Je suis chez moi dans mon blog, je vous ouvre grand la porte mais si vous n’essuyez pas vos pieds et ne prenez pas de patins, je vire.

mercredi 24 octobre 2012

On est jamais assez méfiant



54 % des personnes interrogées par le Credoc pensent « qu'on n'est jamais assez méfiant » dans ses relations avec les autres.
Il suffit de regarder autour de soi pour s’en convaincre.  Peur du rom, du beur, du facho, du gaucho, du monde, de l’autre.
Les causes habituellement énoncées sont la crise, la mondialisation, la montée des extrémismes, l’individualisme.


DAVID TIPLING / THE IMAGE BANK / GETTY IMAGES

Mais au-delà du constat, on fait quoi ?





On se laisse emporter par la vague ou on réagi ?



Mon analyse est la suivante :

Nous sommes méfiants parce que nous passons notre temps à nous agresser verbalement et même parfois physiquement et cela publiquement.


Auparavant, lorsque nous n’étions pas d’accord avec quelqu’un et même si ce désaccord allait très loin, il n’impactait que les protagonistes et le cercle de leurs proches.
Mais aujourd’hui, tout le monde en profite via les réseaux et les médias.  
Et la surenchère est de mise pour avoir peut être la chance d’être  RT (retweeté) ou encore mieux repris dans un média ou plus simplement pour clouer le bec à l’autre à n’importe quel prix.
Chacun se transforme en troll très rapidement. Il n’y a pas débat mais escalade d’invectives jusque et même au-delà du fameux point Godwin*.
Les plus jeunes sont souvent très virulents et lorsque l’on voit les échanges de leurs pères (et de leurs mères), on comprend pourquoi.

Alors que faire ? 

Prôner la modération dans les propos. J’en ai personnellement plus qu’assez des discours tranchés et péremptoires sur tous les sujets même s’il m’arrive de tomber dans ce travers aussi. Chacun étant sur de détenir la vérité vraie ou comme on dit chez les cathos « la vraie croix ». Ne pas permettre et ne pas se permettre des dérives de langage. Et cela ne veut pas dire ne plus débattre bien sur.

Prôner la réflexion. C’est-à-dire se documenter sur un sujet et  pas dans les médias uniquement avant de se positionner. Et même après cela, être ouvert aux arguments des autres et capable éventuellement  lors d’un débat de reconnaître que l’accord n’est pas possible sans « excommunier » l’autre.

Partir du principe que si quelqu’un n’est pas d’accord avec moi, ce n’est ni un con, ni un ultrajenesaisquoi  ou un moudugenou.

Nous sommes aussi méfiants parce que nous ne comprenons rien aux bouleversements du monde actuel et que personne ne semble capable de nous les expliquer et de nous indiquer la voie pour en sortir.

Alors, nous nous réfugions dans des idées simplistes mais compréhensibles, recroquevillés, méfiants et parfois même prêts à en découdre.

Pire encore, on nous demande même de donner notre avis !
Je voyais il y a quelques jours un sondage qui portait sur la question du lien entre emprisonnement et récidive. Je me disais alors que j’étais bien chanceuse de ne pas avoir été interrogée car j’avoue ne pas connaitre la réponse.  Et pourtant, je pense que dans la joie orgueilleuse et stupide d’être dans le panel représentatif, j’aurai répondu. J’aurai donné la réponse qui m’aurait semblé être la bonne sans aucune expertise sur le sujet et je me serai même convaincu que je détenais la vérité sur le sujet.
Dans la foulée, les résultats de ces sondages sont utilisés pour soutenir des points de vue qui deviennent ainsi « paroles d’évangile » et arguments imparables dans toute discussion.

Bref, perdus dans la tourmente, sommés de donner notre avis, insultés quand nous le donnons, nous sommes méfiants.

La seule solution, en être conscient et se battre contre nous même parce l’accueil et la rencontre sont  nécessaires à l’homme pour son épanouissement (traduction libre en langage laïc de  « chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait ».)

Et surtout donner cet exemple à nos enfants qui nous regardent et apprennent de nous.

* Un exemple:  le Tweet de Philippe Loheac  Délégué général de l'admd " En 36 il y avait aussi du monde pour défiler contre les Juifs de France. #Unpapaunemaman ou la haine dans la rue"

lundi 22 octobre 2012

Quand même


Ceux qui me connaissent savent que ces derniers jours,  ce n’est pas la forme et qu’une fois de plus, mon cœur et mes yeux sont tournés vers le Liban.
Mais après la sidération et la sensation de déjà vécu vendredi, après l’angoisse pesante du weekend, il faut réagir.
Les libanais m’ont appris une chose durant les années passées à leurs côtés : 
« Quand même » 
Le mal frappe, il faut que le bien gagne quand même.
La peur monte, il faut trouver le courage de vivre « normalement ».
La colère envahit les cœurs, il faut agir pour qu'elle laisse place à l’espoir.
L’extrémisme gronde, il faut le faire taire.
L’abattement s’insinue, il faut s’accrocher à l’énergie qui reste.
Quand même.

Alors ce matin, j’ai choisi de voir les « Quand même » qui sont nés une fois de plus au milieu de la barbarie et de vous parler de ce qu’on ne dit pas à télé parce que le sang fait "la une" mais pas les fleurs .

Le jour du drame de Achrafieh,  comme d’ailleurs à chaque fois que le mal fait couler le sang innocent, des gens anonymes se sont transformés en ambulanciers. Sans réfléchir, ils ont chargés des blessés dans leurs propres voitures pour les transporter à l’hôpital. 
Dans le drame, le mot frère prend tout son sens et dans l’urgence, le meilleur de l’homme se libère.

Dès le lendemain, les cœurs se sont tournés vers les victimes de l’attentat.

Des victimes innocentes qui ont des noms, des enfants comme Georgette, fauchée  sur le trottoir alors qu’elle rentrait chez elle pour nourrir ces trois enfants.
Des familles à la rue parce que leurs appartements ont été détruits.
La solidarité s’est organisée parmi les anonymes, spontanément, sans tambours ni trompette. « Achrafieh for all » , créé dès le samedi collecte des fonds et des biens pour les victimes.



Dans la foulée,  le "Club de Musique de l'USJ", en partenariat avec «Jeunes Pour un Monde Un i » (Focolari), organise un concert jeudi pour collecter des fonds.

Ces jeunes font briller la lumière de l’unité et de la paix à l’heure ou d’autres s’agitent dans les rues en se laissant entraîner dans la violence, la colère et la discorde.

Certes, il faudra que les barbares soient punis, mais le mal gagne lorsque l'on lui répond par le mal.

Le bien, quand même. 

vendredi 19 octobre 2012

T'as vu la vierge?


Quelqu’un a trouvé une idée miraculeuse : la crème de Lourdes

Encore mieux que l’eau de Lourdes, le nec plus ultra : la crème.

Et je cite :
La Crème de Lourdes est un concept cosmétique à base de cette eau de source de la grotte de Lourdes dont les vertus thérapeutiques essentiellement d'essence religieuse  ont participé, à plusieurs reprises, à des évènements miraculeux non encore expliqués par la science : 68 miracles authentifiés à ce jour  et ont la propriété de pouvoir aider à guérir l'âme aussi bien que le corps.
Plus besoin d’aller en pèlerinage puisque cette crème est disponible sur le net 
Se déplacer à Lourdes est même idiot puisque  « la pluralité mais aussi la similitude des étals des magasins de souvenirs lourdais ne permettent aux visiteurs de s'emparer de ce produit unique et rare.  Il est introuvable à côté des chapelets de lourdes, des bouteilles d'eau de Lourdes, des médailles, des gourdes bidon, des canes de Lourdes, des statues de la Vierge Marie Immaculée Conception, des textiles de Lourdes, des anges de Lourdes, des bénitiers de Lourdes, des bonbons de Lourdes, des bougies de Lourdes, des bracelets de Lourdes, des crèches de Lourdes, des crucifix de Lourdes, des images de Lourdes, des CD et DVD de Lourdes, des porte-clés de Lourdes, des vaisselles de Lourdes, des plaquettes de Lourdes, des médailles de Lourdes, des linges de maison de Lourdes, des répliques de la grotte de Lourdes, des coffrets cadeau de Lourdes, des porte-monnaies de Lourdes, des croix de Lourdes »

Il est là à portée d’un clic et nul par ailleurs.

Et moi je dis Miracle !

Une bannière reprenant les symboles zen (galets empilés, bambou, symbole peace and love et colombe) La célèbre phrase « Venez boire à la source et vous y laver » en fait un peu revue, par erreur ou cynisme en « Venez boire à la source et vous y l’avez »
Et dessous, des produits « certifiés fabriqués en France » et labélisés 2011 par je ne sais qui et bio aussi.
Des savons, bougies, crèmes et huiles essentielles et même des draps de bain et peignoirs.

Bref, le kit complet à acheter pour avoir Lourdes dans sa salle de bain.

http://www.cremedelourdes.com/savon_de_lourdes_cosmetique_de_lourdes/index.html


Bon vous me direz que ceux qui achètent des bouteilles d’eau en forme de Vierge à Lourdes  pour les ramener à leurs amis font la même démarche que ceux qui vont acheter ces fameuses crèmes et savons.
Et oui…

Mais ce pourvoyeur de grâces saponifiées est fort, car il s’est adapté  au marché. Il vend sur internet.

Et histoire de rire deux minutes, allez donc voir sa pagefacebook, il y a plein de gens qui aiment.
Ce génie a réussi a dépasser les 5000 amis et pas des moindres. Encore un miracle :)

Et là devant votre regard ébahi je reprend une phrase de ma fille: 
Qu'est ce qu'il t'arrive, t'as vu la Vierge?

lundi 15 octobre 2012

L'arbre de Jonas pourquoi ?


Aujourd’hui, l’évangile du signe de Jonas, me donne l’occasion de répondre à la question que vous me posez souvent, lecteurs de mon blog : Pourquoi Jonastree ?
J’ai un faible pour ce petit prophète sans doute parce que je me reconnais dans ses défauts et ses faiblesses.
J’aurai pu retenir de son histoire, la baleine, ou la tempête tant il est vrai que pour de nombreuses personnes, Jonas c’est surtout le symbole inégalé  du porte poisse.
 A propos de cette partie de l’histoire de Jonas, je vous engage à la relire et vous découvrirez peut être si n’était pas déjà fait, que Jonas a été jeté à l‘eau par les marins à sa demande. A ce moment, il est plutôt sympa Jonas, il sait qu’il est la cause la colère de Dieu et il ne veut pas que par sa faute, les marins innocents périssent.
J’aurai donc pu appeler mon blog « JonasWhale » au risque de passer moi-même pour une baleine. (mis au gout du jour, il faudrait plutôt parler de thon ) mais ce n’est pas la partie que je préfère dans son épopée .

J’aurai pu en me référant à l’évangile retenir comme titre « le signe de Jonas ». Certes,  cette annonce prophétique de la venue du Christ  est le thème préféré des chrétiens quand on parle de Jonas et le décodage du titre de mon blog aurait été aisé pour eux.

Mais, j’ai choisi une partie moins célèbre du livre. L’histoire de l’arbre qui est pour moi, The masterpiece.
Je vous plante le décor.
Jonas le râleur, a tenté d’échapper à la mission que Dieu lui avait donnée : annoncer à Ninive que Dieu est au courant de sa méchanceté. Après réflexion (trois jours dans une baleine ça calme) il se décide à suivre les divines consignes et parcourt la ville en annonçant que faute de conversion sous quarante jours, ça va chauffer.
Finalement, il est assez content de cette mission. Faire trembler les foules, annoncer la destruction à ces païens.  Ils vont voir ce qu’ils vont voir et c’est moi Jonas qui tiens l’allumette hé hé.  Attention ça va faire boum !
Et… ces paiens l’ont écouté.  A qui se fier vraiment.  Ce n’est pas du jeu. Pas de destruction ? Il passe pour un mickey  dans l’histoire.

Donc, au moment du passage sur l’arbre, il est très vexé Jonas, blessé dans son orgueil.  Il remâche sa colère. Il va s’installer pas trop loin de la ville au cas où Dieu finalement  au bout des quarante jours changerait d’avis et mettrait sa menace à exécution. Il pense même qu’il vaut mieux mourir que de subir une telle humiliation.
Ce Jonas-là, je me reconnais en lui et ce n’est pas facile à assumer. Orgueilleuse, ne comprenant rien à la miséricorde divine et râleuse impénitente.

Nous y sommes, c’est mon passage préféré  « alors Yahvé prépara un Kikajon qui grandit au-dessus de Jonas, afin de lui donner de l’ombre et de le délivrer ainsi de son mal ».
Cet arbre,  il m’a touché en plein cœur.  
Cet arbre préparé par Dieu, le Christ en croix qui prend le mal sur lui et nous en libère. J’ai tout de suite pensé à ce cèdre sculpté  que j’ai croisé dans la forêt qui surplombe la vallée sainte du Liban. Vous savez, celui qui me sert d’avatar.

Comme Jonas, je profite de son ombre. Et bien contente de cette grâce personnelle, je me complais dans ses bras rien que pour moi. Cette miséricorde que Dieu m’offre gratuitement, je la garde bien souvent jalousement au lieu de me réjouir qu’elle soit universelle et de l’annoncer au monde.

Alors cet arbre je l’ai planté dans mon blog comme un rappel vigilant, pour ne pas « faire mon Jonas » trop souvent, pour me souvenir de mes faiblesses, orgueil, jalousie, égocentrisme  et pour dans le même temps, lorsque je tombe, pouvoir lever les yeux vers cet arbre consolateur.



Ps: Pourquoi en Anglais? pas pour faire ma maline mais pour éviter la confusion avec un livre du même titre qui n'a rien avoir avec mon blog.

jeudi 11 octobre 2012

Soyons saints



Le synode sur la nouvelle évangélisation passe assez inaperçu, concentrés comme nous le sommes sur l’actualité française.
Et pourtant, il est bon d’y jeter plus qu’un coup d’œil et tout particulièrement à cause de notre actualité.
Les discours des différents évêques sont des mines de réflexions pour le temps présent. Vous pouvez les suivre ici en live.
Ce que j’en retiens pour l’instant se résume en un mot : Exemple de vie.

Exemple de vie ? Ils placent la barre haute nos évêques !  

« L’ Évangile peut être prêché à des estomacs vides, seulement si l’estomac de celui qui prêche est aussi vide que celui de ses paroissiens. »  Mgr Socrates Villegas

« Le chrétien ne doit jamais être tiède. L'Apocalypse nous dit que c'est le plus grand danger du chrétien : qu'il ne dise pas non, mais un oui très tiède. Cette tiédeur discrédite vraiment le christianisme. La foi doit devenir en nous une flamme d'amour, une flamme qui incendie ce que je suis et devienne la grande passion de mon être, et qui incendie mon prochain. »Benoit XVI

Plutôt que de regarder avec arrogance nos contemporains comme d’orgueilleux dépositaires de la vraie Croix, interrogeons-nous sur l’image que nous donnons en tant que témoins du Christ.

Humilité, honnêteté,  soutien du frère, joie intérieure et même extérieure, espérance, Sommes-nous tout ça ?

L’évangélisation a besoin de saints. 

Sans conversion du semeur,  le grain ne germe pas.

Alors bien sûr, nous ne sommes pas tous des Saint François.

Mais faisons nous au moins de la sainteté notre objectif de vie, le sens de notre chemin ?

Tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit par et pour le Christ, nous dis Benoit XVI lors de la messe d’ouverture de l’année de la foi.

Alors  si dans notre monde sécularisé, on peut être découragé ou même pire révolté et prêt à en découdre, ses tendances ne sont-elles pas seulement fondées sur un manque de foi ?


Fait grandir en nous la foi que nous soyons saints.

mardi 9 octobre 2012

Nous sommes en train de rater le train !



Cette semaine, de nombreux sujets de société  sur lesquels lobbies de tout genre,  scientifiques ou pas nous assènent des vérités vraies, sont subitement beaucoup moins aussi limpides qu’ils nous le disent.

Une petite revue de la semaine s‘impose 

Nous sommes en train de rater le train !
Commençons par  le droit de garde des enfants : tout le monde sait, la garde alternée est une bonne chose.
D’ailleurs tous les parents divorcés sont plus ou moins sommés d’y souscrire sous peine de passer pour des parents indignes qui abandonnent leurs enfants. Ce sont bien souvent les pères qui sont regardés de travers s’ils ne la demandent pas.


On nous a expliqué que l’enfant a  besoin de son père et de sa mère pour son développement et c’est vrai.
Ce que l’on ne nous a pas dit mais finalement avait on besoin de nous le dire, c’est qu’il a besoin de son père et de sa mère ensemble et pas en alternance.
Bref, comme ce n’est pas possible dans les couples divorcés,il est préconisé maintenant de limiter la garde alternée aux enfants et non aux bébés et uniquement dans les cas de bonne entente entre les parents. 
Il aura fallu une génération de cobayes  pour que l’on se rappelle que l’enfant a droit à une vie stable même lorsque les parents rompent la stabilité familiale. Mais bon, faut pas arrêter le train .

Deuxième sujet de la semaine : la recherche sur les embryons 
Une proposition de loi vient d’être adoptée au sénat pour assouplir les conditions d’utilisation des embryons par la recherche. On nous explique que la France est en retard, que d’autres pays prennent une avance immense en n’étant pas entravés légalement sur ce sujet.
Nous sommes en train de sacrifier la science française sur l’autel de l’éthique disent-ils.
Lundi, le prix Nobel de médecine qui récompense les avancées notoires en matière de recherche médicale a été décernée à un japonais qui a eu l’idée bizarre de chercher une solution pour faire de la recherche sur les cellules souches sans utiliser d’embryons. 
Quel réac non ?

Troisième sujet : le mariage entre personnes du même sexe.
Là encore, on nous explique que les enfants seront très bien dans ces couples.
Toute position contraire sur le sujet est classée dans  l’infamant rayon de l’homophobie ringarde et rétrograde.
Pourtant, les prises de position de psychologues se succèdent et plaident pour la prudence en ce qui concerne l’adoption par des couples de personnes de même sexe en raison de fragilisation des enfants.
Pourtant, plusieurs responsables d’associations d’adoption internationales alertent sur le fait que cette loi entraînera la fin des accords d’adoption pour les familles françaises quelles qu’elles soient.
Pourtant, des exemples à l’étranger font froid dans le dos comme cette femme qui demande la déchéance des droits du père de son enfant au profit de sa compagne. 
Et je ne vous parle pas des réticences profondes de toutes les religions parce ça c’est vraiment très réac.

Les donneurs de leçons, les tenants des vérités vraies ont pris une voie de garage alors qu’ils accusent les autres de refuser de monter dans le train du progrès.

Donc, le prochain qui me dira que nous sommes en train de rater le train, je lui répondrais qu'il vaut mieux ne pas monter dans  un train qui va dérailler.

Et pendant ce temps, la décroissance nous guette, la Syrie est à feu et à sang, le Nigéria sombre aussi et il y a 870 millions d'affamés dans le monde.

Utilisons nos forces pour promouvoir la vie et la paix au lieu de masquer notre "impuissance" derrière ces soi-disant avancées qui font reculer.


lundi 8 octobre 2012

Juste subir.


Hier, j’ai dû me rendre à l’hôpital de la ville voisine.
Un dimanche pas trop pluvieux mais  des rues désertes en ce début d’après-midi.
Il faut dire que c’était l’heure de la sieste pour de nombreuses personnes et que franchement, j’en aurais bien fait autant.
Je roulais donc calmement dans un quartier endormi.
Je le connais bien ce quartier, j’y allais au collège avant les célèbres Jamel, Omar et Anelka.
C’était alors un ensemble de barres de HLM autour d’un centre commercial miteux et d’une « aire » de marché boueuse.

Le temps a passé, les barres les plus hautes sont tombées, les autres ont été réhabilitées.
Le centre marchand ferait pâlir d’envie bien des personnes et la zone du marché a été plus que viabilisée.

Le centre commercial
Bref, un quartier qui n’est plus une cité. 
Mais est il pour autant un quartier populaire où il fait bon vivre ?

Je le pensais quand un quad a déboulé et fait hurler son moteur.

Les vrombissements ont percuté les immeubles et rebondi sur les façades.
Seul dans les rues, le conducteur mettait la gomme.  

Rue après rue, systématiquement, il quadrillait la zone accélérant dans les lignes droites. Un pâté d’immeuble après l’autre.

Une fois arrivée à l’hôpital, j’attendais (c’est le principe premier des urgences).
J’avais prévu le coup et j’étais muni de mots croisés et autres artifices pour tuer le temps.
Même dans l’hôpital, les rugissements du quad étaient plus qu’audibles.

Alors, je suis sortie sur le perron et j’ai regardé les immeubles autour de moi.

Les derniers grands immeubles vus de l’hôpital
J’étais triste pour leurs habitants, certainement fatigués par une semaine de métro boulot.

J’étais triste pour les malades certainement dérangés par ce vacarme et bien incapables de s’en abstraire.

J’étais triste pour le conducteur de quad qui faisait passer son ivresse de bruit ostentatoire avant tout et tous.




J’étais triste parce qu’en sortant de l’hôpital, j'ai rejoins, moi, mon îlot résidentiel calme et ouaté où chacun respecte le repos des autres et où la police serait intervenue immédiatement pour tapage.

J’étais triste et je le suis encore en ce lundi matin en pensant à ces pères et mère de famille qui attaquent une nouvelle semaine de banlieusard, déjà fatigués et encore plus résignés que la semaine dernière.

Ma ptite prière du jour est pour eux.

mardi 2 octobre 2012

lundi 1 octobre 2012

Appel à témoignage


J’ai visionné l’interview de Mélanie «(Diams) et j’ai été frappée par une de ses phrases : "Les musulmans, leur spiritualité,  je la voyais (ramadan etc.) et je ne voyais pas trop celle des autres".
Et toc ! dans les dents !
Certes, le catho n’est pas très démonstratif .
Pas de jeune ni de prière ostensibles. Les textes nous appellent plutôt à un jeune secret et à nous retirer pour prier.
Mais cette pratique invisible des hommes nous permet-elle de témoigner de notre foi ?
Je pense vraiment que le témoignage de foi est ailleurs que dans les démonstrations, qui d'ailleurs sont parfois tout, sauf des témoignages de foi.
Je pense qu'il est possible d’être visible sans être démonstratif.

Mais dans le même temps, je me demande si nous cathos, n’avons pas intériorisé les objections modernes à la religion. 
Déformant le concept de laïcité, nous craignons de faire du prosélytisme et acceptons peureusement   de faire de  la foi une affaire privée, intime, dont on ne parle pas dans la sphère publique.

Loin de moi l’idée de brandir ma religion comme un étendard mais j’aimerai par exemple que nous soyons capables de dire à quelqu’un que l’on va prier pour lui s’il est d’accord.

J’aimerai que nous soyons capables d’oser dire autour de la machine à café le lundi, que pendant le weekend nous avons eu un temps spirituel entre les courses, les devoirs le footing et  la télé.  Si, si c’est possible.

J’aimerai que humblement et sans en tirer ni gloire ni honte, nous parlions autour de nous de ce qui nous fait vivre : l’amour de Dieu.

J’aimerai que notre parole de catho ne s’arrête pas à un discours sur les valeurs et la morale mais  qu’elle se déploie au-delà dans des mots et des gestes qui parlent de Dieu à notre entourage qui l’a oublié.

J’aimerai, que demain, une autre Mélanie témoigne de sa conversion au Christ parce qu’elle a croisé sur sa route des personnes  qui  confessent le Christ devant les hommes en pensée, en parole et en action.


Et la petite question qui tue pour finir :
Peut-être n’osons nous pas professer notre foi parce qu’au fond, nous ne la vivons pas assez et que nous n’avons pas envie d’en vivre vraiment … et que c’est trop dur, et que ça fait peur ?
Peut être que cela nous parait insurmontable parce que nous comptons uniquement sur nos propres forces ?



Viens à notre aide, que nous n’ayons plus peur, que nous ayons confiance pour oser témoigner de ton Amour.



Ps: Mélanie, que Dieu te garde dans son Amour.

Ps2: Tiens, justement Koz nous professe sa foi : http://www.koztoujours.fr/?p=14659&fb_comment_id=fbc_377000132376462_65209206_377002825709526

PS3: Intention de prière de BenoitXVI pour octobre 2012: "Prions le développement et le progrès de la Nouvelle Évangélisation dans les pays d'ancienne tradition chrétienne".