mardi 31 janvier 2012

Notre Père



Notre Père qui es aux cieux
Jésus dit mon père en parlant de Dieu. « Nous disons notre Père car il n’est notre Père que lorsque nous formons ensemble le Christ unique, en qui et par qui seulement nous avons le pouvoir et le droit de dire 'Père', parce qu’en lui et par lui seulement, nous sommes 'enfants' » Benoit XVI Frères en Christ
Qui es aux cieux. Ici-bas, nous sommes en devenir d’être fils de Dieu. On dit qu’on le devient par le baptême. On le devient, mais ce devenir ne s’arrête pas au baptême. C’est un long cheminement, qui s’achèvera à notre retour auprès du Père. Là, oui, nous serons véritablement Fils aux cieux, du Père des cieux.

Que ton nom soit sanctifié
Le nom de Dieu: « celui qui est » dévoilé à Moïse  et prononcé une fois par an par le grand prêtre dans le saint des saints du temple est sanctifié lorsque nous demandons à devenir, en Eglise, le véritable Temple (le corps du Christ) où demeure le Saint Nom, et où le véritable Grand Prêtre, Jésus Christ, qui vient habiter en nous, peut le prononcer.

Que ton règne vienne
Le Royaume de Dieu est avant nous. Il s’est approché dans le Verbe incarné, il est annoncé à travers tout l’Evangile, il est venu dans la mort et la Résurrection du Christ.  Nous attendons la venue finale du Règne de Dieu par le retour du Christ (Tt 2, 13). Cette prière doit être active car « heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, le royaume des cieux est à eux ».

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Sur la terre comme elle l’est déjà au ciel.  Mets nous en disposition d’accueillir ta volonté, de recevoir d’en haut ce qui va nous régler. Et cela n’est possible que parce que nous sommes libres de conformer ou non notre volonté à celle de Dieu

Fin de la première partie
La première vague nous porte vers Lui, pour Lui : ton Nom, ton Règne, ta Volonté ! C’est le propre de l’amour que de penser d’abord à Celui que nous aimons.
Dans la seconde partie, nos demandes concernent notre vie, comme telle, soit pour la nourrir, soit pour la guérir du péché.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Le pain matériel mais surtout spirituel: ta parole, ton eucharistie,  dans la quantité dont nous avons besoin ce jour, comme la manne. Nous te faisons confiance pour nous rassasier.

Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Nous ne cessons de pécher, de nous détourner de Dieu. Nous revenons à lui, comme l’enfant prodigue (Lc 15, 11-32), et nous nous reconnaissons pécheurs, devant lui. Ton pardon n’est pas à la mesure de mon propre pardon à ceux qui m’ont offensé. Ton pardon est à la mesure de ma demande de pardon.

Troisième partie
Les deux dernières demandes concernent le combat même de la prière contre le Mal

Ne nous soumets pas à la tentation
Ne nous laisse pas entrer en tentation, c’est-à-dire acquiescer au mal.
" Aucune tentation ne vous est survenue, qui passât la mesure humaine. Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter " 
Nous te demandons par la prière d’être à notre côté dans ce combat. Jésus le dira lui-même à ses disciples peu avant sa passion : « priez pour ne pas entrer en Tentation ».

Mais délivre-nous du mal
Délivre-nous du prince du Monde, de Satan. De cet ange déchu qui veut nous entrainer dans sa chute par son discours séduisant.
Il y a, d’une part, les puissances du marché, du trafic d’armes, du trafic de drogue, du trafic d’êtres humains, puissances qui pèsent sur le monde et qui jettent l’humanité dans des contraintes auxquelles on ne peut résister. Aujourd’hui aussi, il y a, l’idéologie de la réussite, du bien-être, qui nous dit : Dieu n’est qu’une fiction, il ne fait que nous prendre du temps et il nous fait perdre l’appétit de vivre. Ne te soucie pas de lui ! Cherche seulement à jouir de la vie autant que tu peux. (Benoit XVI, Jésus de Nazareth)

Par cette prière
Nous nous laissons adopter tous ensemble par Dieu en priant « Notre Père qui es aux cieux ».
Nous nous laissons sanctifier, par la gloire de son Nom qui vient habiter en nous.
Nous nous abandonnons totalement à cette présence de Dieu afin de ne plus être soumis qu’à sa seule règle, et être ceints de la Vérité.
Dans cette obéissance nous relevons le défi de la volonté libre, de l’agir responsable, et portons la cuirasse de la justice.
Parce que nous ne pouvons pas vivre seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, nous chaussons avec cette prière le zèle à annoncer l’évangile.
Nous nous confions à la miséricorde de Dieu, et armés du bouclier de la foi,
Nous le suivons avec confiance et courage jusque dans l’épreuve ;
Pour qu’enfin, avec le Christ-chef et le glaive de l’Esprit, nous sachions discerner le mal et l’affronter.
C’est tout pour nous. Le Seigneur fait tout le reste. 
Amen, que cela se fasse


Merci au Saint Père, au Père Christian Dioré et à Pneumatis  qui  par leurs écrits dont j'ai repris certains passages, ont alimenté ma méditation.

mercredi 25 janvier 2012

Petit manuel de silence et parole à l’usage des tweeters et autres parleurs du web dont je fais partie





J’ai réalisé aujourd’hui, la chance que j’avais de pouvoir faire entendre ma parole au-delà de mon cercle de connaissances. Au mieux elle est lue, au pire elle ne l’est pas, mais dans tous les cas, elle est possible et personne ne peut m’interrompre tant que je n’ai pas fini ma phrase (na !). A mi-chemin entre le débat IRL et l’échange  épistolaire, les réseaux sociaux sont une chance.
Une chance en effet dont  il me faut faire plus qu’en profiter.  En profiter, ce serait parler de tout et de rien (3615 mylife comme disent mes enfant), ou « troller » (une façon de couper la parole sur le net). Et pour cela, j’ai une autre chance: le silence. Le silence y compris dans le débat acharné.

Sur le net, le silence parle.


Le silence quand tu me parles :
 J’ai la possibilité en lisant tes mots de prendre le temps de les entendre vraiment. 
Dans le silence, j’écoute le sens de tes mots au-delà de leur son. 
Je peux, suivant les cas, les savourer loin du bruit ou faire un silence réprobateur.
Ce silence va aussi me permettre de  t’imaginer. Je peux ainsi donner un corps à ta parole. 
Derrière tes mots, il y a toi, quelqu’un de bien réel.



Le silence quand je parle aussi :
Dans le silence, je peux mûrir ma parole, la ciseler pour qu’elle te parle, pour que tu puisses l’entendre, pour qu’elle soit vrai et utile dans notre échange. 
Je peux même trouver un bon mot qui te fera sourire (chose dont je suis incapable en temps normal). 
Ce silence me permet aussi d’éviter de ne faire que du bruit. Il peut m’éviter aussi  de te blesser aussi surement que dans un face à face en sur-réagissant ou en ridiculisant ton discours.


Que cette parole soit à portée spirituelle ou plus simplement mon point de vue sur l’actualité, elle ne peut être vivante et vraie que par le silence, sa respiration.

CTRL F10

lundi 23 janvier 2012

Un dimanche plein d’amour.


Ce dimanche, était le jour de l’amour  chez nous, nous avons célébré un anniversaire en famille et dans une contraction de l’espace-temps, j’en ai oublié twister, Facebook, blog, téléphone etc. pour profiter de ce moment IRL avec les gens que j’aime.
Ce même jour, du côté du Bourget, Hollande livre son secret devant les militants socialistes : il aime les gens.
Au même moment, une foule toute aussi conséquente défile dans Paris pour proclamer qu’elle aime la vie.
Le seul point commun de ces trois déclarations d’amour est bien évidemment un hasard de calendrier mais il m’amène à réfléchir en ce lundi  sur cet amour des gens, le secret révélé au Bourget.
François Hollande : « je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance. ». C’est beau et louable, mais sa définition du «j’aime les gens »  est un peu courte.
Aimer les gens, ce n’est pas seulement avoir un regard curieux et bienveillant sur l’autre. C’est uniquement la première étape. Aimer les gens, c’est aimer tous les gens et  se mettre à leur service. Aimer les gens c’est défendre l’intérêt général  ou encore mieux le bien commun et pas aimer les uns contre les autres.
« Mon adversaire, c’est le monde de la finance » nous dit-il. Est-ce aimer les gens que de leur désigner un bouc émissaire en évacuant au passage la responsabilité de la gauche dans la dette, de la droite dans la dette et finalement de chacun dans la dette.
Le système financier doit être réformé. Tous les leaders politiques éligibles s’accordent sur le sujet. Taxes sur les transactions financières, séparation de la banque de dépôt et de la banque d’investissement, quel que soit le candidat choisi, ces mesures seront appliquées et sans doute à un niveau plus global que la France. Lutte contre l’évasion fiscale, tout le monde est d’accord aussi, sauf peut-être les évadés au rang desquels on retrouve Yannick Noah le chauffeur de salle de François Hollande…
Est-ce donc la peine de crier haro sur le baudet (le monde de la finance)  qui rappelons-le au passage assure les fins de mois de notre état dépensier depuis les dizaines d’années ?
Aimer les gens, ce n’est pas leur présenter un bouc émissaire, ni les faire rêver.  Aimer les gens, c’est les mobiliser tous pour le bien commun. C’est mettre chacun devant ses propres responsabilités en tant que financier, consommateur, producteur, investisseur, travailleur, syndicaliste. Aimer les gens c’est passer de l’affrontement à la coopération juste.
Je ne veux pas d’un discours politique d’espérance, je veux un discours lucide sur la reconstruction.  Je ne veux pas espérer des lendemains qui chantent ici-bas, je veux les bâtir avec tous, dans l’équité et la responsabilité.
Bref je veux plus qu’un amour bisounours
Et pas qu’en politique ;)


Post-scriptum, j'ai hésité à mettre une illustration "bien sentie" à ce texte...
Finalement, et pour appliquer le discours de responsabilité et de coopération que je défends, j'ai renoncé à la tentation, mais ce fut dur.

dimanche 15 janvier 2012

L'esclavage contemporain: Joana, ma fille


J’ai reçu aujourd’hui un mail de Joana.  Philippine, mariée avec une fille? elle avait été obligée de partir au Liban pour faire vivre sa famille. Elle est arrivée chez nous, parlant à peine l’anglais, terrorisée par cette nouvelle vie. J’ai eu la chance de croiser son chemin. Nous avons ri ensemble, prié ensemble et parfois pleuré ensemble.  Elle a lavé à la machine ma veste en daim, explosé le micro-onde mais elle a aussi apporté son incroyable espérance dans notre maison. Ce fut ma troisième fille, ma fille aînée en fait car elle était bien jeune.
Ensemble, nous avons aidé ses amies dans les maisons de nos voisins. On connait peu en France les « bonnes » logées nourries et je pense que c’est heureux. Si Joanna faisait partie de notre famille, ce n’était pas le cas de ses amies.  La plupart d’entre elles sont quasiment séquestrées. On leur confisque leur passeport.  A la moindre  « bêtise » leur salaire est supprimé. Certaines sont battues ou encore utilisées par le père de famille. Pour nourrir leur famille, elles deviennent des esclaves qui travaillent 7 jours sur 7, logées dans des placards pour 180 euros par mois. A la fin de leur contrat, on les accuse de vol pour ne pas à avoir à payer leurs salaires et leur billet de retour et elles moisissent dans des prisons sans aide de leur pays trop anémié pour pouvoir faire front.

Nous avons quitté le Liban et Joana est retournée dans son pays.
Impossible de la ramener en France avec nous. 
Visa impossible...
 Nous avons dû nous séparer.
Des nouvelles de temps en temps des Philippines.
Elles ne sont guère réjouissantes, si ce n’ai qu’elle se bat pour sa fille

Et aujourd’hui  ce mail.

Pas le choix, elle a dû repartir pour un nouveau contrat de deux ans à Abu Dhabi.  
Elle est désormais  et depuis trois mois, employée par un couple  syrien expatrié. Aucun jour de congé, corvéable à merci. 

Et là j’enrage !!!!!  Ils sont CHRETIENS …


Comment peut-on se dire CHRETIEN et traiter son prochain ainsi.  


Je confie aujourd’hui Joana et ses sœurs à vos prières.  Mais je lance aussi un appel. Si vous connaissez quelqu’un à Abu Dhabi qui puisse l’aider, contactez-moi.
C’est à ce qu’ils auront fait pour les pauvres que Jésus Christ reconnaîtra ses élus (cf. Mt 25,31-36).
Etre chrétien pratiquant c’est aussi ça.
 Aider les églises en détresse OUI mais aussi aider nos frères chrétiens en détresse.

jeudi 12 janvier 2012

Plaidoyer pour la Syrie


J’ai habité quelques années au Liban et me suis rendu souvent en Syrie.
La Syrie, ce fut d’abord pour moi, les Moukhabarat qui épiaient et l’armée qui occupait le Liban.  Puis j’ai rencontré des ouvriers syriens qui travaillaient devant chez moi. Des hommes pacifiques, qui étaient venu chercher au Liban du travail.  
J’ai passé plusieurs fois la frontière pour me rendre à Damas, Homs, Lataquié etc. Partout, j’ai rencontré des gens accueillants, et ouverts mais aussi des gens muselés par un régime de fer. Beaucoup migraient alors pour des raisons économiques mais aussi pour des raisons politiques.
Le régime d’Assad s’est autoproclamé défenseur des minorités et garant de la paix civile en confisquant le pouvoir et beaucoup, en voyant l’éclatement de l’Irak voisin ont voulu  continuer à y croire.  


La peur de la majorité sunnite, je ne l’ai jamais ressentie  en Syrie car depuis  toujours les communautés chrétiennes, alaouites, sunnites et druzes vivent en bonne entente et dans le respect. Au quotidien à Damas comme ailleurs, la vie quotidienne était commune, la différence n’était pas stigmatisée.
 Dans les restaurants, les souks, tout le monde se côtoyait. Toutefois, lors de ma visite à Alep, un malaise diffus m’a saisi.


J’y ai vu pour la première fois en Syrie, des femmes en niqab noirs. Dans le quartier arménien, pas de femmes dans l’espace public. Des réflexions d’hommes sur mon passage parce que je n’étais pas voilée.  Alep est la terre des frères musulmans et cela se sentait.
La majorité de la population syrienne est sunnite et pratique sa religion comme le faisaient ses ancêtres mais depuis quelques années, les Frères musulmans veulent importer en Syrie comme ils l’ont fait en Egypte, le wahabisme. Durement réprimés par le régime Assad, ils n’ont pas pu, comme en Egypte mailler la société en répandant les mannes caritatives financées par les Saoud. Mais ils sont bien là.
Au début des manifestations, nous avons assisté à des soulèvements pacifiques. Des familles qui descendaient dans la rue poussées par la situation économique. Il y avait surtout  un ras le bol de la mafia mise en place par le pouvoir.  Ils continuent stoïquement cette démarche pacifique malgré la répression. Je trouve leur mouvement courageux et digne. Parallèlement,  d’autres ont pris les armes et là, je suis moins à l’aise. Certes, les Syriens ne peuvent pas se laisser abattre sans rien faire mais  qui est cette armée syrienne libre. Soutenue par le Qatar et l’Arabie saoudite, rejointe par des combattants libyens, afghans etc…
Les sunnites représentent 74% de la population. Sont-ils donc tous dans la rue ? Les minorités chrétiennes, druzes et autres se tiennent-elles à l’écart du mouvement par une fidélité profonde à Bachar ou par peur de voir la Syrie tomber aux mains des frères qui comme le dit le Père Georges du village de Qara  « veulent purifier la Syrie des Chrétiens ».
Pourquoi intervenons-nous ?
Pas par un soudain devoir d’ingérence humanitaire, ne nous leurrons pas.  L’occident a choisi les Frères musulmans pour prendre le relai des dictateurs et pour couper les alliances avec l’Iran qui est le nouvel ennemi à abattre. Bachar el Assad n’est pas un saint, c’est sûr, mais a-t-on vraiment donné une chance aux négociations. Je suis sceptique. En Syrie, comme en Irak, et en Egypte, nous accordons notre soutien aux wahhabites.
Certes me direz-vous,  le conseil national Syrien reconnu par la France est composé aussi de politiciens laïcs mais regardons ce qu’il est advenu des laïcs démocrates en Egypte.
Oui Bachar doit partir mais pas pour pire. 
Alain Juppé a prévenu « nos amis chrétiens de Syrie en particulier. Ce qui m’inquiète un petit peu, c’est la façon dont ils collent totalement au régime », les invitant à « réfléchir bien à l’avenir, car ce régime n’a pas d’avenir ». Quel cynisme,  car dans la solution prônée par l’occident, ils n’ont pas d’avenir non plus.
La France qui protégeait déjà  les chrétiens d’Orient du temps de François premier et de Louis XV a décidé de les abandonner et avec eux tous les syriens qui veulent le changement mais pas le wahhabisme.  


mercredi 11 janvier 2012

Ne fermons pas nos portes


Après les discussions dans mon salon, je passe à celles de l'autobus. Celui qui traverse les beaux quartiers mais aussi les plus populaires. Des bribes de phrases arrivent à mes oreilles "Préférence aux français de souche, quitter l’euro,Taxes douanières protectionnistes". 
Arrivée à la maison, c'est sur Facebook que je croise à nouveau ces mots.  Ma première réaction est de chercher la bagarre avec ironie et tout plein d'insultes bien pesées. Puis je me dis après tout, chacun à le droit de penser ce qu'il veut.... Et pour finir, j’écris ce post pour tenter de décoder ces phrases et d'appeler à la raison.
Ce discours revient à dire  « Sauve qui peux et moi d’abord ».  C’est un réflexe naturel face à la crise, en tout cas dans un premier temps. Je vais d’abord chercher dans l’autre, la cause de mes difficultés. En effet, la peur de l’autre, la stigmatisation de l’autre est la façon la plus simple de tenter de comprendre le monde mais cela amène rien de bon.  
Il faut dépasser le stade du réflexe reptilien de la défense de son territoire et de sa couvée. Nous ne sommes pas des bêtes. Je pourrai vous parler de l’amour de son prochain, qui à mon sens est la meilleure solution mais vous n’êtes peut être pas prêt à cette conversion alors soyons au moins pragmatique. Si je refuse mon aide à quelqu'un, demain je ne dois en attendre aucune de sa part. Si je stigmatise quelqu’un, que je ne vienne pas ensuite me plaindre d’être stigmatisé à mon tour, Si je ferme ma porte, il vaut mieux m’attendre à la prendre un jour dans la figure.

Faute de foi en actes, d’amour de l’autre, utilisons notre raison. En temps de crise, c’est assez difficile car la peur  montant, elle bloque  la réflexion. On se retrouve comme un lapin prit dans les phares d’une auto qui s’immobilise au lieu de réfléchir et de trouver une issue. Et pourtant c’est dans la crise, qu’il faut mobiliser toute sa tête mais aussi tout son cœur.


 La coopération et la relation est la seule voie de progrès et c’est le propre de l’homme.
Soyons capables de chercher en nous, les raisons de nos problèmes et non dans un bouc émissaire. Soyons capables de coopérer pour une solution juste pour tous et ne fermons pas nos portes et nos cœurs.

lundi 9 janvier 2012

Entre la poire et le fromage


Nous allons voter bientôt et c’est le sujet des discussions dans mon salon à la fin du repas dominical.
Certes mon échantillon n’est pas représentatif de l’ensemble des français.  Il correspond à la tranche catho, études supérieures de 18 à 80 ans.
 Ci-dessous, un florilège des commentaires entendu dans mon entourage. Rassurez-vous, il y en a pour tout le monde.
Sarkozy yen a marre, Hollande est un mou, Le  Pen est populiste, Bayrou je ne peux pas le piffrer, Joly, tu la vois comme présidente ?  Et j’en passe.  Les arguments pour refuser l’un ou l’autre sont rarement étayés par des arguments objectifs, en tout cas dans un premier temps.  Le physique, l’idée qu’on se fait d’une personne, de son caractère, ont visiblement un poids important.
Il faut reconnaitre, que les medias nous encouragent dans ce penchant en relayant les petites phrases des uns sur les autres dont reconnaissons-le, nous sommes friands.
Autour de la table dominicale, cela continue avec  la liste de ceux qu’on aurait préféré : Juppé, il est bien lui, Dommage pour Christine c’est la seule qui défend nos idées, Hulot, j’aurai voté pour lui. Si seulement DSK n’avait pas fait l’andouille et bien sûr, de Gaulle ressort de sa tombe pour les plus anciens. Les sauveurs idéalisés prennent le relai et on les pare de toutes les qualités : intelligence, intégrité, sérieux. Tous ce qu’on ne trouve pas dans les candidats actuels apparemment.
Viennent ensuite la résignation : « je n’ai pas le choix, je vais voter pour x, c’est le moins pire »,  la sanction « Tous pourris, je ne vais pas voter », ou encore le syndrome du sauveur : « c’est le seul ou la seule qui peut sauver la France ».

Le débat d’idées, l’exposé des programmes devrait arriver bientôt et permettre de relever le niveau des échanges dans ma salle à manger. En attendant, pour dimanche prochain, je vais photocopier le préambule de « Grandir dans la crise », un texte du Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France  qui est passé inaperçu et notamment dans ma famille.

Il nous permettra peut-être de sortir des poncifs pour engager un vrai débat sur nos choix du mois de mai.
Il n’y a pas de candidat parfait, la société actuelle est loin d’être parfaite, mais il nous faut rechercher dans chaque option ce qui favorise le plus l’homme. Bien sur chaque candidat nous promet plus de ci, moins de ça. Mais nous déjà, sommes-nous clairs avec le discours social de l’église, y adhérons nous, en faisons-nous la grille de décodage de nos décisions?
Certes, me dira X dimanche prochain, ce discours n’est pas un dogme, et cela lui permettra d’évacuer la critique des marchés et du libéralisme pour ne retenir que l’interdiction de l’avortement et du mariage Gay. Certes, d’autres, se saisiront de ce discours en oubliant quelque peu les dogmes. Mais au final, chacun sera face à son choix en connaissance de cause et en conscience.

vendredi 6 janvier 2012

La politesse : bienséance ou souci de l’autre.


La France au sommet du pessimisme, « Le Monde » qui nous dit que la politesse se perd et qu’elle nous manque. Les bisounours grincheux sont de sortie.
En ce qui concerne notre propension au pessimisme, je vous renvoie à l’article de Koz. En effet, il ne tient qu’à nous de changer d’état d’esprit. L’optimisme c’a se cultive. D’ailleurs pour vous en convaincre, il suffit de regarder le Nigéria. La corruption, la pauvreté, les attentats, c’est quand même pire que nos problèmes franco français. Et pourtant, ils sont les leaders de l’optimisme.
En ce qui concerne la politesse,  je remarque que l’impolitesse est toujours celle de l’autre et que cette accusation cache souvent un repli sur soi frileux. Je me sens agressée par l’autre et la place qu’il prend dans mon espace et mon champ de vision. Volontairement, pour rester seule avec moi-même, je ne fixe pas mon regard sur l’autre, je nie sa présence. Alors si, malgré la bulle que j’ai formé autour de moi, il pénètre mon iiii, plutôt que de l’accueillir, je me sens agressée. Je pars de l’a priori que le contact éventuel ne peut être qu’une attaque. Et je m’auto-convaincs en notant toutes les petites choses qui abondent dans ce sens, sans aucune bienveillance. Bien mieux encore, si mon regard en rencontre un autre, je refuse la communication par le mutisme (dans le meilleur des cas) ou la réprobation.
Dans le métro, ces deux attitudes prévalent, mais il y a aussi une autre attitude défensive assez paradoxale et que l’on rencontre dans les assemblées, c’est le sourire vide. Celui qu’on plaque sur notre visage pour faire bien, ouvert et tout, mais qui refuse le contact du regard.
Je vais prendre un exemple catho. Combien de fois, l’échange de la paix du Christ se fait ainsi, du bout des doigts, en regardant ailleurs, avec un sourire de commande.
La politesse, c’est le respect  et l’accueil de l’autre. Si je nie l’autre, je ne peux pas attendre de sa part autre chose que ma propre négation. Si je fuis son regard, alors je ne dois pas m’étonner si son attitude devient agressive.
Les sociologues parlent  « d' une régression dans ce processus de civilisation qui repose sur la domestication de l'agressivité et sur l'adoption de convenances dressant entre les corps une frontière invisible.", je pense pour ma part que plutôt que de chercher la restauration de ces fameuses convenances qui dressent une frontière invisible, il faut se lancer dans l’aventure de l’ouverture et faire tomber nos murs. Plutôt que de déplorer l’absence de politesse chez les autres, tentons le regard bienveillant accompagné d’un sourire vrai en acceptant la rencontre.
Je pense qu’il faut aussi rendre aux mots leur sens qui depasse largement les convenances.

Bonjour : tu es là, devant moi et je souhaite que ta journée soit  bonne.
Merci : je reconnais la valeur de ta parole ou de ton acte. Et d’ailleurs j’attends de ta part l’accueil mon merci autrement qu’en le dévalorisant par un « Ya pas de quoi ». J’aimerai mieux  un « avec plaisir » qui me montre que ton acte ou ta parole ont du sens pour toi envers moi.
S’il te plait : voilà, j’ai besoin de toi mais je te laisse ta liberté de me répondre ou pas. Je te fais confiance.

Apprenons comme nos  enfants à dire les mots magiques, mais apprenons surtout a les dire vraiment.
Quant aux insultes et échanges de noms d’oiseaux, comme dit l’autre, «laissons-les dans la cour de récréation »  ;)

jeudi 5 janvier 2012

Bien au chaud

Ce matin, vent et pluie annoncent peut être l’arrivée des premiers frimas. Bien au chaud, je pense à N.. qui s’était installé dans une voiture abandonnée sur un parking et qui a disparu depuis quelques jours.  Relogé, hospitalisé ?
Je pense aussi à D.. qui vit sur un autre parking et qui chauffe son tas de cartons grâce a un petit chauffage branché chez le tabac du coin (sympa le tabac). Tous les matins, il range son installation dans un caddie pour la réinstaller tous les soirs.
Les deux sont suivis par des associations et une assistante sociale et nombreuses sont les personnes qui comme moi se soucient d’eux.
La trêve des expulsions ayant commencé, je pense qu’autour de moi, l’hiver peut arriver. Bien sûr, je sais que ce n’est pas le cas partout en France, que les foyers d’urgence sont cette année encore surchargés et que des familles s’entassent dans des chambres d’hôtel faute de logement.
Certains ont choisi de s’installer dans des campings faute de pouvoir payer un loyer. Ils ont  un toit et l’accès au chauffage, à l’eau et à l’électricité pour 200 euros par par mois.
Ils sont 70 000 en France à vivre ainsi mais plus pour longtemps puisque le député Leonard (UMP) s’est élevé contre la « cabanisation des campings » selon ses termes. Avec sa collègue socialiste Madame Got (socialiste), ils ont proposé dans le cadre du développement et de modernisation des services touristiques l’article suivant:
En cas de location dans un terrain de camping et caravanage ou un autre terrain aménagé à cet effet d’un emplacement, équipé ou non d’un hébergement, pour une durée supérieure à trois mois, le locataire fournit au loueur un justificatif de domicile de sa résidence principale datant de moins de trois mois. Le premier alinéa n’est pas applicable en cas de relogement provisoire effectué à la demande ou avec l’accord du maire de la commune d’implantation du terrain.
En clair, une solution de logement dans un camping ne peut être que touristique puisqu’il faut pouvoir justifier d’un autre domicile.
Le texte a été adopté en première lecture par l’assemblée nationale à l’unanimité !!!  et il est à l’étude au Sénat. La gauche est maintenant majoritaire à la haute assemblée mis il ne faut pas se faire trop d’illusion sur le vote à venir compte tenu du vote unanime à l’assemblée.
Ce matin, vent et pluie annoncent peut être l’arrivée des premiers frimas. Bien au chaud dans  les hémicycles, ils pensent à quoi ?

mardi 3 janvier 2012

Solidarité et option préférentielle pour les pauvres.


Depuis les vœux du président de la république, une augmentation de la tva est de retour dans le débat mais pourquoi faire ? 
On nous dit qu’elle permettra de financer la sécu, d’augmenter la compétitivité des produits français, d’abaisser le cout du travail. Cette taxe est un véritable couteau suisse  mais comme tout couteau, il coupe.
Pour que cette mesure soit efficace sur le cout du travail, il faudrait augmenter la TVA de 5 points. Le cout du travail serait alors compétitif nous dit le MEDEF.
J’entends bien, mais le pouvoir d’achat des français serait réduit d’autant car malheureusement, nous ne vivons pas en achetant des centrales nucléaires pour le petit déjeuner, ni des voitures pour le diner. Nous ne nous vêtissons pas avec des moteurs d’hélicoptères non plus. Plutôt que de rechercher un regain de compétitivité dans la baisse des couts, le Medef devrait se pencher sur le seul vrai avantage compétitif, l’innovation et la qualité.
De plus, a-t-on d’autre choix actuellement que de nous vêtir chinois et de nous équiper coréen ?  Nous faire croire que l’augmentation de la TVA serait une mesure « protectionniste » est un leurre car nous sommes obligés de consommer ces produits faute de production française.  Le consommateur et surtout le plus modeste devra donc subir une baisse sérieuse de son pouvoir d’achat pour permettre aux entreprises françaises d’éviter de réfléchir réellement à leur compétitivité.

L’objectif premier de cette augmentation est le financement de la sécu par d’autres moyens que la taxation du travail. Il est vrai, qu’avec un taux de chômage de presque 10% et  le vieillissement de la population, le travail ne peut à lui seul permettre le maintien de notre système.
Mais ne serait-il pas plus juste d’augmenter la CRDS qui touche l’ensemble des revenus et donc pas uniquement les salaires et qui est proportionnelle aux revenus ?  


Solidarité et option préférentielle pour les pauvres non ?