mardi 20 novembre 2012

Blasfémen ?



Dimanche dernier, des jeunes femmes habillées de slogans sur leur poitrine ont aspergé des manifestants de poudre anti incendie. Cette provocation a mal tourné et je ne reviendrai pas là-dessus si ce n’est pour dire que je réprouve aussi la réaction des excités qui les ont frappés.

Je tiens juste à faire remarquer que nous avons la chance de vivre dans un pays où l’on peut s’exprimer librement.

Vous me direz pu être que c’est faux, que les locaux de Charlie Hebdo incendiés en sont la preuve. Remarquons quand même que l’incendie criminel est punissable par la loi.

Je maintiens donc ma position. Nous sommes libres de nous exprimer et même de dépasser les bornes du respect des opinions d’autrui et de tomber dans la provocation pure et simple. Parfois ce type de comportements tombent sous le coup de la loi (apologie de la violence) et parfois pas.

« Fuck God »tatoué sur les seins peut être punis pour exhibition publique (je doute que cela soit) mais pas pour la teneur du message.
Sans sarcasme aucun, je suis heureuse de vivre dans un pays où ce type de provocation est possible même si elle me heurte.

Je suis convaincue que l’outrance s’auto annihile lorsqu’elle s’exprime. Regardons ces dames, (pas chez moi, mais vous trouverez sur le net si vraiment cela vous tente) elles font plus pitié qu’autre chose.

Cette liberté il nous faut la protéger et la propager plutôt que de s’en plaindre.

Regardons autour de nous.
Les charges contre la  petite Rimsha accusée faussement d’avoir brulé un coran ont été abandonnées ce mardi grâce à la mobilisation internationale.
Assia Bibi est toujours en prison pour blasphème mais la sentence mortelle ne sera pas exécutée et une grâce est toujours possible si la mobilisation ne faibli pas.
Plus près de nous en Algérie. Karim Siaghi, chrétien lui aussi attend son procès en appel après avoir été condamné à 5 ans de prison pour avoir insulté le prophète, c’est-à-dire pour avoir refusé de le reconnaitre comme prophète lors d’une discussion entre voisins. Là encore, la mobilisation pacifique fait reculer les fanatiques et  il semble peu probable que l’appel confirme le premier jugement. Restons vigilants quand même.

Voilà ce qu’est le blasphème dans le monde qui nous entoure. 
C’est une façon pour les fanatiques de sanctionner la religion qui n’est pas dominante.

Alors, « Fuck God » si tu veux madame Femen, et ne comptes pas sur moi pour crier au blasphème.
Je vais prier pour toi.
Que cela ne t’indispose pas parce que tu ne crois pas en Dieu.
Moi je suis sure qu’Il croit en toi.

7 commentaires:

  1. La liberté n'empêche pas la responsabilité de ce qui choque, blesse ou est cause de réactions. Le propre est aussi de savoir où s'arrête ma liberté et où commence celle de l'autre. J'ai abordé plusieurs fois ce sujet. Quant au reste, d'accord avec vous

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  2. Effectivement la bonne réponse dans un premier temps est d'ignorer la provocation des femen. Mais jusqu'où iront elles ? J'ai l'impression de voir les greenpeace du féminisme, baser sa popularité et sa publicité sur la provocation et la violence en faisant croire que c'est de la non violence.

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  3. Elles iront le plus loin possible soyez en sûr. Ceci étant, leurs esclandres sont contre-productives de l'avis même de nombreuses féministes.

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  4. tant que la liberté en question est la liberté de s'exprimer, tout à fait ok, Jésus a lui même été condamné pour blasphème ... face à la religion faussée que ses détracteurs croyaient être la vraie, alors le blasphème, même le vrai, est un droit presque divin, le droit même de Job d'accuser Dieu de tous ses maux. le drois associé à la liberté que Dieu donne à tout homme.

    par contre, j'avoue que quand elles commencent à asperger des bébés en poussettes de gaz dont on ne sait pas ce qu'ils contiennent (sur le moment), pour moi, c'est de la légitime défense et on se doit d'intervenir pour protéger l'enfant.
    même si les caméras sont là et si on sait qu'elles en feront mauvais usage contre notre cause.

    ensuite, les réactions doivent être proportionnées.
    mais face à un gaz inconnu, quelle proportion adopter?
    sachant qu'une autre manif homo affichait "un hétéro=une balle, une famille=une rafale",
    http://www.ndf.fr/nos-breves/19-11-2012/la-photo-du-jour-un-e-hetero-une-balle-une-famille-une-rafale
    quelle confiance pouvaient-ils avoir dans ces gaz, à priori?

    pas sûre qu'il sera possible d'éviter toujours ces pièges...

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  5. Je ne parles pas dans mon billet de la violence dans les gestes de part et d'autre mais de celle des mots peints sur les corps. Quand au panneau que vous évoquez, il est du même acabit qu'un autre que j'ai vu le 17, écrit à la main lui aussi. A chacun ses tarés.

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  6. celui du 17 n'appelait pas au meurtre:
    il évoquait juste en termes inutilement trash
    l'imaginaire d'un hétéro sur la vie d'enfants d'homos.

    autant je soutiens le droit, en paroles ou symboles,
    au blasphème contre un "dieu" que bien souvent on ne connait pas,

    autant je ne soutiendrai jamais le "véritable blasphème"
    qu'est -à mes yeux- une agression physique sur une personne
    ...créée à l'image de Dieu
    ou même une incitation à le faire.

    mais en effet,
    si on ne parle que des écrits sur peaux de Femen,
    nous sommes bien d'accord.

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  7. "Fuck God" cela ne me heurte pas tant que je trouve ca debile.
    J'ai regarde sur Wikipedia la definition du mot "blaspheme" et ca veut dire: manque de respect envers Dieu.
    Les femen repondent a cette definition. Mais peut-etre expriment-elles leur reprobation devant des religieux (qui nous parlent de Dieu normalement) qui font passer des messages politico-sociaux en pouvant etre tentes de dire que ce sont des messages divins: par exemple Dieu ne voudrait pas de l'ordination de femmes, ou Dieu serait contre le mariage gay,...
    Je trouve que mettre des mots dans la bouche de Dieu qu'il n'a pas dit c'est aussi un blaspheme, mais sans les belles poitrines bien fermes. ;)
    Au dela des mots je ne savais pas que ces femmes avaient asperge les manifestants: je trouve cela tout aussi mal de leur part que les violences qui ont suivi. dans un monde civilise les 2 cotes auraient exprime leur message sans que cela n'entraine de violences verbales ou physiques.

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