mercredi 16 mai 2012

Hier soir, j'ai sacrifié Docteur House.


Hier soir, Monseigneur Dubost est venu dans ma paroisse donner une conférence sur le dialogue entre chrétiens et musulmans. 

A priori, je n’étais pas très motivée par le sujet mais bon, un Monseigneur qui passe à deux pas de chez moi cela vaut de sacrifier docteur House.

Je ne vais pas vous faire un compte rendu exhaustif de son propos mais vous  retranscrire les passages qui m’ont interpellés et  les questions qu'ils ont fait surgir dans ma p'tite tête.

Avec l’islam, le problème majeur n’est pas religieux mais culturel.
En Europe, depuis les lumières nous avons déconnecté la culture du religieux.  Ailleurs, toutes les cultures sont religieuses (Dieux, ancetres, etc) ; Lorsque des personnes viennent en France, en plus du déracinement, elles vivent un choc culturel en réalisant que dans notre société, le « savoir vivre » (coutumes, manières de faire et de réfléchir) est organisé sans référence au religieux .

Avec l’islam, le problème n’est pas religieux, il est social.
Les français sont surtout racistes à l’égard des pauvres.  (voir à ce sujet  http://www.atd-quartmonde.fr/Les-idees-fausses-ca-suffit). Ou encore http://jonastree.blogspot.com/2012/03/indignes-vous.html
Or il se trouve que l’islam en France est la religion des pauvres.

Avec l’islam, le problème est la difficulté du lien social.
Le père, le patron, le parti ont de moins en moins d’influence.  Le centre-ville dans les banlieues est bien souvent un centre commercial (les murs ne racontent rien de la culture, ils renvoient seulement à la consommation inaccessible)
La crise économique, sociale, politique et même spirituelle se sent plus en banlieue.  Minoritaires,, non intégrés à la société qui consomme, ils cherchent une identité et trouvent dans l’islam une structure.
La concentration par quartiers amène en plus peu à peu à se sentir obliger à porter des marqueurs sociaux (voile, halal etc).
L’islam est une possibilité de se rassurer dans un monde sans repères. L’observance de rites crée un cadre.

En sortant de cette conférence je me suis fait plusieurs réflexions.

La première :
Nous catholiques, ne vivons-nous pas aussi notre religion comme un moyen de nous rassurer ? L’observance de rites (la messe du dimanche)  et l’adoption de marqueurs sociaux (le serre tête par exemple  ) ne sont-ils aussi de notre côté un moyen de vivre notre position minoritaire ?
N’avons-nous pas aussi une tendance au repli sur nous-même dans une société relativiste et fondée sur la consommation ? Bref sommes-nous si éloignés que ça dans notre ressenti social en dehors du fait que notre religion est plutôt une religion de riches.
Je caricature bien sûr on trouve de riches musulmans dans le 16 ème et de pauvres catholiques à Trappes mais je remarque quand même, que les musulmans du 16 eme nous dérangent beaucoup moins que ceux de la banlieue.


Ma deuxième réflexion :  
La solution n’est donc pas dans la crispation sur l’islam mais dans le traitement économique et social de la pauvreté et dans la relance de l’ascenseur social. Sois dit en passant, c'est aussi cela qui réduirait beaucoup d'autres positions extrémistes.

Ma troisième réflexion :
J’ai mon rôle à jouer au quotidien en tant que chrétienne.
Personnellement, j’habite en banlieue et je peux déjà changer mon regard sur l’autre.  Entamer le « dialogue du caddie », voir dans la femme devant moi à la caisse ce qui nous rassemble  (nous sommes deux mères de famille) et être curieuse et bienveillante sur nos différences. 
Je sais c’est peu mais c’est déjà beaucoup.


Voir le frère dans l’autre et faire un pas vers lui.

Sacrify doctor House and  get out my house



3 commentaires:

  1. Je n'aime pas plus les serre-têtes que les voiles, c'est quand même curieux ce besoin de contenir la tête des femmes non ? Je comprends que notre société amène ceux qui ont plus et ceux qui ont moins à se diriger vers un Dieu qui ne les jugerai que sur ce qu'ils sont et non sur ce qu'ils possèdent, mais moi j'aspire à une société où chacun pourrait trouver sa place quelque soit ses origines, ses croyances, ses handicaps ou son sexe. La particularité de la France est d'avoir errigé ces valeurs dans la déclaration des droits de l'homme, on a juste trop tendance à l'oublier.

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  2. Bonjour,

    Je vous écris en tant que community manager du Collège des Bernardins.
    Je suppose (et espère) que vous connaissez notre institution, puisque nous promouvons comme vous la discussion et la réflexion autour de la foi chrétienne.

    Mercredi prochain, le 30 mai, aura lieu notre Journée annuelle de l'Ecole Cathédrale. De 14h à 21h, nous présenterons l'ensemble des activités de notre pôle Formation. Lieu de réflexion sur la foi chrétienne, ce pôle réunit chaque année plus de 3 000 étudiants autour de cours publics, de formations diplomantes, de cycles de conférences…

    Lors de cette journée seront également proposées de nombreuses conférences, dont vous trouverez le programme ici :
    http://www.collegedesbernardins.fr/index.php/formation/ecole-cathedrale/journee-de-lecole-cathedrale-2012.html

    Le soir aura lieu une soirée Lectures en Musique, avec la compagnie Les Milles Chandelles.

    Nous serions très heureux d'accueillir et rencontrer un ou plusieurs ou de vos contributeurs en ce jour, à l'heure qui vous plaira.
    Par chance, seriez-vous disponible ? (et seriez vous parisienne ? ;-) )

    Cordialement,

    Mélanie





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    Mélanie Defouloy
    Community Manager
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    1. Je viendrai avec plaisir écouter Marie-Nicole Boiteau à 17 heures.

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