samedi 17 mars 2012

Mon gigot dominical


Ce matin, de bonne humeur et le sourire aux lèvres je pars en quête d’un  gigot et d’autres victuailles pour nourrir mes fauves ce week-end.  

Première étape, la moyenne surface spécialisée dans les bons produits et dont les prix sont un gage de qualité. Bon, demain nous fêtons l’anniversaire de deux de nos enfants. Je mets le petit portemonnaie dans le grand.  

Au rayon boucherie,  du Pré salé, de l’Angus bref le top du top. Je fais la queue en discutant gentiment avec les autres clients, des gens affables et bien élevés. Des gens biens quoi.  Quel plaisir de faire ses courses ici. Pourtant soudain mon sourire se transforme en grimace.

Un avis est scotché sur l’étal m’informant que  la méthode d’abatage utilisée pour fournir mon gigot ne suit pas le rituel halal.
Devant mon sourcil interrogateur, le boucher m’informe discrètement qu’il a dû se résoudre à ce placardage pour répondre aux clients nombreux qui menaçaient de ne plus se servir chez lui.  
Je ne fais pas de commentaire mais mon regard sur le chaland devient un soupçon moins cordial. 
No comment, je paye et je sors.

Deuxième étape, la supérette hard discount pour un achat de dépannage. Là encore, je discute avec les clients à la caisse.
Je suis une horrible bavarde qui ne manque pas une occasion pour tailler une bavette.En parlant de bavette, je suis passé bien évidemment devant le rayon viande pour atteindre le liquide vaisselle et j’ai pu remarquer que si mon boucher n’avait pas de  halal, celui-ci a n’a pratiquement ça.  

No comment, je paye et je sors.

Finalement je cherche le mal ou il n’y en a pas. Tout le monde est content non ? Chacun sa viande et tout va bien.  

Enfin, il y a quand même l’incendie criminel de la boucherie du quartier voisin, la boucherie halal nommée « La clef de Saint pierre » (ca ne s’invente pas)…  
Mais, après tout on ne sait pas qui a fait ça ni pourquoi hein ?

En remontant dans ma voiture, je jette un regard vers la petite boucherie de quartier que je fréquente habituellement.
Chez lui aucune indication.  Il a repris la boutique il y a une dizaine d’années  dans notre petit centre commercial.  
Chez lui, se retrouve tout le monde. Nos ainés qui profitent de l’achat d’une côtelette pour parler (peut- être la seule fois de la journée) mais aussi les familles.  
Il connait tout le monde par son nom et nous aussi on connaît son nom.
Il s’appelle Mohamed, il vient de Corrèze, il vend du cochon breton et  quand il rentre le soir, il prie pour tous ceux qui lui ont raconté leurs misères.

Ce soir ma ptite prière est pour lui et tout les bâtisseurs de pont dans un monde de bâtisseurs de murs.

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