vendredi 6 janvier 2012

La politesse : bienséance ou souci de l’autre.


La France au sommet du pessimisme, « Le Monde » qui nous dit que la politesse se perd et qu’elle nous manque. Les bisounours grincheux sont de sortie.
En ce qui concerne notre propension au pessimisme, je vous renvoie à l’article de Koz. En effet, il ne tient qu’à nous de changer d’état d’esprit. L’optimisme c’a se cultive. D’ailleurs pour vous en convaincre, il suffit de regarder le Nigéria. La corruption, la pauvreté, les attentats, c’est quand même pire que nos problèmes franco français. Et pourtant, ils sont les leaders de l’optimisme.
En ce qui concerne la politesse,  je remarque que l’impolitesse est toujours celle de l’autre et que cette accusation cache souvent un repli sur soi frileux. Je me sens agressée par l’autre et la place qu’il prend dans mon espace et mon champ de vision. Volontairement, pour rester seule avec moi-même, je ne fixe pas mon regard sur l’autre, je nie sa présence. Alors si, malgré la bulle que j’ai formé autour de moi, il pénètre mon iiii, plutôt que de l’accueillir, je me sens agressée. Je pars de l’a priori que le contact éventuel ne peut être qu’une attaque. Et je m’auto-convaincs en notant toutes les petites choses qui abondent dans ce sens, sans aucune bienveillance. Bien mieux encore, si mon regard en rencontre un autre, je refuse la communication par le mutisme (dans le meilleur des cas) ou la réprobation.
Dans le métro, ces deux attitudes prévalent, mais il y a aussi une autre attitude défensive assez paradoxale et que l’on rencontre dans les assemblées, c’est le sourire vide. Celui qu’on plaque sur notre visage pour faire bien, ouvert et tout, mais qui refuse le contact du regard.
Je vais prendre un exemple catho. Combien de fois, l’échange de la paix du Christ se fait ainsi, du bout des doigts, en regardant ailleurs, avec un sourire de commande.
La politesse, c’est le respect  et l’accueil de l’autre. Si je nie l’autre, je ne peux pas attendre de sa part autre chose que ma propre négation. Si je fuis son regard, alors je ne dois pas m’étonner si son attitude devient agressive.
Les sociologues parlent  « d' une régression dans ce processus de civilisation qui repose sur la domestication de l'agressivité et sur l'adoption de convenances dressant entre les corps une frontière invisible.", je pense pour ma part que plutôt que de chercher la restauration de ces fameuses convenances qui dressent une frontière invisible, il faut se lancer dans l’aventure de l’ouverture et faire tomber nos murs. Plutôt que de déplorer l’absence de politesse chez les autres, tentons le regard bienveillant accompagné d’un sourire vrai en acceptant la rencontre.
Je pense qu’il faut aussi rendre aux mots leur sens qui depasse largement les convenances.

Bonjour : tu es là, devant moi et je souhaite que ta journée soit  bonne.
Merci : je reconnais la valeur de ta parole ou de ton acte. Et d’ailleurs j’attends de ta part l’accueil mon merci autrement qu’en le dévalorisant par un « Ya pas de quoi ». J’aimerai mieux  un « avec plaisir » qui me montre que ton acte ou ta parole ont du sens pour toi envers moi.
S’il te plait : voilà, j’ai besoin de toi mais je te laisse ta liberté de me répondre ou pas. Je te fais confiance.

Apprenons comme nos  enfants à dire les mots magiques, mais apprenons surtout a les dire vraiment.
Quant aux insultes et échanges de noms d’oiseaux, comme dit l’autre, «laissons-les dans la cour de récréation »  ;)

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