mercredi 30 novembre 2011

Grandir dans la crise




Un texte du Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France1 qui est passé inaperçu et notamment auprès de nombreux catholiques. 


Pourtant, dans une république laïque, se ne sont pas nos clercs qui peuvent agir, mais bien les laïcs en orientant leurs mobilisations et leurs choix de vie.




 A lire donc. 


I Les leçons de la crise
Le mot « crise » vient d’un verbe grec qui signifie trier, choisir... discerner et juger. La crise du monde actuel invite à faire un tri entre ce qui marche et ce qui ne marche pas dans notre société, à porter un jugement sur le monde dans lequel nous vivons. Nous y lisons des sujets d'émerveillement : la chute de dictatures, la réunification de l'Europe, la progression du niveau de vie de pays pauvres, des prouesses technologiques. Pourtant nous y lisons des signes d’inquiétude et d'angoisse. C’est une crise à la fois écologique, alimentaire, financière, sociale… Notre monde est un monde porteur de contradictions, cela révèle en fin de compte une crise du sens.
Le rêve libéral
Depuis la fin des régimes communistes, 1989, le monde libre et démocratique croyait avoir gagné : la libéralisation généralisée des échanges allait faire le bonheur de tous les peuples. Certes la richesse globale des peuples a augmenté, mais les inégalités ont crû au même rythme.
La consommation des ménages étant insuffisante pour garantir la croissance, on a facilité le recours au crédit. La spéculation financière a permis à certains de gagner en quelques années plus que d'autres au bout d'une vie de travail. Ce ne sont pas seulement des individus, mais aussi des entreprises qui ont succombé à ce piège : le montant des dividendes reversés aux actionnaires est l'unique critère de réussite. Alors l'entreprise n'est plus une communauté de travail dont l'activité et le savoir-faire enrichissent la société, mais elle devient une simple machine qui tourne au profit de quelques uns. Des banques ont suivi le même modèle créant finalement une bulle financière qui éclate en 2008. Les attaques contre l'euro et certains Etats montrent que le but de ces institutions est le profit à tout prix, même si cela doit contribuer à la faillite de certains Etats. Cela démontre d’une part l'illusion de l'autorégulation des marchés, d’autre part la crise de sens et de confiance qui secoue aujourd’hui notre société. Ce n'est pas seulement le système bancaire, le niveau de rémunération des traders qui sont en cause, mais le rôle du travail, de l'argent, de la consommation, du partage des richesses qui sont à revisiter.
L'économie de marché a des limites : elle ne peut satisfaire tous les besoins. La loi de l'offre et de la demande fait que le marché stimule la création de richesses là où existe un pouvoir d'achat, elle ne stimule pas la création des biens les plus élémentaires (eau, nourriture de base) pour les pays ou les personnes qui n'ont pas les moyens de se situer comme acteurs du marché. Le libéralisme économique conduit à une vision très utilitaire des rapports humains et porte atteinte à la cohésion sociale. La solidarité nécessite d'autres initiatives.
Pendant longtemps la croissance économique, par le jeu de la mutualisation des risques de la vie, a fait que la personne se savait épaulée par la collectivité. Aujourd'hui, le développement économique n'inspire plus confiance2, faisant parfois naître un sentiment d'insécurité : chômage, problèmes écologiques, sécurité alimentaire ; l'Etat a des difficultés à assumer le coût des acquis sociaux : retraites, assurance maladie.
Le projet libéral de société
Le libéralisme économique offrant comme seul horizon la consommation de toujours plus d'objets matériels réduit l'homme à un rôle de producteur/consommateur ; il est en outre une menace pour la planète. Ce manque de vision crée un besoin de sécurité qui fait qu’en fin de compte, les pauvres et les migrants sont vus comme des menaces et les mesures de sécurité supplantent les mesures de solidarité. Cela conduit à souhaiter un nouveau développement, un développement authentique qui consiste à promouvoir tout homme et tout l'homme.
II L'éclairage de la pensée sociale de l'Eglise
Au centre de toute réflexion sur une société juste et bonne, l’Eglise a toujours posé une certaine vision de l’homme. En effet, il existe deux visions de l'homme : une vision utilitariste, individualiste et une vision relationnelle où l'homme est un être social dont le bonheur se construit avec d'autres et non à leur détriment. Parce que être de relation, créé à l'image de Dieu, l'homme a une dignité qui doit être respectée en toute circonstance. Cela exige que des besoins vitaux soient assurés, cela nécessite de combattre l'esclavage, la privation de liberté, l'exploitation économique de l'homme par l'homme. Cela conduit à revisiter des notions élémentaires comme le bien commun, le sens du travail, la solidarité.
1° Le bien commun
Si l'homme est un être relationnel, son épanouissement ne peut en effet se concevoir aux dépens des autres mais avec eux. Le bien commun en effet n'est pas l'addition des biens individuels, il est « cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu'à chacun de leurs membres, d'atteindre leur perfection d'une façon totale et plus aisée »3. A l'heure de la mondialisation, le bien commun englobe toute l'humanité, mais la consommation privée de biens de plus en plus nombreux n'est pas le bien commun, et notre modèle de consommation lui-même n'est pas durable : il est à la base des problèmes environnementaux. Les envies personnelles ne peuvent être l'unique ressort de l'agir et du jugement, cela implique discernement et volonté d'agir notamment dans le monde du travail.
2° Le sens du travail
Dans le travail, la dimension individuelle et la dimension collective de la vie humaine se conjuguent. Il fournit à l'homme ses moyens de subsistance, et lui permet de prendre sa place dans la société. Le travail participe donc à la dignité de l'homme.
Avec le développement industriel, la dissociation des dimensions objectives et subjectives du travail, le danger de traiter l'homme comme un instrument de production et non comme un sujet subsiste. C'est pourquoi, dans le contexte de la mondialisation, Benoît XVI « insiste notamment sur le fait que le travail doit associer les travailleurs au développement de leur communauté et qu'il doit laisser un temps suffisant à chacun, pour retrouver ses propres racines au plan personnel, familial et spirituel »4.
Dans l'économie postindustrielle, le fait que le travail est sensé contribuer au développement de la communauté, au bien commun, est ignoré. Des activités nuisibles se développent, «le jeu de certaines institutions financières, dans l'attaque de la monnaie européenne ou de certains Etats, en fournit la preuve ». En outre, des individus ont parfois le seul souci de gagner plus que les autres, ils remplacent la culture du travail bien fait par le culte du gain. Ce culte est entretenu par de grandes entreprises menant à des écarts de revenus considérables, mais aussi par des Etats où la fiscalité sur les hauts revenus a baissé au cours des deux dernières décennies. Ce culte finit par apprécier la valeur de l'homme à l'aune unique de ses revenus. Il n'y a alors plus de place pour les dimensions personnelles, familiales et spirituelles de la vie. Il est urgent de remettre en valeur le lien entre travail personnel et service des autres, le bien commun.
Reste le douloureux problème du chômage, les nouvelles technologies (nanotechnologies, technologies de l'information et des sciences cognitives) créeront de nouveaux emplois tout en en détruisant d'autres. Cette période est difficile à vivre, les années à venir demanderont une attention particulière pour la solidarité avec les plus faibles.
3° La solidarité
La solidarité peut prendre des formes multiples, spontanée ou organisée, personnelle ou collective, intergénérationnelle, etc. Cependant une nouvelle forme apparaît qui ne se définit pas tellement par l'aide apportée mais qui vise à permettre le développement des capacités de celui qui est aidé. Quand on propose de participer à un projet commun pour créer quelque chose ensemble, la solidarité devient projet de société.
Cette conception de la solidarité résonne fortement avec la pensée sociale de l'Eglise lorsqu'elle définit la solidarité comme « la détermination ferme et persévérante de travailler pour le bien commun {…} parce que tous nous sommes responsables de tous »5. Cette approche de la solidarité renvoie aussi à un autre principe fondamental de la pensée sociale de l'Eglise, celui de la destination universelle des biens qu'a fortement rappelé le concile Vatican II : « Dieu a destiné la terre et tout ce qu'elle contient à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité.{...} Tous les hommes ont le droit d'avoir une part suffisante des biens pour eux-mêmes et pour leur famille »6.
Le principe de la destination universelle des biens lié à celui de la solidarité vue comme développement des potentialités de chacun conduit à une nouvelle compréhension en termes de production des biens et non seulement de leur consommation. Il ne s'agit pas seulement d'assurer à chaque homme l'accès aux biens de la Création, mais surtout de faire que chaque homme puisse se sentir co créateur.
« Ainsi, en prenant en considération la dignité de chaque personne dans toutes ses dimensions, en choisissant résolument de promouvoir le bien commun, en faisant un tri dans les activités économiques ou financières nuisibles à la collectivité, en encourageant chacun à concevoir son travail aussi comme un apport indispensable à la vie commune et en impliquant le maximum de personnes dans des projets communs de solidarité, le lien à autrui redeviendra le fil conducteur de nos existences. Alors ainsi, nous sortirons grandis de la crise »7.
III Vivre ensemble : une coresponsabilité
L’anthropologie chrétienne appelle à mieux saisir la notion de bien commun, le sens du travail humain et de la solidarité fondamentale ; l'homme est appelé à se sentir coresponsable de son prochain dans tous les domaines. Ici s'impose une meilleure articulation entre les actions individuelles et collectives. Il s'agit de faire que les mesures de développement et d'échange répondent aux besoins de tous, y compris des plus pauvres et des plus vulnérables. Aujourd'hui, le cadre de cette coresponsabilité est celui de la mondialisation. Aucune activité humaine n'échappe à cet appel à la coresponsabilité. Ce sens de la coresponsabilité demande à être encouragé dans tous les domaines.
1° Soutenir les initiatives de la société civile
La société civile joue un rôle important pour la qualité de la vie démocratique, ses multiples associations, mouvements, forment un contrepoids important aux tentations de repli, de rejet de l'étranger. La démocratie à taille humaine qui y est pratiquée permet de retrouver la confiance ; les projets qui les fondent sont souvent mus par des valeurs qui dépassent le court terme et le matérialisme ambiant. Par eux, ils ont ainsi une influence humanisante non seulement sur ses membres, mais aussi sur les personnes avec lesquels ils sont en contact.
Préparer l'avènement d'une communauté internationale : alors qu'il n'existe ni gouvernement mondial ni opinion publique internationale, la société civile, forte d'une expérience de terrain au service des plus pauvres, manifeste une forme de conscience mondiale. Elle met en relief des besoins fondamentaux liés à la dignité de toute personne : accès aux biens essentiels, eau, éducation, santé, logement. L'économie sociale et solidaire est un bel exemple de la mise en œuvre de la coresponsabilité à laquelle chacun est appelé.
2° Développer la responsabilité sociale des entreprises
Les entreprises ont une responsabilité sociale particulière : les fautes de l'économie libérale ne doivent pas mener à une condamnation globale de l'entreprise. Il faut rechercher une nouvelle croissance respectueuse de l'environnement et créatrice d'emplois où les entreprises obéissent à des règles de conduite.
Certaines entreprises multinationales, au nom de la coresponsabilité, se sont engagées, au-delà des obligations commerciales, à des engagements volontaires dans quatre domaines :
- responsabilité économique (impôts reversés aux pays hôtes, transfert de savoir-faire) ;
- responsabilité sociale (conditions de travail, de rémunérations) ;
- responsabilité sociale envers les clients et fournisseurs locaux, développement local ;
- responsabilité politique (juste gouvernance de l'entreprise, grilles des salaires, lutte contre la corruption, respect des droits de l'homme).
Le rôle de l’Etat : face aux marchés devenus internationaux, face aux activités abusivement spéculatives, l'intervention des autorités publiques nationales demeure nécessaire pour conserver des règles d'équité et de prudence. L'exemple de la construction d'un marché intérieur européen en administre la preuve.
L'implication des salariés : la responsabilité sociale des entreprises est importante, dans ce domaine ; le rôle des syndicats dans le dialogue social reste incontournable.
Le secteur bancaire et financier : les acteurs de la concertation internationale menée dans le cadre de la crise actuelle ne doivent pas oublier les exigences de la justice sociale. « Leur responsabilité ne concerne pas seulement la réduction des inégalités de rémunération, mais aussi la prise en compte des besoins et de la fragilité des usagers les moins fortunés dont ils tirent en réalité une part importante de leurs ressources. De même qu'en matière d'endettement des Etats, les capacités effectives de développement de pays pauvres ont été négligées par les institutions publiques et privées créditrices »8.
Le courant de l’entrepreneuriat social et de la finance solidaire, qui au-delà de l’engagement commercial sait établir des projets de développement devenant projets communs entre le prêteur et l’emprunteur, associant coopération, participation aux décisions et solidarité, représente une référence pour la réforme des modes de gestion d’entreprises financières de tailles plus considérables.
3° Encourager les médias à former une conscience politique
Les médias omniprésents contribuent à former ou à déformer le lien social. Ils contribuent, mais pas tous, au bon fonctionnement de la démocratie. Parmi les médias de masse, très dépendants de la publicité, on note une dérive vers une information légère ou people ; alors que les médias devraient être comme les vigiles de la démocratie proposant des outils d’analyse et des clés de lecture. Le succès des blogs démontre qu’il existe une attente d’une communication bidirectionnelle, sans déformation de la pluralité des opinions, des points de vue culturels et religieux ; ils ont à jouer un rôle pour la formation d’une conscience citoyenne.
4° Réhabiliter la politique
La crise révèle l’importance du politique dans la préservation de la paix entre les nations : le rapprochement des peuples ne peut être le fruit des seuls échanges économiques, il faut aussi le souci pour autrui. Or « les démocraties souffrent … d’un retour en force, notamment en Europe, d’une forme de populisme nationaliste qui met aussi en danger la capacité de vivre ensemble au sein de la communauté nationale ». Les citoyens sont donc appelés à accepter les exigences de la justice sociale pour que tous aient une place dans la collectivité.
- Ordre multilatéral et principe de subsidiarité : Les grandes négociations internationales sur le climat, la prévention des crises financières méritent d’être encouragées. Il faut dans d’autres domaines maintenir le principe de subsidiarité qui fait qu’est résolu au niveau national, ce qui peut l’être, le niveau supérieur n’intervenant que si la capacité d’une nation ne permet plus de préserver les biens essentiels. Mais « un vrai effort de créativité est nécessaire pour penser la prise en charge multilatérale de domaines aussi divers que la finance, le climat ou les migrations, qui ne peuvent plus être régulés au niveau national »9.
- Ouverture internationale, cohésion nationale et justice sociale : les craintes que suscitent la mondialisation et la diversité culturelle ou religieuse au sein de pays européens sont dues à l’indifférence face à l’accroissement des inégalités dans les rémunérations, l’enseignement, la justice, les moyens de communication. Cette indifférence multiple peut générer un sentiment d’abandon voire d’exclusion. C’est pourquoi il est important « que les responsables publics soient attentifs aux conditions d’une réelle équité dans la distribution des richesses, la soumission de tous aux exigences fiscales, l’accès universel aux moyens collectifs et personnels du développement »10.
L’application de ces principes est confiée à la vigilance des citoyens, sinon le pouvoir est confisqué par des intérêts particuliers, « l’abstention aux élections donne ce pouvoir à d’autres ». Mais le vote n’est pas toute la politique, celle-ci peut prendre la forme de l’adhésion à un parti, d’un esprit de participation, ou tout simplement le paiement des impôts.

1 Editions Bayard/Cerf/Fleurus-Mame, février 2011, 90 p.. L’avant-propos est daté du 31 janvier 2011.
2 Caritas in veritate, n° 35.
3 Gaudium et spes, n° 26, § 1.
4 Caritas in veritate, n° 63.
5 Jean-Paul II, Solicitudo rei socialis, n° 31.
6 Gaudium et spes, n° 69.
7 Grandir dans la crise, p. 58.
8 Grandir dans la crise, p. 71.
9 Grandir dans la crise, p. 80.
10 Ibid. p. 81.

mardi 29 novembre 2011

Apprendre l’art des petits pas.









Ne pas demander des miracles ou des visions, mais la force pour le quotidien.

Etre attentif et inventif pour saisir au bon moment les connaissances et expériences qui nous touchent particulièrement.

Affermir les choix dans la répartition de son temps.

Sentir ce qui est essentiel et ce qui est secondaire.

Avoir la force, la maîtrise de soi et la mesure.

Ne pas se laisser emporter par l’agitation, mais organiser avec sagesse le déroulement de la journée.

Faire face aussi bien que possible à l’immédiat et reconnaître l’heure présente comme la plus importante.

Reconnaître avec lucidité que la vie s’accompagne de difficultés, d’échecs qui sont occasions de croître et de mûrir.

Etre un homme capable de joindre ceux qui sont au fond.

Avoir non pas ce que l’on souhaite, mais ce dont on a besoin.

Apprendre l’art des petits pas.

(Antoine de Saint-Exupéry.)






lundi 28 novembre 2011

La fourmi bunkerisée


« Les ambassades britanniques dans la zone euro élaborent des plans pour aider les expatriés britanniques en cas d’effondrement de la monnaie unique » ici
Cette information  m’a rappelé un souvenir d’enfance : les stocks de sucre à la cave. J’avais 10 ans en 1974 (et oui on ne rajeunit pas) et une bulle spéculative éclatait, éclaboussant au passage les foyers français qui n’y comprenaient goutte.
Les images de l’enfance sont souvent très tenaces. A plusieurs reprises, en tant qu’expat, j’ai eu à vivre des situations un peu tendues et le réflexe de l’écureuil stockeur m’a fait courir à la superette pour acheter des denrées non périssables et remplir la baignoire et les bassines au cas ou.
Hier soir un reportage sur les familles mormones et leurs stocks alimentaires monstrueux (1 an) en prévision de l’apocalypse et dans le même temps, l’annonce une légère récession en Europe m’ont fait réfléchir sur ce réflexe reptilien (comportements primaires de l’homo pré erectus qui sommeille en nous)
Certes le stockage est une réaction prudente mais c’est aussi profondément égoïste. « Après moi le déluge ». L’étape suivante, on la connaît, La Fontaine nous l’a narré. La fourmi n’est pas prêteuse et elle ferme sa porte en se réservant son petit magot.
En cette période d’Avent, j’espère que l’année qui vient ne va pas nous transformer en fourmis bunkérisées. 

dimanche 27 novembre 2011

Poser son regard


Après « le visage de l’autre »,  je continue dans pour obsession actuelle pour l’autre en vous  proposant un petit exercice de gymnastique occulaire: le regard sur l’autre.
Une petite recherche dans les évangiles et hop, je trouve les 8 versets dans lesquelles le Jesus regarde.    Il parcoure du regard, il regarde tout autour, mais le plus souvent,  il pose son regard.

Poser son regard,  c’est prendre le temps du regard sur l’autre. Etablir  un lien pour chercher en l’autre une vraie rencontre. Rien à voir avec un coup d’œil. Poser … 

Alors en Avent et bonne pose !


-       - Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères.
-         -  Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste.
-         -  Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
-          - Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! »
-           -Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres :le royaume de Dieu est à vous !
-         -  Mais lui, posant son regard sur eux, leur dit : « Que signifie donc ce qui est écrit ? La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire.
-         -  André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képha » (ce  qui veut dire : pierre).
-         -  Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. »

samedi 26 novembre 2011

Prends ton courage à demain



« Cette Jeunesse est pourrie jusqu’à la moelle depuis le fond du cœur, les jeunes gens sont malfaisants et paresseux, ils ne seront jamais comme la Jeunesse d’autrefois, ceux d’aujourd’hui ne seront pas capables de maintenir notre culture. » Phrase découverte sur une poterie d'argile dans les ruines de Babylone vielle de plus de 3000 ans ...


Le sondage publié dans le monde n’est donc pas un scoop. Les vieux pensent toujours que de leur temps c’était mieux. Ce qui est plus étonnant, c’est que le sondage réalisé auprès des jeunes révèle des chiffres aussi importants.
Vous me direz, c’est bien, ils sont conscients de leur cas. Mais les vieux  (moi compris) sont-ils conscient de leurs responsabilités face à cette image dégradée de la jeunesse.

Les jeunes sont égoïstes, paresseux et intolérants. Mais qui les a élevés ?
Une génération hédoniste, individualiste et assistée qui a profité de la richesse crée par ses parents pour se la couler douce.
Egoïstes nous le sommes tous en vivant au-dessus de nos moyens (état et particuliers) et en refusant le partage des richesses avec les moins gâtés (jeunes, pays pauvres etc.)
Paresseux, nous le sommes tous en  éduquant nos enfants comme des enfants rois  et en ne leur donnant pas les armes (valeurs) pour affronter le monde que nous leur laissons.
Intolérants, nous le sommes tous en ne tolérant par la moindre frustration dans notre course à la consommation.
Un chat ne fait pas un chien
Mais tout n’est pas perdu car nos enfants, contrairement à nous, sont objectifs sur leurs défauts. A nous de leur éviter de tomber dans le nihilisme, en leur prouvant que nous sommes à leurs côtés  en changeant nous-même.

En Avent !!!


Acheter le sapin, les cadeaux, les victuailles pour le repas familial, les chocolats.
Décorer le sapin et même parfois la maison, faire la crèche.
Et Jésus dans tout ça ? Quel message donnons-nous à nos enfants ?
Noël ne peut être réduit à une simple fête, en famille, ou entre amis ; une fête où lumières, cadeaux et victuailles font marcher notre société de consommation. Le vrai Noël est et doit rester l'événement sans précédent qui a ouvert toute grande la porte du salut pour l'humanité perdue. Il faut donc que chacun sache que, ce jour-là, le Christ est vraiment venu dans le monde pour sauver les pécheurs que nous sommes.
Noël c'est accueillir Dieu qui se fait homme, dans ce qu'il y a de petit et fragile : un enfant ! Et dans notre vie de parents, qu'avons-nous reçu comme cadeaux les plus chers si ce ne sont nos enfants ? Dans cette perspective, il nous est facile de percevoir le don précieux que Dieu nous fait, au travers de son Fils Jésus. Et ce don va bien au-delà d'un partage de notre vie terrestre : Jésus nous donne sa vie pour nous sauver du péché.

Comme les mages, cherchons Dieu tous les jours.
Serons-nous de ceux qui l’ont reconnu et sont devenus enfants de Dieu ?

Évangile : Jn 1, 1-18

 Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu,
et le Verbe était auprès de Dieu,
et le Verbe était Dieu.  Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui, tout s’est fait,
et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.   En lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes ;  la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.   Il y eut un homme envoyé par Dieu.
Son nom était Jean.   Il était venu comme témoin,
pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.   Cet homme n’était pas la Lumière,
mais il était là pour lui rendre témoignage.   Le Verbe était la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme
en venant dans le monde.   Il était dans le monde,
lui par qui le monde s’était fait,
mais le monde ne l’a pas reconnu.   Il est venu chez les siens,
et les siens ne l’ont pas reçu.   Mais tous ceux qui l’ont reçu,
ceux qui croient en son nom,
il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. 


A voir en famille,  la vidéo réalisée par nos frères réformés : http://www.youtube.com/watch?v=c_XwwuOW5cQ

Comme les anges et les bergers, annonçons la Bonne Nouvelle

Seront nous ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle à nos enfants ? Prenons le temps de redonner du sens aux coutumes.
 Expliquons à nos enfants en accrochant la couronne de l’Avent qu’elle symbolise les quatre semaines de l’avent (temps de l’attente de la bonne nouvelle de la naissance de notre Sauveur) mais aussi la nature éternelle de l'amour de dieu. Il ne cesse jamais, n'a jamais de fin.
Expliquons à nos enfants décorant l’arbre de Noel que
-          L’étoile scintillante symbolise celle que les bergers et les mages ont suivi mais c’est aussi le signe de l’accomplissement de la promesse : Dieu nous envoie un sauveur.
-          La boule rouge nous rappelle que le Christ a donné sa vie et a versé son sang pour que chaque homme puisse avoir le don de Dieu qu'est la Vie éternelle.
C'est le symbole du don de Dieu
-          La couleur verte du sapin  représente l'espoir éternel de l'humanité. Le vert plein de jeunesse et d'espoir.
-          La bougie représente la reconnaissance des hommes pour l'étoile…
Racontons Noel à nos enfants en faisant la crèche.
Expliquons à nos enfants en préparant les cadeaux que
-          Les nœuds mis sur les cadeaux nous rappellent l'esprit de fraternité entre les hommes.
-          Distribuer des cadeaux, c'est donner de la joie autour de soi et trouvons avec eux un cadeau à faire à un voisin seul, une personne âgée du voisinage.

Comme Marie, préparons-nous à accueillir la Vie par la prière :
L’avent  est un temps qui nous permet de nous préparer à l'arrivée du Seigneur dans nos cœurs et dans nos vies. La prière quotidienne favorise cette préparation. Pour nous y aider, plusieurs communautés proposent des retraites. Si le temps nous manque, il existe aussi des parcours sur internet. Vous pouvez par exemple rejoindre dans la prière, les fraternités de Jérusalem. http://retraites-avec-jerusalem.cef.fr/


Nous sommes appelés à l’espérance, la joie et au partage.

vendredi 25 novembre 2011

Petit dialogue avec mon Père



HOMME: "Notre Père qui es aux cieux
DIEU: Oui... Me voici...
HOMME: S'il vous plait, ne m'interrompez pas... je prie!
DIEU: Mais, tu m'as appelé... !

H: Appelé ? Je n'ai appelé personne. Je prie... "Notre Père qui es aux cieux..."
D: Ah !!! C'est encore toi?
H: Comment?
D: Tu m'as appelé! Tu as dit: "Notre Père qui es aux cieux". Me voici. Que puis-je faire pour toi?
H: Je n'ai pas voulu appeler. Je prie. Je dis le Notre Père tous les jours, je me sens bien de le faire. C'est comme accomplir un devoir. Et je ne me sens pas bien si je ne le fais pas.
D: Mais comment peux-tu dire Notre Père, sans penser que tous sont tes frères ? Comment peux-tu dire "Qui es aux cieux" si tu ne sais pas que le ciel c'est la paix, que le ciel c'est l'amour pour tous?
H: C'est que réellement je n'y avais pas pensé.
D: Mais... Continue ta prière.
H: Que ton Nom soit sanctifié...
D: Attends un peu! Que veux-tu dire par là?
H: Je veux dire... Je veux dire... ce que ça veut dire, comment puis-je le savoir? C'est simplement une partie de la prière!
D: "Sanctifié" veut dire reconnu comme vrai père, qui donne vie à tout être, qui est digne de respect, saint, sacré..., qui met toute sa confiance en moi et non dans les compagnies d'assurance du monde.
H: Maintenant, je comprends. Mais je n'avais jamais pensé au sens du mot SANCTIFIÉ. Je continue. Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel..."
D: Es-ce que tu parles sérieusement?
H: Bien sur! Pourquoi pas?
D: Et que fais-tu pour que cela se fasse?
H: Comment, qu'est-ce que je fais? Rien! C'est une partie de la prière... Mais, à propos, ce serait bien que tu aies un peu le contrôle de ce qui arrive au ciel et sur la terre aussi.
D: Est-ce que j'ai un peu le contrôle de ta vie?
H: Eh bien... je vais à l'église!
D: Ce n'est pas cela que je demande! Et la façon dont tu traites tes frères humains, la façon dont tu dépenses ton argent, le temps que tu accordes à la télévision, à Internet, les publicités que tu poursuis, et le peu de temps que tu me consacres?
H: S'il te plait, arrête tes critiques!
D: Excuse-moi. Je pensais que tu me demandais que ma volonté s'accomplisse. Si cela devait se faire... que faire avec ceux qui prient et acceptent ma volonté, le froid, la chaleur, la pluie, la nature, la communauté....
H: C'est vrai, tu as raison. Je n'accepte pas ta volonté, puisque je me plains de tout : si tu envoies la pluie, je veux le soleil, si j'ai le soleil, je me plains de la chaleur; s'il fait froid, je continue de me plaindre; je demande la santé, et je n'en prends pas soin, je me nourris mal, je mange peu ou je mange trop...
D: C'est bien de le reconnaître. On va travailler ensemble, toi et moi. On va avoir des victoires et des défaites. J'aime ta nouvelle attitude.
H: Écoute, Seigneur... Il faut que je finisse maintenant. Cette prière prend beaucoup plus de temps que d'habitude... Je continue: "Donne nous notre pain de ce jour..."

D: Arrête! Me demandes-tu du pain matériel ? L'homme ne vit pas de pain seulement, il vit aussi de Ma Parole. Quand tu me demandes du pain, souviens-toi de tous ceux qui n'en ont pas. Tu peux me demander ce que tu veux, considère-moi comme un Père aimant !
Maintenant, je m'intéresse à la suite de ta prière...
H: "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé..."
D: ... et le frère (ou la soeur) que tu méprises?
H: Seigneur! Il m'a trop critiqué, et ce n'était pas vrai ! Maintenant, je n'arrive plus à lui pardonner. J'ai besoin de me venger...
D: Mais... que veux-tu dire alors dans ta prière Tu m'as appelé et je suis là. Je désire que tu sortes d'ici transformé. J'aimerais que tu sois honnête. Mais ce n'est pas bon de porter le poids de la colère dans ton coeur. Tu comprends?
H: Je comprends que je me sentirais mieux si je pouvais me venger...
D: Non ! Tu vas te sentir moins bien. La vengeance n'est pas si bonne qu'elle le paraît. Pense à la tristesse que tu vas provoquer, pense à ta tristesse actuelle. Je peux changer tout pour toi. Il suffit que tu le désires vraiment...
H: Tu peux ? Et comment ?
D: Pardonne à ton frère; et tu pourras goûter à mon pardon. Tu seras soulagé...
H: Mais, Seigneur! J'en suis incapable!
D: Alors, ne dis pas cette prière...!
H: Tu as raison! Je voulais simplement me venger, mais ce que je veux vraiment c'est la paix! Alors, ça va, je pardonne à tout le monde, mais viens à mon aide ! Montre-moi le chemin à suivre.
D: Ce que tu demandes est merveilleux ! Je suis heureux avec toi... Et toi, comment te sens-tu maintenant?
H: Bien, vraiment bien ! A vrai dire, je ne m'étais jamais senti aussi bien... Cela fait du bien de parler avec Dieu...
D: Maintenant, finissons la prière. Continue...
H: "Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du mal...."
D: Excellent ! Je vais le faire, mais ne te mets pas dans des situations où tu peux être tenté.
H: Et maintenant, que veux-tu dire par là?
D: Cesse de marcher en compagnie de personnes qui te conduisent à participer à des affaires sales, cachées... Abandonne la méchanceté, la haine. Tout cela conduit vers des chemins trompeurs... N'utilise pas tout cela comme des sorties d'urgence...
H: Je ne te comprends pas!
D: Bien sûr que tu comprends! Tu as fait cela plusieurs fois avec moi.. Tu prends des chemins erronés et puis tu cries au secours.
H: J'en suis honteux, Seigneur, pardonne-moi!
D: Évidemment, je te pardonne! Je pardonne toujours à celui qui est disposé à pardonner aussi. Mais quand tu m'appelleras de nouveau, souviens-toi de notre conversation, pense aux paroles que tu me dis ! Finis ta prière maintenant.
H: Finir ? Ah, oui, "AMEN!"
D: Et que veut dire "Amen"?
H: Je ne sais pas. C'est la fin de la prière.
D: Tu diras AMEN quand tu acceptes ce que je veux, quand tu es en accord avec ma volonté, quand tu suis mes commandements, car
AMEN veut dire AINSI SOIT-IL, d'accord avec ce que l'on vient de dire...
H: Merci, Seigneur de m'apprendre cette prière, et maintenant, merci aussi de m'en donner l'explication...
D: J'aime tous mes enfants, et je préfère ceux qui veulent sortir de l'erreur, qui veulent se libérer du péché. Je te bénis ! Reste dans ma paix !
H: Merci, Seigneur! Je suis heureux de savoir que tu es mon AMI !
Que sur la terre comme au ciel…
… ton Nom soit sanctifié,
… ton Règne vienne,
… ta Volonté soit faite…